Entreprises / Actions
Entreprises / Actions
L’industrie de l’acier proche d’obtenir des réponses européennes attendues ? / Les investisseurs veulent y croire
L’industrie européenne de l’acier pourrait bien être confortée par des nouvelles attendues de pied ferme dans peu de temps. La Commission européenne, qui devrait dévoiler mardi prochain une nouvelle mesure de sauvegarde pour protéger la production des aciéristes du continent, en proie à de nombreuses difficultés, pourrait bien élargir et augmenter fortement les droits de douane appliqués aux importations. C’est en tout cas ce qu’aurait indiqué le vice-président de l’exécutif européen, Stéphane Séjourné, lors d’une réunion s’étant tenue à Bruxelles mercredi avec les organisations du secteur, ont relaté des participants à la rencontre à différentes agences de presse.
Cette nouvelle clause de sauvegarde inclurait ainsi une réduction de près de moitié des quotas d’acier pouvant être importés dans l’Union européenne sans surtaxe. Actuellement fixés à 25 %, les droits de douane pourraient aussi être augmentés de manière significative, sur les modèles américains (ils y sont désormais fixés à 50 %) ou canadiens. De surcroît, la mesure ne serait pas temporaire, à l’inverse du dispositif de protection actuel. Les mesures de sauvegarde pour l’heure en vigueur expireront en juin 2026 et restent jugées insuffisantes, en termes de protection, par les industriels du secteur.
Demandes multiples
Une manière pour Bruxelles de répondre aux inquiétudes des entreprises, mais aussi aux appels de plusieurs États membres, qui avaient tiré au mois de juillet la sonnette d’alarme, en pressant l’exécutif européen à concrétiser son plan d’action pour l’acier présenté au mois de mars 2025. Il faut dire que le secteur est lesté par de nombreuses charges : aux importations massives liées aux surcapacités chinoises, un coût du carbone trop élevé, un mécanisme d’ajustement carbone aux frontières pointé comme pas assez efficace, ainsi qu’à une baisse de la demande et à un coût de l’énergie plus élevé en Europe, s’ajoutent désormais les multiples tensions commerciales à l’œuvre dans le monde.
C’est notamment du fait de ces multiples raisons qu’ArcelorMittal avait annoncé la suspension de son vaste plan de décarbonation de son site de Dunkerque, puis des suppressions de postes en France, avant de s’engager de nouveau à réaliser ces investissements, encouragé par les annonces contenues dans le plan pour l'acier de la Commission. Mais ceci sous conditions de recevoir concrètement et rapidement ces réponses de la part de l’Europe, pour assurer davantage de visibilité à son industrie. À la Bourse de Paris, les potentielles promesses d’un prochain cadre réglementaire mieux adapté aux évolutions auxquelles le marché européen de l’acier fait face semblent en tout cas avoir donné de l’entrain aux investisseurs, puisqu’ArcelorMittal a figuré parmi les plus fortes hausses du CAC 40 tout au long de la séance mercredi, clôturant sur une hausse de 5,3 %.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

