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USA; Chine; guerre commerciale

Macro-économie / Taux / OMC / Ralph Ossa / commerce mondial

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OMC / Ralph Ossa / commerce mondial

Un commerce mondial en sursis / L’Amérique du Nord trinque déjà lourdement

Une suspension temporaire des droits de douane bienvenue aux yeux de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) mais loin d’écarter définitivement les dangers pesant sur les échanges. Pour l’heure, il est question d’un volume du commerce mondial des marchandises en baisse de près de 0,2 % cette année, une dynamique provenant essentiellement d’Amérique du Nord où une baisse des exportations de l’ordre de 12,6 % est anticipée.
Port de Los Angeles. Photo by Patrick T. Fallon / AFP
Port de Los Angeles. Photo by Patrick T. Fallon / AFP

Des prévisions renversées en l’espace de quelques semaines. L’Organisation mondiale du commerce (OMC) a été obligée de revoir sa copie par rapport à ses projections de début d’année. L’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche et la politique qu’il mène depuis rendant caduques les anticipations d’une expansion continue du commerce en 2025.

Le commerce mondial pourrait même souffrir bien davantage explique l’institution, celle-ci expliquant qu’il "existe d’importants risques de détérioration, comme l’application de droits de douane ‘réciproques’et la propagation plus large de l’incertitude entourant les politiques, ce qui pourrait entraîner un recul du commerce mondial des marchandises encore plus marqué (de 1,5 %) ". Les équipes de l’OMC voient une catégorie de pays susceptibles de souffrir le plus d’un tel scénario adverse ; il s’agit de ceux ayant une économie orientée vers l’exportation et faisant partie des États les moins avancés.

 

Décomposer

 

Bien que n’étant pas le scénario central des prévisions commerciales de l’OMC, son économiste en chef Ralph Ossa a détaillé cette semaine l’impact des principaux risques baissiers. Il estime ainsi que les "tarifs douaniers réciproques réduiraient la croissance du commerce mondial de marchandises de 0,6 point de pourcentage supplémentaire" et que de l’autre côté une "plus grande propagation de l’incertitude liée aux politiques commerciales pourrait réduire la croissance de 0,8 point de pourcentage supplémentaire ".

Des mouvements agrégés qui cachent des disparités géographiques importantes, l’Amérique du Nord serait déjà en train de boire la tasse avec une chute de ses exportations de l’ordre de 12,6 %. Le recul du commerce attendu cette année est déjà le fait de cette région, étant donné qu’elle "soustrait désormais 1,7 point de pourcentage à la croissance du commerce mondial de marchandises en 2025". Le recul des contributions positives de l’Europe ou de l’Asie empêchant de se maintenir au-dessus de la ligne de flottaison.

 

Substitution

 

Dans ce jeu de domino que sont les échanges internationaux, les conséquences des réorientations des flux sont loin d’être anodines pour Ralph Ossa. L’économiste considérant qu’au vu de cette "réorientation des échanges, les exportations chinoises de marchandises devraient augmenter de 4 à 9 % dans toutes les régions hors Amérique du Nord " et que certains pays pourraient bien profiter de la disparition de la Chine dans les importations américaines pour y gagner des parts de marché.

On prend cependant garde du côté du chef économiste de l’OMC à ne pas considérer la guerre commerciale entre Pékin et Washington comme l’alpha et l’oméga des flux de biens et de services. Il rappelle que "la trajectoire du commerce mondial ne sera pas déterminée par une économie ou une relation bilatérale en particulier. Elle dépendra en grande partie de la réaction de la communauté internationale dans son ensemble". Les chiffres qu’il communique font état de près de 87 % du commerce planétaire de marchandises ayant lieu en dehors du pays dirigé par Donald Trump. En outre, les échanges bilatéraux entre les deux géants économiques ne pèsent que pour 3 % du total. De quoi laisser espérer qu’une bonne coopération sur la question commerciale puisse éviter une propagation de cette contraction des flux.

Un scénario jugé probable par d’autres acteurs tels que Marlen Shokhitbayev, analyste chez Scope Ratings, lequel argue "que l’élaboration de politiques rationnelles prévaudra, car aucun des gouvernements des plus grandes économies du monde concernés n’a intérêt à une récession prolongée". L’agence de notation européenne considérait récemment, par la voix de Dennis Shen le président de son conseil macroéconomique, qu’in fine "les efforts visant à restaurer les emplois dans le secteur manufacturier et les chaînes de montage aux États-Unis, parallèlement à une réduction radicale du commerce mondial, pourraient affaiblir l’économie à long terme" et ce en raison d’une réindustrialisation bien moins gourmande en emplois du fait de l’automatisation et du temps long nécessaire au déploiement des investissements nécessaires. Autant de facteurs à même de ralentir la dynamique initiée par la Maison Blanche.

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