WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Macro-économie / Taux / OCDE

Macro-économie / Taux
OCDE

L’OCDE prévoit une croissance mondiale en perte de vitesse l’an prochain / Avant une accélération en 2027

L’organisation alerte sur un affaiblissement progressif de l’économie mondiale, minée par la montée des barrières commerciales et la dissipation du sursaut d’activité observé en début d’année. Si la croissance recule jusqu’en 2026, l’organisation parie toutefois sur un redressement porté par la détente monétaire et la vigueur des économies asiatiques.
Matthias Cormann, secrétaire général de l'OCDE - Pascal POCHARD-CASABIANCA / AFP
Matthias Cormann, secrétaire général de l'OCDE - Pascal POCHARD-CASABIANCA / AFP

Coup de frein pour l’économie mondiale. En 2026, l’OCDE anticipe que sa croissance va faiblir sous l’effet du durcissement commercial, de l’incertitude géopolitique et de l’essoufflement du phénomène d’anticipation qui avait dopé l’activité en début d’année. Et elle entrevoit un rebond dès 2027. Dans le détail, la croissance du Produit intérieur brut (PIB) planétaire devrait ralentir, passant de 3,2 % en 2025 à 2,9 % en 2026, avant de se redresser à 3,1 % en 2027". Les hausses de droits de douane entre les États-Unis et la Chine commenceront à peser plus franchement sur les coûts des entreprises et les prix finaux, un enchaînement qui freine déjà les investissements et l’intensité des échanges commerciaux.

L’OCDE prévient que "le niveau élevé d’incertitude géopolitique et liée à l’action publique continuera de peser sur la demande intérieure dans de nombreuses économies". Pourtant, l’organisation table sur une amélioration progressive à partir de 2026, portée par la dissipation de l’impact des hausses tarifaires, la détente monétaire et des politiques budgétaires plus expansionnistes. Les économies émergentes d’Asie devraient demeurer les moteurs les plus dynamiques du paysage mondial.

Mathias Cormann, secrétaire général de l’organisation, rappelle que l’économie mondiale a été résiliente cette année, malgré les craintes d’un ralentissement plus marqué. Il met néanmoins en garde : la modération de la croissance du commerce mondial observée dès le deuxième trimestre devrait s’amplifier, les hausses tarifaires se transmettant graduellement aux prix, rognant le pouvoir d’achat des ménages comme les marges d’investissement des entreprises. Les tensions sur les marchés du travail restent visibles, même si les signes de détente se multiplient, avec un nombre d’emplois vacants revenu à son niveau de 2019.

Dans les grandes économies avancées, les trajectoires restent contrastées. Aux États-Unis, la croissance ralentit sous l’effet combiné des hausses de droits de douane, de la réduction des effectifs fédéraux et de la chute de l’immigration nette, avant un redressement attendu en 2027 grâce au dynamisme des investissements liés à l’intelligence artificielle et à la poursuite de l’assouplissement monétaire. Le Canada suit une pente plus progressive, avec un ajustement graduel au nouveau cadre commercial. Le Japon maintient un rythme modéré, soutenu par une politique budgétaire expansionniste mais freiné par une demande extérieure atone. Dans la zone euro, la croissance devrait légèrement reculer en 2026 (1,2 %) avant de repartir en 2027 (1,4 %) : l’Allemagne bénéficiera d’une hausse des dépenses de défense et d’infrastructures, tandis que la France et l’Italie verront leur activité freinée par l’assainissement budgétaire. L’Hexagone devrait voir son PIB croître de 1 % en 2026 et en 2027.

Du côté des émergents, la Chine subit la dissipation des effets d’anticipation de début d’année, les droits de douane américains plus élevés, l’ajustement du secteur immobilier et un soutien budgétaire moins vigoureux. Sa croissance, encore robuste, poursuit néanmoins sa décrue. L’Inde s’appuie sur une dynamique intérieure solide, mais voit ses exportations pénalisées par les hausses tarifaires américaines.

Pour Mathias Cormann, les risques demeurent significatifs. "Un nouveau renforcement des barrières commerciales […] pourrait être très préjudiciable aux chaînes d’approvisionnement et à la production mondiale", avertit-il.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article