Macro-économie / Taux / Donald Trump / droits de douane / Banque des règlements internationaux
Macro-économie / Taux
Donald Trump / droits de douane / Banque des règlements internationaux
Quand la conjoncture limite les effets de la guerre commerciale / Les marchés financiers sont loin d’avoir paniqué
Pour le moment tout va bien. La politique commerciale de Donald Trump, président américain, semble bénéficier d’un contexte favorable limitant les conséquences pour l’ensemble de l’économie. La résilience de cette dernière obligeant même des prévisionnistes de premier plan à réviser à la hausse leurs projections – ce fut notamment le cas le mois passé pour le Fonds monétaire international. Pourtant rien n’est gagné pour autant, les facteurs de soutien pourraient bien se retourner dans les mois à venir et ce d’autant plus que certains indicateurs avancés le constatent déjà.
Du côté de la Maison Blanche, on se félicite davantage de l’absence de conséquences circonscrites de la politique déployée, attaquant sévèrement quiconque soutient le contraire. Il se pourrait bien que la Banque des règlements internationaux (BRI) fasse l’objet du même traitement dans les semaines à venir, plusieurs de ses membres venant de livrer leurs considérations sur l’impact des droits de douane et de l’incertitude politique associée. Le moins qu’on puisse dire est qu’ils considèrent que les conditions économiques sont loin d’avoir été défavorables à l’occupant de la Maison Blanche.
Accumulation
Ils citent pêle-mêle les différents éléments ayant permis d’amortir l’onde de choc, le premier étant constitué par des conditions financières somme toute accommodantes. Le deuxième est quant à lui régulièrement mis en avant ces derniers jours pour expliquer que Donald Trump ne revoie pas sa stratégie, il s’agit de "la réaction favorable des marchés financiers aux droits de douane. La vente massive d’actifs risqués lors du "jour de la libération" s’est avérée de courte durée, car le sentiment des investisseurs s’est rapidement redressé à la suite des progrès réalisés dans les négociations commerciales".
La très bonne anticipation des entreprises est également soulignée par les spécialistes de la BRI ; il est rapporté qu’elles s’attendaient à "l’impact négatif des droits de douane et de l’incertitude politique accrue sur leurs flux de trésorerie" et qu’une pléthore d’entre elles se sont "empressées d’obtenir des lignes de crédit à la fin de 2024. Cette réserve de liquidités leur a permis de faire face aux droits de douane et d’amortir les chocs futurs sur leurs revenus. Le risque est que ces conditions financières favorables ne durent pas".
Retournement
On se montre plus circonspect du côté de la Suisse qu’on ne l’est à Washington, rappelant que ces réserves de liquidités des entreprises ne sont pas illimitées. C’est tout particulièrement le cas pour les acteurs du secteur des biens échangeables, lesquels sont particulièrement exposés en raison de leur exposition aux chocs tarifaires et de liquidités généralement plus ténues. Les auteurs arguent qu’au sein de nombreux pays, il est bien possible que "bon nombre de ces entreprises ne seraient généralement pas en mesure de poursuivre leurs activités pendant plus d’un trimestre sans nouveaux flux de trésorerie ".
De même la faiblesse récente du dollar a présenté un certain nombre d’avantages dans un passé récent, permettant notamment de "renforcer le goût du risque par le biais du canal de prise de risque des taux de change, mais surtout par le biais des bilans des entreprises des économies émergentes ayant des dettes en dollars, ce qui favorise les entrées de capitaux et réduit la prime de risque obligataire dans ces pays". Il se pourrait bien que des effets délétères fassent leur apparition prochainement notamment dans le cas où la monnaie reine persiste dans sa dépréciation, une situation où les investisseurs américains verraient leur portefeuille enregistrer des dévaluations et entraîner un désamour plus profond du billet vert. Lequel perdrait alors une partie de sa capacité à amortir les chocs de change et de valeur refuge avec des effets en cascade potentiels.
Fin de partie
Autre risque et pas des moindres, celui d’un appétit pour le risque qui s’étiole chez les investisseurs au fur et à mesure que les effets des droits de douane se propagent à l’économie. De quoi faire craindre l’apparition de corrections de marché en raison de conditions financières resserrées et ce particulièrement si les prêteurs deviennent frileux. L’ensemble de l’économie pourrait être concerné en raison d’une "contraction du financement du commerce et du fonds de roulement [qui] pourrait, à son tour, déclencher ou aggraver les perturbations de la chaîne d’approvisionnement".
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