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Macro-économie / Taux / PLF 2026

Macro-économie / Taux
PLF 2026

Le gouvernement croit dans la réduction de la dépense publique pour diminuer le déficit / Ses ministres ont ouvert le débat parlementaire

Un projet de loi de finances qui doit permettre d’accomplir un triptyque loin d’être aisé, à savoir le maintien du modèle social hexagonal, la restauration des marges de manœuvre budgétaires et enfin le financement des priorités stratégiques du pays. D’autant plus qu’il y est proposé que l’effort « repose prioritairement sur la maîtrise des dépenses publiques, qui représente deux tiers de l’effort total » alors même que le Haut conseil des finances publiques expliquait hier matin que pour 2025 ce sont uniquement la hausse des prélèvements obligatoires qui ont permis la consolidation budgétaire. Pour autant, Roland Lescure expliquait hier soir - lors de son audition devant la commission des finances de l’Assemblée nationale - que les 70 jours de débats parlementaires devraient permettre d’aboutir à un compromis politique ouvrant ainsi la porte à des ajustements. Lesquels ne permettront en aucun cas de transiger avec la trajectoire budgétaire tricolore.
Le ministre de l’Économie Roland Lescure. Photo by Quentin de Groeve / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Le ministre de l’Économie Roland Lescure. Photo by Quentin de Groeve / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Le gouvernement croit dur comme fer au retour d’un déficit public à moins de 3 % en 2029. Il est vrai que le Haut conseil des finances publiques (HCFP) avait reconnu ce mardi matin qu’un début de redressement était perceptible en 2025, cependant il faut désormais retrouver dès 2026 un déficit public sous les 4,7 % du PIB. La forme actuelle du projet de loi de finances (PLF) prévoit des mesures exceptionnelles et ciblées, dont nous détaillions une partie sur le volet fiscal hier soir, tout comme elle martèle qu’il faudra également que l’Hexagone mène des réformes structurelles dans les prochains mois pour améliorer sa compétitivité et réaliser des économies. Le HCFP expliquait hier matin que l’effort structurel qui lui avait été présenté "atteindrait 1,0 point de PIB, soit plus de 30 milliards d’euros (dont environ 17 en dépenses et près de 14 en recettes)".

L’heure est certes à la discussion, pour autant le ministre de l’Économie Roland Lescure s’est montré très clair hier soir, arguant que "concession ne veut pas dire déraison, la justice fiscale ce n’est pas la surenchère fiscale" et que "le compromis politique ne fera pas disparaître de lui-même notre dette". C’est peu dire que la tâche sera ardue notamment en raison d’un certain nombre de postes de dépenses qui ne devraient pas être comprimés : on retrouve dans le PLF une progression des dépenses de mission "Défense" de près de 6,7 milliards d’euros par rapport à la loi de finances précédente ou encore dans la bouche du locataire de Bercy, le constat qu’en "2024, la charge de la dette de l’ensemble de nos administrations publiques c’était 60 milliards d’euros, cette année c’est 65 milliards d’euros, l’année prochaine ce sera près de 74 milliards d’euros".


Point de départ

 

La ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, s’est pourtant échinée à expliquer hier soir que les économies présentes dans le PLF n’étaient "pas un coup de rabot, chaque ministre pourra vous présenter les éléments sur lesquels il investit et d’autres sur lesquels il fait des économies". Elle a néanmoins précisé que les "dépenses de fonctionnement de l’État - hors régalien - sont en légère baisse, c’est inédit", un certain nombre de mesures qui ont généré de la fraude sont également dans le viseur de la ministre. Celle-ci a également rappelé que "la seule démographie nous amènera à dépenser 6 milliards de plus l’année prochaine pour les retraites, c’est 330 000 retraités en plus fois 1 500 euros fois 12 mois. C’est le coût du vieillissement".

La feuille de route contient un effort des collectivités locales, lequel "sera mesuré et en contrepartie le gouvernement s’engage à réduire les normes et les dépenses contraintes" a-t-elle assuré. Répondant aux questions des membres de la commission parlementaire, elle a expliqué "que hors charge d’intérêt ce qu’on vous propose c’est que les dépenses publiques n’augmentent que de l’inflation, c’est ce qu’on appelle le zéro volume". Le HCFP avait souligné à quel point des "économies substantielles" lui avaient été présentées.

 

Croissance et ajustement


Se saisissant de l’actualité, Roland Lescure a souhaité "saluer les travaux de Philippe Aghion, sacré hier prix Nobel d’économie, sur le rôle crucial des politiques économiques en soutien à l’innovation qui visent à encourager la recherche et à faciliter l’entrée de nouvelles entreprises innovantes. C’est pourquoi les moyens en faveur de la recherche seront accrus et le crédit d’impôt recherche, qui constitue un atout clé pour notre compétitivité et notre attractivité depuis près de 40 ans, sera préservé" a-t-il fait valoir.

Il n’a également pas éludé une des critiques formulées par l’institution dirigée par Pierre Moscovici, celle concernant le sursaut de la consommation ; expliquant "qu’on a un taux d’épargne des ménages qui est historique, à plus de 18 %, c’est énorme. Pour que ce taux d’épargne baisse, ce qui est un peu le cas dans nos prévisions, je le concède, il faut que nos concitoyens retrouvent confiance dans l’économie et notre capacité à gérer nos comptes […] et reprennent confiance dans la capacité des hommes et femmes politiques de s’entendre à discuter et à voter un budget". La volonté de voir les parlementaires s’emparer du budget a pu susciter chez certains d’entre eux "l’impression que c’est une audition pour rien", pour reprendre les mots de Jean-Philippe Tanguy, député du Rassemblement national.

La ministre des Comptes publics s’en est défendue, exposant que " si on arrive en vous disant, voilà qu’on va faire 50 milliards d’économies et que ça n’a pas de viabilité politique, je ne pense pas que ce soit un exercice très intéressant. On va avoir un débat ". Ce dernier devra avoir en tête les engagements de l’Hexagone, a martelé tout au long de son propos Roland Lescure, ce dernier rappelant que " chaque 0,1 % de déficit public c’est 3 milliards et chaque 0,1 % en plus cette année c’est autant d’efforts qu’il faudra faire l’année prochaine".

 

Protection sociale

 

Le niveau particulièrement élevé du déficit ces dernières années pour l’ensemble des branches de la Sécurité sociale est également présent dans le débat budgétaire. Pour rappel il s’élèverait à 23 milliards d’euros en 2025 après 15,3 milliards d’euros en 2024. Les documents fournis par le gouvernement expliquent que le "budget et le projet de loi de financement de la sécurité sociale proposent ainsi de poursuivre le rétablissement des comptes de la Sécurité sociale en visant un déficit de 17,5 milliards d’euros, avec pour objectif un retour à l’équilibre en 2029". D’une façon similaire à l’an passé il est proposé une progression des recettes - de l’ordre de 2,5 % - censée contrecarrer la hausse des dépenses - 1,6 % en 2026.

Maîtrise du prix des médicaments, lutte contre les rentes ou encore pertinence des soins seraient de mise. Tout comme il est expliqué que "les prestations sociales ne seront pas indexées sur l’inflation en 2026. Cette mesure de gel s’inscrit dans un contexte de faible inflation qui en limitera l’incidence sur le pouvoir d’achat des Français".

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