Publications, Résultats
Publications, Résultats
EssilorLuxottica continue de récolter les fruits de ses innovations technologiques / Les "Ray-Ban Meta" font mouche et le groupe accélère encore sur ce terrain
Dans un contexte de marché fluctuant, EssilorLuxottica garde la vision claire. Au mois d’avril, le géant de l’optique avait indiqué avoir plusieurs cartes en main pour pouvoir faire face aux droits de douane américains : la poursuite de la diversification de sa chaîne de production et d’approvisionnement et des ajustements de prix ciblés. De fait, le géant de l’optique réalise environ 43 % de son chiffre d’affaires outre-Atlantique. Si l’effet des hausses de prix qui ont commencé à y être amorcées devrait plus particulièrement s'observer dans les comptes du groupe au second semestre, a précisé son directeur financier, Stefano Grassi, lors de la présentation de résultats semestriels de l’entreprise, son activité n’a néanmoins pas pâti des grandes incertitudes à l’œuvre.
Sur les six premiers mois de l’année, EssilorLuxottica a en effet généré un chiffre d’affaires de plus de 14 milliards d’euros, correspondant à une progression de 7,3 % sur un an. Le résultat de deux trimestres consécutifs de croissance du même acabit, incluant les contributions additionnelles des acquisitions de Supreme et de Heidelberg Engineering, et à laquelle l’ensemble des régions d’activité du groupe ont participé. L’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique (EMEA) ont fait figure de locomotive, en enregistrant un taux de croissance, à taux de change constants, de 9,1 %. Le groupe a d’ailleurs, pour mémoire, inauguré un nouveau laboratoire d’excellence en région parisienne au mois de mai. En Amérique du Nord, la croissance s’affiche à 5,5 %. L’Amérique latine est de son côté restée engagée sur le rythme dynamique rencontré au premier trimestre, avec une hausse de son chiffre d’affaires de 8,2 % au titre du premier semestre, tandis que les revenus en Asie-Pacifique ont grimpé de 7,8 %, ralentissant toutefois quelque peu en Chine sur le segment des solutions professionnelles.
D’autres lancements
Les lunettes Ray-Ban connectées et dopées à l'IA du groupe franco-italien, développées en partenariat avec Meta – qui serait par ailleurs entré à son capital, selon Bloomberg - rencontrent toujours un succès grandissant : leurs ventes ont plus que triplé sur un an, souligne EssilorLuxottica. "Le lancement de Live AI, qui comprend de nouvelles fonctionnalités telles que la traduction en temps réel et l’adoption à plus grande échelle des verres de transition et de prescription, contribue à la croissance du produit", a également relevé le président-directeur général du groupe, Francesco Milleri, lors de la conférence. D’autant que le groupe ne compte pas s’arrêter en si bon chemin, puisqu’il a par exemple annoncé au mois de juin lancer des "Oakley Meta".
"Nous prévoyons une montée en puissance très rapide et pensons pouvoir égaler le nombre de Ray-Ban Meta", a répondu plus après le P-D.G d’EssilorLuxottica, interrogé sur la question. Enfin, toujours en matière des derniers grands lancements d’innovations du groupe, les Nuance Audio, ces lunettes destinées à pallier les déficiences auditives légères à modérées, sont désormais disponibles dans cinq pays européens et aux États-Unis, dans quelque 10 000 points de vente. Elles avaient, dans un premier temps, été lancées outre-Atlantique et en Italie en février.
Différents atouts
"Pour pouvoir proposer en permanence au marché des technologies aussi disruptives, il faut, à mon avis, (plusieurs) atouts essentiels. Une capacité unique à imaginer des produits qui repoussent les limites, un cœur de métier très solide sur lequel s’appuyer pour créer de nouvelles catégories, ainsi que des ressources humaines et industrielles solides, et un 'go-to-market' qui nous permette de concrétiser nos ambitions", a de son côté souligné le directeur général délégué du groupe, Paul du Saillant, rappelant également le lancement imminent de Stellest 2.0, la dernière version de ces verres destinés à ralentir la myopie chez les enfants, qui sera dans un premier temps déployée en Chine avant de se multiplier sur d’autres marchés. De quoi permettre au groupe de continuer à accélérer dans le domaine des technologies médicales (med-tech), dont le portefeuille a été renforcé au cours du semestre avec l’acquisition des cliniques Optegra. Une manière de gravir un nouvel échelon dans l'exécution de la stratégie "med-tech" du groupe, grâce à l'intégration de nouvelles capacités de diagnostics avancés, de traitements et de procédures de correction visuelle.
Si l’activité d’EssilorLuxottica est nettement installée sur une trajectoire ascendante, sa marge brute ajustée a légèrement reculé sur les six premiers mois de l’année. Elle représente 63,4 % du chiffre d’affaires, soit 80 points de base de moins qu’au premier semestre de 2024 à taux de change constants. La conséquence de l'impact des droits de douane aux États-Unis, mais aussi d'un effet de dilution lié à la hausse du poids du chiffre d'affaires des "wearables", partiellement atténués par la contribution positive du mix-prix. Le résultat net, part du groupe, a de son côté progressé de 6,1 % pour atteindre 1,8 milliard d’euros, tandis que le groupe a aussi généré 951 millions d’euros de cash-flow libre sur les six premiers mois de l’année. Les perspectives restent ainsi confirmées, soit celles d’une croissance annuelle du chiffre d’affaires de l’ordre de 5 % entre 2022 et 2026 à taux de change constants, et l’atteinte d’un résultat opérationnel ajusté de l’ordre de 19 % à 20 % des revenus à l’issue de cette même période. À la Bourse de Paris, EssilorLuxottica a pris la tête du CAC 40 dès l’ouverture de la séance et grimpe de plus de 5,5 % en début de matinée, à environ 260 euros.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

