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Macro-économie / Taux / Emmanuel Macron / Rexecode / taux d'emploi

Macro-économie / Taux
Emmanuel Macron / Rexecode / taux d'emploi

Les finances publiques peuvent attendre davantage de la durée du travail / Les salariés à temps complet en France travaillent nettement moins que la moyenne européenne

Le marronnier du temps de travail dans l’Hexagone revient à nouveau sur la table cette semaine, cette fois-ci par l’intermédiaire des équipes de Rexecode. Celles-ci ont publié leur étude annuelle sur la comparaison européenne de la durée effective du travail. Il en ressort que les salariés français ont travaillé en moyenne près de 1 545 heures, là où la moyenne européenne est de 1 625 heures. Un retard qui est imputé pour l’essentiel à ceux à temps complet.
Annonce de recrutement. Photo by Magali Cohen / Hans Lucas via AFP
Annonce de recrutement. Photo by Magali Cohen / Hans Lucas via AFP

"Nous sommes un pays qui travaille moins que les autres". Emmanuel Macron, président de la République, assénait cet état de fait à l’occasion de la présentation du plan d’investissement France 2030. Force est de constater que quatre années plus tard, l’Hexagone demeure largement en retrait sur le Vieux Continent avec une durée du travail des salariés à temps complet qui est la troisième la plus basse parmi les 27 pays de l’Union européenne.

Les équipes de Rexecode ont en effet comme chaque année effectué un examen minutieux des différentes enquêtes européennes sur la main-d’œuvre compilées par Eurostat. Les écarts constatés - au titre de l’année 2024 - sont loin d’être anodins, notamment comparé à l’Allemagne ; les salariés français à temps complet travaillent "habituellement une heure de moins par semaine" que ceux de l’autre côté du Rhin. En prenant en compte le fait qu’ils soient "plus souvent absents de 2 semaines par an ; au total sur une année, ils travaillent 3 semaines de moins".

 

Structure

 

Un écart qui est amplifié par une économie tricolore qui est relativement moins intensive en emploi à temps partiel que les autres pays européens. Ce sont pourtant eux qui en France permettent de " rehausser la moyenne englobant les salariés à temps complet et à temps partiel", puisqu’ils présentent une durée de travail plus conséquente et permettent de tirer les données vers le haut. Les quelque 973 heures qu’ils travaillent en moyenne annuellement sont ainsi supérieures aux quelque 935 heures effectuées par leurs homologues allemands.

Les non-salariés à temps complet en France font encore mieux et sont qualifiés comme étant "parmi ceux qui travaillent le plus en Europe". Ils se placent en effet au 6e rang avec quelque 2 169 heures par an. De quoi là encore infléchir positivement la moyenne. Loin d’être cantonnée à un seul orgueil national, la problématique du nombre d’heures travaillées est majeure à en écouter les équipes de Rexecode. Celles-ci considèrent qu’à l’heure "où la France cherche des marges de manœuvre pour augmenter le niveau de vie de sa population et consolider ses finances publiques, augmenter la quantité de travail constitue un levier à privilégier".

 

Bicéphale

 

Les objectifs affichés par le gouvernement ces dernières années avaient mis bien souvent l’accent sur le plein-emploi – voir le chômage repasser sous les 5 % était un objectif du second quinquennat d’Emmanuel Macron – cependant chez Rexecode on martèle que "la hausse de la durée du travail est complémentaire de celle du taux d’emploi ". En mélangeant ces deux données, on obtient la quantité de travail. Cette dernière étant un indicateur consistant en un ratio du nombre d’heures travaillées sur le nombre d’habitant en âge de travailler. Là encore la performance hexagonale est décevante – 1 105 heures sur an contre 1 212 en Allemagne – étant donné qu’elle est la troisième plus basse des pays de l’Union européenne.

Les faiblesses tricolores transparaissent clairement avec une part de la population en âge de travailler salariée à temps complet, de l’ordre du quart. Une proportion similaire à celle de nos voisins, le moindre nombre d’heures travaillées par tête construisant le retard de la France.

La Cour des comptes vient également très récemment de s’emparer de cette question en s’inquiétant des conséquences pour les finances publiques du vieillissement démographique. Elle considérait qu’un ensemble de populations pouvait voir son taux d’emploi être sensiblement amélioré, allant des jeunes de moins de 25 ans aux personnes âgées de plus de 60 ans en passant par les femmes ou encore par la population immigrée. La diminution de la population en âge de travailler étant une préoccupation majeure dans les années à venir si le taux d’emploi ne progresse pas pour compenser cette dynamique.

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