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PME / export / Bpifrance Le Lab

Voir loin, une clé de succès pour les PME qui exportent / Les stratégies pérennes s'accompagnent aussi de bénéfices plus importants

Les petites et moyennes entreprises à pratiquer l’export ont mieux résisté à 2024 que les autres et sont plus optimistes pour l’année prochaine. Il faut dire que s’internationaliser en bonne et due forme demande de mettre une feuille de route précise en place. Mais les entreprises les plus régulières, qui se sont pliées à l’exercice, en mesurent d’autant plus de bienfaits.
(Photo by JUSTIN SULLIVAN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP)
(Photo by JUSTIN SULLIVAN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP)

Quand les incertitudes économiques prennent le pas, il est toujours utile de pouvoir assurer ses arrières. Et les petites et moyennes entreprises (PME) ont une carte à abattre pour ce faire : celle des exportations. Bpifrance Le Lab vient de publier la deuxième édition de son étude "Les PME et l’export", qui offre quelques leçons révélatrices à cet égard. "Nous avons la confirmation que les PME internationalisées se portent mieux. Leurs niveaux d’activité ont moins baissé que les autres, surtout pour celles qui sont des exportatrices régulières", fait remarquer auprès de WanSquare Philippe Mutricy, le directeur de l’évaluation des études et de la prospective de la banque publique d’investissement. Leur situation financière (niveaux de trésorerie et de rentabilité) et le nombre d’entre elles à avoir la capacité d’investir, résistent également davantage. Il en va de même pour l’orientation des perspectives en 2025.

Les PME exportatrices ne sont pourtant pas majoritaires au sein de leur population. Les réponses d’environ 5 000 entreprises ont été exploitées pour produire ce baromètre, et il en ressort que seules 31 % d’entre elles ont exporté au cours des cinq dernières années. Une statistique qui se décompose en deux volets : les exportatrices régulières, qui pèsent à hauteur de 17 % (dont 45 % réalisent plus d’un quart de leur chiffre d’affaires à l’international) et les exportatrices occasionnelles, qui représentent les 14 % restants. "Réussir à l’export pour une entreprise nécessite d’avoir une feuille de route pérenne notamment dans des périodes économiques chahutées ; il faut faire montre d’une stratégie de conquête qui permet d’aller chercher un potentiel de croissance ailleurs qu’en France. Faire de l’export revient finalement à ‘dé-risquer’ son modèle d’affaires", nous indique Olivier Vincent, directeur exécutif de Bpifrance en charge de l’export.

 

Des incitations claires

 

Chez les PME exportant régulièrement, les ouvertures à l’international résultent en effet assez nettement de leur volonté d’accroître leurs ventes, à hauteur de 57 %. Le facteur opportunité (commande à l’étranger sans l’avoir recherchée, par exemple) est quant à lui moins plébiscité chez les exportatrices chevronnées. Celles qui sont habituées à exporter motivent aussi leur décision par la volonté de diversifier leurs risques, ou par une bonne connaissance de la zone d’exportation.

Et faire de l’export une habitude semble bien présenter des bénéfices non négligeables. Car même si les PME qui le pratiquent de manière récurrente ont aussi rencontré des difficultés sur le plan de l’activité en 2024, comme les autres, l’avantage qu’elles tirent de cette pratique se mesure plus franchement. Plus des trois quarts des PME exportatrices déclarent en effet observer un effet positif de la pratique sur leurs activités. La proportion grimpe à 93 % pour celles qui le font régulièrement, tandis qu’elle retombe à 57 % pour les occasionnelles. Ces dernières sont par ailleurs plus nombreuses à juger les bénéfices inférieurs à leurs attentes (27 %, contre 14 % pour les plus entraînées).

En plus d’être régulières, les PME ont aussi tout intérêt à voir les choses en grand. Plus les PME sont internationales et plus l’impact observé de la pratique est élevé. Et si l’Union européenne (UE) restera la principale destination convoitée par les exportatrices en 2025, celles qui visent au-delà de la zone sont aussi plus de la moitié à observer des retombées positives fortes de l’export. À l’inverse, tout en restant positives, elles sont plus faibles pour celles qui exportent uniquement en UE. "Ceci ne tient pas uniquement au fait que les PME exportant hors UE sont plus chevronnées (74 % d’exportatrices régulières contre 49 % parmi celles n’exportant qu’en UE) : ce constat de bénéfices plus forts hors UE se vérifie également au sein des PME exportant régulièrement", explique l’étude. 

Il reste par ailleurs intéressant de noter que l’UE est la seule zone d’export à compter la faiblesse de la demande mondiale parmi les trois premiers risques à être cités par les PME exportatrices, à 21 %, contre 29 % pour la concurrence et les tensions géopolitiques. Dans le reste du monde, qu’il s’agisse de l’Europe hors UE, de l’Amérique du Nord et du Sud, de l’Afrique, du Moyen-Orient ou de l’Asie, ce risque n’apparaît pas. En revanche, le durcissement des politiques commerciales est régulièrement pointé sur l’ensemble du globe, tout comme les tensions géopolitiques qui font la course en tête.

 

Pas de catastrophisme

 

"Lorsque l’on fait de l’export, il est habituel de lister ces risques. Mais quand il y a une vraie stratégie, la plupart d’entre eux sont assurés. Et puis, faire des affaires en France en ce moment n’est pas forcément moins risqué. Il y a une grosse incertitude sur la politique économique, le budget pour 2025 est un compromis politique qui ne satisfait pas les chefs d’entreprise, parce que certains volets de la politique de l’offre sont remis en cause", relève Philippe Mutricy. Certes, les grands groupes français et les PME risquent effectivement de souffrir des barrières commerciales qui menacent l’Europe."Mais cela ne remet pas en cause des décennies d’exportation. Le modèle allemand est un exemple de production sur le territoire national puis d’export, le modèle français est différent. Il est certain qu’il y aura un rééquilibrage des relations commerciales, les échanges seront plus cloisonnés et donc moins dynamiques. Mais il y aura de nouveau une vague de libéralisation dans quelques années. Ce sont les cycles habituels de l’histoire", prévoit Philippe Mutricy.

Et cet environnement ne semble pas décourager les PME outre mesure. Au contraire. Toutes les exportatrices régulières continueront de l’être l’année prochaine, ont-elles indiqué à Bpifrance Le Lab, tandis que 26 % de l’ensemble prévoit d’exporter en 2025, ce qui représente une hausse de trois points sur un an. Là où les intentions progressent moins ? Du côté de celles à avoir tenté l’aventure sans succès, ou de celles qui sont des exportatrices occasionnelles. Chez ces dernières, la proportion à vouloir poursuivre leur démarche a reculé de six points sur un an, mais se maintient toutefois à 63 %.

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