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Des diplômes en pagaille et des compétences en question / L'OCDE pointe les lacunes de l’enseignement supérieur
Plus de diplômes ne signifie pas toujours plus de compétences. "La transition vers une économie plus numérique et fondée sur la connaissance augmente la demande de compétences avancées ", résume Mathias Cormann, secrétaire général de l’OCDE. Pourtant, malgré une hausse sans précédent de l’accès à l’enseignement supérieur, les systèmes éducatifs peinent à répondre à cette exigence qualitative.
Selon le rapport "Regards sur l’éducation 2025" de l’OCDE, 48 % des jeunes adultes des pays membres de l’organisation sont diplômés de l’enseignement supérieur - un bond par rapport aux 27 % enregistrés en 2000. Cette progression ralentit toutefois depuis 2021, avec une hausse annuelle moyenne de seulement 0,3 point, contre 1 point par an entre 2000 et 2021.
Bien que les taux de diplômes soient des indicateurs précieux pour évaluer la performance des systèmes éducatifs, "il est finalement plus important d’équiper les apprenants de compétences pertinentes", pointe l’OCDE. Ainsi, malgré la hausse du niveau de formation, les compétences en littératie et numératie des adultes dans la plupart des pays de l’OCDE ont stagné ou diminué entre 2012 et 2023, une proportion significative d’adultes ayant un faible niveau de compétences.
Parmi les adultes sans diplôme du secondaire supérieur, 61 % ont obtenu un score de niveau 1 ou inférieur en littératie dans l’Enquête de l’OCDE sur les compétences des adultes, ce qui signifie qu’ils ne peuvent comprendre que des textes courts sur des sujets familiers. Parmi ceux ayant un diplôme du secondaire supérieur, 30 % ne dépassent pas ce niveau, et même parmi les diplômés de l’enseignement supérieur, 13 % sont à ce niveau ou en dessous. " Cela illustre la nécessité pour les pays à la fois d’élargir l’accès à l’enseignement supérieur et d’améliorer la qualité et la pertinence des formations proposées ", explique Mathias Cormann.
Reste que le diplôme reste un passeport vers une meilleure insertion professionnelle : un adulte titulaire d’un diplôme du supérieur gagne en moyenne 54 % de plus qu’un individu ayant arrêté sa scolarité au niveau secondaire, un écart qui grimpe à 83 % pour les détenteurs d’un master ou d’un doctorat. Mais l’accès à ces opportunités est loin d’être équitable.
Le rapport révèle que seuls 26 % des jeunes adultes dont les parents n’ont pas terminé le secondaire atteignent un niveau d’éducation tertiaire, contre 70 % pour ceux issus de familles plus éduquées - un écart qui n’a presque pas évolué depuis 2012. Seules quelques régions, comme le Danemark, l’Angleterre ou la Communauté flamande de Belgique, sont parvenues à réduire significativement ce fossé grâce à des politiques ciblées.
Autre constat inquiétant : moins de la moitié (43 %) des étudiants en licence terminent leur diplôme dans les délais prévus, et seulement 70 % y parviennent après trois années supplémentaires. Les hommes affichent des taux d’achèvement encore plus bas (63 %, contre 75 % chez les femmes). Les causes sont multiples : orientation inadéquate, manque de soutien académique, pressions financières ou encore déconnexion entre les programmes et les attentes des étudiants.
Pour y remédier, l’OCDE recommande une série d’actions : renforcement de la préparation au lycée, amélioration de l’orientation, parcours d’études mieux structurés, mais aussi valorisation des compétences acquises même sans obtention d’un diplôme, via des certifications intermédiaires.
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