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La baisse des exportations européennes vers les États-Unis interroge / Elle n’est pas nécessairement uniquement le fruit d’une baisse des droits de douane
Pour l’heure, la croissance américaine ne décolle pas avec l’arrivée de Donald Trump. Elle accuse même plutôt le coup avec l’incertitude politique liée à la guerre commerciale depuis de longs mois et, plus récemment, au shutdown du gouvernement américain. La possibilité que la croissance américaine soit cassée n’est plus exclue par certains observateurs.
C’est notamment le cas de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), l’institution expliquant dans ses récentes perspectives économiques qu’il fallait voir au-delà des effets de court terme et que "la nouvelle guerre commerciale lancée par les États-Unis affaiblira le commerce mondial mais aussi la croissance américaine". L’OFCE précise qu’il tablait sur le fait "que la consommation des ménages, qui avait été le principal moteur de la croissance jusqu’ici, ralentirait nettement en lien avec la hausse du taux d’épargne et l’inflation importée". En conséquence la croissance américaine baisserait et ne serait plus que de 1,4 % en 2025 puis de 1,5 % en 2026.
Vieux continent
Une vision partagée par Patrick Artus, conseiller économique senior chez Ossiam, lequel considère que lorsqu’on "regarde la croissance du PIB ou de la demande intérieure des États-Unis on voit que le rythme de croissance du 1er semestre (1,50 % en rythme annualisé) est nettement ralenti par rapport à celui des années antérieures, ce qui est dû au freinage de la consommation des ménages". Il explique également que les données "semble[nt] exclure un recul des importations des États-Unis en provenance de l’Europe en raison de la hausse de leurs prix".
Tout en ayant exploré d’autres pistes, la plus sérieuse permettant d’expliquer que les "importations de biens des États-Unis depuis l’Union européenne ont décru de 57 milliards de dollars en janvier 2025 à 44,6 milliards de dollars en juillet 2025" semble provenir de la méforme de la croissance de la demande intérieure aux États-Unis. Les autres possibilités n’étant pas jugées convaincantes par l’économiste, notamment puisque l’ampleur du recul des exportations de l’UE vers les États-Unis (31 milliards de dollars) l’emporterait sur la partie anormale de cette hausse des exportations (24 milliards de dollars) en mars 2025. Le reroutage des exportations européennes vers les États-Unis que ce soit via le Mexique ou le Canada est quant à lui écarté, les données proposées par Patrick Artus montrant qu’il n’y a pour l’heure "aucune augmentation depuis janvier 2025 des exportations du Canada ou du Mexique vers les États-Unis".
Temps long
Les effets de la politique mise en place par Donald Trump ne sont cependant pas tous perceptibles dans l’immédiat, les équipes de l’OFCE expliquant que certaines dynamiques évolueraient encore en 2026. Ce serait notamment le cas des importations américaines, lesquelles "ralentiraient nettement en raison d’une demande intérieure un peu moins forte et du coût plus élevé des produits importés". Un scénario qu’on retrouve également dans le Coface Risk Review du mois d’octobre, ce dernier expliquant qu’en "raison des retards dans la mise en œuvre des droits de douane, de l’effet tampon induit par la constitution de stocks en début d’année et de l’approche séquentielle suivie par les entreprises dans leur stratégie de gestion des droits de douane, le processus de transmission est loin d’être terminé" et qu’in fine la demande pourrait finir par être affectée.
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