Macro-économie / Taux / Forum économique mondial / croissance / chef économiste
Macro-économie / Taux
Forum économique mondial / croissance / chef économiste
Les chefs économistes ont le moral en berne / L’heure est à la désynchronisation entre économies avancées et en développement
Tous les pans de l’économie mondiale ne seront pas logés à la même enseigne en 2026. C’est le moins qu’on puisse dire en découvrant le consensus de chefs économistes du Forum économique mondial (WEF), on y apprend notamment que le pessimisme est de mise concernant les États-Unis. Ce sont en effet pas moins de 52 % des répondants qui s'attendent à ce que la croissance y soit faible ou très faible et ils sont encore davantage - 59 % - à anticiper une inflation élevée.
L’Europe n’est pas beaucoup mieux lotie, avec 40 % des chefs économistes qui évoquent une croissance faible en 2026. À l’inverse ce sont les marchés émergents qui tireraient leur épingle du jeu, qu’ils soient situés au Moyen-Orient, en Afrique du Nord ou bien en Asie du Sud ou de l’Est, et également dans le Pacifique, le WEF expliquant que c’est pas moins d’un "économiste en chef sur trois [qui] s’attend à une croissance forte ou très forte dans ces régions ". Le plus frappant est de relever que 56 % d’entre eux s’attendent à une plus grande divergence de ces régimes de croissance au cours des trois prochaines années.
Repenser
La Chine semble être entre deux eaux avec certes là aussi 56 % des économistes en chef qui tablent sur une croissance modérée en partie due aux pressions déflationnistes encore existantes. Rien ne semble gagné pour autant et ce quelle que soit la géographie à en croire Saadia Zahidi, directrice générale du Forum économique mondial, celle-ci expliquant que "les contours d’un nouvel environnement économique prennent déjà forme, définis par la perturbation du commerce, de la technologie, des ressources et des institutions".
Il faut dire qu’un large consensus existe chez les chefs économistes, celui de perturbations sur le long cours qu’il s’agisse des ressources naturelles et de l’énergie (78 % des répondants), de la technologie et de l’innovation (75 %), du commerce et des chaînes de valeur mondiales (63 %) ou encore des institutions économiques mondiales (63 %). Ce qui n’est pas franchement un bon signe lorsqu’on voit 70 % des économistes en chef interrogés expliquent que le niveau actuel de perturbation du commerce est très élevé.
Optimisme
En cherchant, on finit par trouver quelques motifs d’espoir, en particulier sur le terrain de la politique monétaire et des marchés financiers. Les quelque 45 % d’économistes à trouver leur perturbation a minima élevée devraient être moins nombreux dans quelques mois ; ce n’est que 21 % d’entre eux qui voient cette situation perdurer. Le risque de crise majeure dans un horizon de court terme partage plus avec 52 % des répondants uniquement qui la considèrent comme peu probable.
On devine entre les lignes les principaux dangers qui guettent les économies développées, il s’agit des vulnérabilités budgétaires qui seraient largement responsables - 41 % - de la croissance bridée. À l’avenir c’est un thème qui parlera à notre pays, celui de l’instabilité politique et fragmentation sociétale qui risque - pour 61 % des chefs économistes - de limiter la croissance future. L’Hexagone est nommément cité pour expliquer que "l’instabilité politique tend à ralentir la croissance en pesant sur la croissance de la productivité et, dans une moindre mesure, sur l’accumulation de capital physique et humain" et ce à la lumière des "événements récents en France, où l’impasse législative a entraîné une forte hausse des rendements obligataires, illustrent les coûts économiques directs ".
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