Macro-économie / Taux / Bpifrance / Nicolas Dufourcq / Arnaud Caudoux
Macro-économie / Taux
Bpifrance / Nicolas Dufourcq / Arnaud Caudoux
Bpifrance ne baisse pas la voilure lors du début d’année / La banque s’est montrée particulièrement active lors des six premiers mois
L’heure n’est pas à baisser les bras chez Bpifrance. La banque publique d’investissement s’est montrée plus que jamais un interlocuteur de premier plan pour les chefs d’entreprises tricolores lors de ces six premiers mois de l’année. Le bilan de son premier semestre 2025 vient d’être publié et met en avant le rôle contracyclique qu’entend jouer l’institution dirigée par Nicolas Dufourcq et évoque pour cela une activité d’investissement qui a vu "1,8 milliard d’euros être déployés en Capital Développement, dont 136 millions d’euros (+ 45 % - rapporté au premier semestre ndlr) investis dans des PME et ETI régionales, 282 millions d’euros investis en Capital Innovation et 308 millions d’euros souscrits par l’activité Fonds de fonds".
Une capacité de soutien de l’économie française qu’a affirmé à WanSquare Arnaud Caudoux, directeur général adjoint de Bpifrance, celui-ci expliquant que "sur l’ensemble de nos activités, que ce soit en crédit ou en investissement, nous pouvons avancer normalement, indépendamment des incertitudes sur le budget de l’Etat". C’est également le cas en ce qui concerne les garanties que propose l’institution, il constate qu’il serait "peut-être difficile de créer de nouveaux grands fonds, cela n’est néanmoins pas à l’ordre du jour : notre offre est complète et nous n’avons pas eu besoin d’en créer depuis longtemps."
Rationalisation
L’environnement n’est pas des plus faciles pour autant, l’expert constatant que les "levées des fonds de capital-risque restent lentes ces derniers mois. Il s’avère que le capital développement tourne très bien là où le venture capital n’a pas encore retrouvé toutes ses couleurs". Un dernier segment où il s’attend à ce que la reprise se fasse plutôt l’an prochain qu’en fin d’année, une dynamique qu’il explique "par des corrections de valeur associées à des croissances moins exubérantes et une reprise des événements de liquidité."
L’activité de conseil de Bpifrance commence quant à elle à avoir une ancienneté conséquente derrière elle - près d’une décennie -, Arnaud Caudoux expliquant "qu’avec le volume équivalent à un gros cabinet de conseil, on a été amené à réfléchir à ce qu’on avait développé et se concentrer sur ce que nous faisons de mieux ". Pas de virage sectoriel explique-t-il, plutôt un constat qui s’affirme mois après mois que cette activité crée vraiment de la valeur et que les équipes de Bpifrance voient avec le temps où il est le plus efficace de porter leurs efforts.
Épargné
Les bouleversements géopolitiques n’ont que peu de prises directement sur l’activité de Bpifrance, son directeur général adjoint de Bpifrance nous expliquant que bien que "l’assurance change connaisse un fort dynamisme avec 30 % de bénéficiaires supplémentaires d’une année à l’autre, cette évolution se fait pour un montant global équivalent. On aurait pu s’attendre à ce que la situation fasse augmenter ce chiffre sur la période". Un autre aspect concerne la taille des crédits à l’export sur lesquels se positionne la banque publique de développement, Arnaud Caudoux constatant que " jusqu’à cinq millions d’euros il y a relativement peu de demandes et il faut que l’opération ait du sens. En ce qui concerne les plus gros dossiers nous intervenons plus ponctuellement : les principaux spécialistes sur la place bancaire sont actifs".
Un des axes récents chez Bpifrance est à trouver dans les prêts digitaux, dont le nombre grandit porté par la facilité de la souscription en ligne. Il s’avère là encore que ce n’est pas tant le volume qui progresse mais davantage le nombre de firmes touchées avec un prêt moyen désormais de l’ordre de 30 000 euros. Arnaud Caudoux estimant qu’il "est réaliste d’espérer que l’utilisation de ce levier soit plus que doublée dans les années à venir". Il s’agit d’un outil utilisé principalement pour des besoins de trésorerie et qui trouve un écho dans "une sinistralité des TPE et un usage des fonds de garantie qui va croissant sur ce segment. Le coût du risque est néanmoins plutôt inférieur à ce que nous attendions et nous n’avons pas de mauvaises surprises actuellement. Certains secteurs sont bel et bien touchés pour autant et on connaît toujours un effet rattrapage après les années sans coût du risque qui ont suivi la pandémie". Pas d’inquiétude pour autant si les anticipations de croissance se vérifient pour la France, l’expert de chez Bpifrance considérant que " cela fait partie de la nature des choses que certains volets de notre activité, tel que celui dirigé, connaissent un retour à la normale, ils n’avaient pas vocation à afficher durablement les niveaux de plus de 5 milliards d’euros atteints en 2023-2024".
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

