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France / croissance / trimestre
Quand la croissance française perd un allié précieux / La dynamique industrielle perd de sa vigueur
Un apport bien maigre. C’est le moins qu’on puisse dire avec une production manufacturière en léger repli de 0,1 % au mois d’octobre en France, là où elle avait progressé de 0,9 % lors du mois de septembre. L’objectif affiché depuis de longues années de réindustrialiser la France pourrait prendre plus de temps que prévu si la dynamique demeure celle-ci. Puisqu’au niveau agrégé la production de l’industrie n’a gagné que 0,2 % en octobre.
Un constat partagé par Charlotte de Montpellier, l’analyste macroéconomique pour ING France, qui explique qu’il y a une forte hétérogénéité avec d’un côté une production qui "s’est repliée dans la fabrication de biens d’équipement électriques, électroniques et informatiques (-2.2 % sur le mois), mais elle augmente nettement dans la cokéfaction et raffinage (+ 3.6 %) et est quasiment stable dans les autres secteurs ". De quoi conduire à ce qu’elle considère un "tableau mitigé de la situation industrielle française ".
Recul
En revenant sur les trois derniers mois, on ne constate qu’une hausse de 0,2 % de la production manufacturière rapportée aux trois mois précédents et de 1,1 % en comparant à la situation un an plus tôt. L’experte considère que la production industrielle devrait contribuer moins favorablement à la croissance du PIB lors du quatrième trimestre que cela n’a été le cas depuis le début de l’année, elle explique qu’après "le rebond de l’été, l’élan semble s’atténuer et le climat des affaires ne pointe pas vers un rebond imminent". Les perspectives personnelles de production des industriels se seraient repliées le mois dernier, les carnets de commande ont quant à eux fortement baissé.
Le salut pourrait peut-être à attendre du réarmement de nombreux pays face aux turbulences géopolitiques avec une France qui est particulièrement bien positionnée pour en tirer parti. Les contrats à l’export se sont d’ailleurs multipliés ces dernières années et mois pour des programmes français éprouvés dans un contexte opérationnel. Qu’il s’agisse du Rafale vendu à travers le monde et qui devrait rejoindre l’armée de l’air ukrainienne prochainement ou du canon Caesar dont les résultats en Ukraine ont été remarqués. Charlotte de Montpellier rappelle le statut de deuxième plus grand exportateur mondial de l’Hexagone, lequel "ayant une industrie de la défense qui représente près de 5 % de son industrie totale, la France est le pays européen qui bénéficie le plus de ce développement".
Rebondir
Rien qu’entre 2022 et 2025, il s’avère que "la production dans la défense a augmenté de plus de 20 % alors que la production dans l’ensemble de l’industrie est restée stable". L’experte est optimiste sur ce plan et considère que "les carnets de commandes et le climat des affaires dans ce secteur sont très bien orientés, ce qui suggère que les dépenses de défense continueront d’avoir un impact positif sur la production industrielle et la croissance du PIB en France". Tout en intégrant les effets négatifs de l’incertitude politique actuelle sur l’industrie et ceux positifs du regain de croissance allemand à venir, elle table sur une croissance du PIB de 0,9 % en 2026, après 0,8 % en 2025.
L’optimisme était un peu plus important chez la recherche économique de BNP Paribas, laquelle expliquait au début de mois, constater que certes en 2025, la croissance "aurait ralenti à 0,8 %, en raison de l’incertitude politique et de son impact sur la confiance des ménages (contre 1,1 % en 2024), mais accélérerait en 2026 (+ 1,1 %), principalement en raison du rebond de la croissance allemande". Une anticipation qui s’accompagne du constat de l’absence de regain de la consommation des ménages cette année alors même que la désinflation est quant à elle bien effective.
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