Fiscalité
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Impôts : un consentement fragilisé par la défiance envers l’État / Une tolérance croissante vis-à-vis de l’évitement fiscal
Qu’est-ce qui détermine le consentement à l’impôt ? Vaste sujet sur lequel s’est penché le Conseil des prélèvements obligatoires (CPO) dans un baromètre livrant des résultats témoignant d’une opinion publique toujours très critique envers le niveau des prélèvements, mais également de plus en plus sceptique quant à l’usage des fonds publics.
Une majorité de Français jugent les prélèvements trop élevés
Selon l’enquête réalisée auprès de 3 055 personnes, 78 % des Français estiment que le niveau général des impôts et des cotisations sociales est trop élevé, un chiffre en légère hausse par rapport aux précédentes éditions de 2021 et 2023 (75 %). Les cotisations sociales sont perçues de la même manière, puisque 78 % des répondants les jugent également excessives. À titre plus personnel, 61 % des sondés considèrent payer trop d’impôts. Pourtant, une large majorité, 79 %, continue de voir dans le paiement des impôts et cotisations "un acte citoyen", signe que la critique vise davantage le fonctionnement du système que son principe même.
Et dans un contexte de débat budgétaire au Parlement, l’enquête met également en lumière une forme de tolérance croissante envers certaines pratiques d’évitement fiscal ou social. Seuls 25 % des Français estiment qu’il n’est jamais justifié de s’expatrier pour réduire ses prélèvements, révélant une compréhension accrue de ces comportements.
Les ressorts du consentement à l’impôt évoluent
Au-delà du niveau des impôts, c’est surtout leur utilité perçue qui conditionne donc l’acceptation du système fiscal. Or, la confiance envers l’État se détériore nettement. En 2023, 33 % des sondés déclaraient avoir confiance dans la capacité des pouvoirs publics à bien utiliser les fonds collectés. Ils ne sont plus que 22 % en 2025, soit une chute de 11 points en deux ans.
Les ressorts du consentement à l’impôt évoluent également. Le lien entre confiance dans les institutions publiques et acceptation des prélèvements apparaît plus marqué qu’en 2021 et 2023. Toutefois, ce facteur reste moins déterminant que le sentiment d’équité et la satisfaction concernant l’utilisation de l’argent public, qui demeurent les principaux moteurs de l’adhésion au système fiscal. Le CPO observe par ailleurs que la connaissance du système socio-fiscal n’est désormais plus un déterminant significatif du consentement à l’impôt.
Enfin, le baromètre met en évidence une perception très clivée de la fiscalité du patrimoine. Une majorité de sondés, 56 %, jugent que les droits de succession sont trop élevés, tandis qu’une minorité importante, 31 %, estime au contraire qu’ils ne le sont pas assez. Une polarisation qui confirme la sensibilité de ces sujets dans le débat public actuel.
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