Macro-économie / Taux / OMC / commerce mondial / échanges
Macro-économie / Taux
OMC / commerce mondial / échanges
Les droits de douane n’ont jamais concerné autant d’échanges commerciaux / Un grand nombre de mesures ont été mises en place depuis l’automne 2024
De la parole aux actes. On peut dire que les rhétoriques protectionnistes se sont traduites concrètement depuis la mi-octobre 2024, au vu de l’explosion des mesures touchant les importations du G20 mais également les exportations. La dynamique était certes haussière depuis 2008-2009, cependant l’Organisation mondiale du commerce (OMC) note une très forte accélération depuis l’année dernière.
Les chiffres communiqués par l’institution rapportent qu’il y a un an c’était "12,9 % des importations du G20 [qui] étaient concernées (2 353 milliards de dollars, soit 9,9 % des importations mondiales) ; cette part a maintenant bondi à 22,0 % (4 015 milliards de dollars, soit 16,9 % des importations mondiales)". En prenant en compte les mesures similaires appliquées aux exportations de marchandises, ce ne sont pas moins de 185 mesures qui affectent des échanges commerciaux d’une valeur d’environ 2 900 milliards de dollars, là où ce sont contre 829 milliards de dollars qui étaient concernés lors de la période précédente.
Insuffisant
Un mouvement qui est quelque peu entravé à en croire Ngozi Okonjo-Iweala, directrice générale de l’OMC, celle-ci expliquant que "le commerce fait preuve d’une résilience considérable, la plupart des membres de l’OMC continuant de commercer normalement entre eux" et mettant en avant de "nombreuses mesures facilitant les échanges, témoignant de la volonté des membres de réduire les coûts commerciaux malgré la multiplication des barrières ailleurs". Les économies du G20 ont effet pris pas moins de 184 mesures sur la période afin de rendre plus aisé le commerce des marchandises, des choix qui recouvrent des échanges estimés à 2 055 milliards de dollars et représentant un peu moins du double des quelque 1 070 milliards de dollars enregistrés dans le dernier rapport.
Pas de quoi pour autant changer la donne sur la croissance du commerce mondial, celle de marchandises devant passer de 2,4 % en 2025 à 0,5 % en 2026. Une nouvelle fois les équipes de l’OMC ont donné leur appréciation des données récentes ; exposant que "la croissance du premier semestre 2025, plus forte que prévu, s’explique par l’anticipation des importations, la forte demande de produits liés à l’IA et la poursuite de la croissance des échanges entre la plupart des membres de l’OMC, notamment les économies en développement ".
Outils
L’arsenal à disposition des différents pays du G20 comprend également les enquêtes de défense commerciales, lesquelles sont de façon surprenante en légère baisse passant de 32,5 par mois à 28,5 sur la dernière période. Ce qui demeure en ligne avec le nombre constaté les années précédentes. Un constat quelque peu nuancé par un faible nombre de clôtures d’enquête – le troisième plus bas depuis 2016 – avec quelque 9,3 chaque mois. De quoi expliquer qu’il n’y ait pas d’extinction de ces outils prisés – particulièrement ceux antidumping – qualifiés par l’OMC tel "un instrument clé de la politique commerciale pour la plupart des économies du G20, représentant 55,2 % de l’ensemble des mesures commerciales relatives aux marchandises recensées dans le présent rapport".
La dynamique est également particulière dans les services, où les pays du G20 ont certes introduit quelque 52 nouvelles mesures entre mi-octobre 2024 et mi-octobre 2025, mais il s’avère que " plus des deux tiers visaient à faciliter les échanges ". Une part non négligeable de celles-ci – 10 % - concernaient internet et les services de télécommunications. Là où ce ne sont pas moins de 43 % qui "ont été appliquées à la plupart des secteurs, affectant principalement les services fournis par le biais d’une présence commerciale et par la mobilité des professionnels".
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