WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Fiscalité / PLF 2026

Fiscalité
PLF 2026

Les organisations patronales valident la rigueur voulue par François Bayrou / Mais la compétitivité reste leur ligne rouge

Si les grandes orientations du projet de budget 2026, dévoilées ce mardi par le Premier ministre pour reprendre le contrôle des finances publiques, dans un contexte de dette record et de croissance en berne, sont saluées par les organisations patronales, ce n’est pas sans réserve. Certes la rigueur est jugée nécessaire, mais les entreprises réclament un véritable cap de compétitivité.
François Bayrou (Photo by Thomas SAMSON / AFP)
François Bayrou (Photo by Thomas SAMSON / AFP)

Le projet de budget pour 2026, dévoilé hier par le Premier ministre François Bayrou, suscite des réactions contrastées de la part des organisations patronales mais convergentes sur un point : l’urgence de réagir face à une économie nationale en tension extrême. La Confédération des Petites et Moyennes Entreprises (CPME) et le Mouvement des Entreprises de Taille Intermédiaire (METI) ont salué toutes deux le "courage" d’une politique de rigueur assumée. Pour la CPME, le signal envoyé est même jugé fort et, surtout, attendu : "Ce projet de budget se situe à l’opposé de ce qui s’est passé en 2025", salue l’organisation présidée par Amir Reza-Tofighi, rappelant que l’année dernière, les entreprises avaient été "quasiment les seules mises à contribution".

 

Une rupture avec le budget 2025

 

Pour mémoire, le gouvernement a opté pour des orientations drastiques, pour tenter de casser la spirale de l’endettement public. Parmi les mesures phares : suppression de deux jours fériés, gel des effectifs dans la fonction publique, plafonnement des dépenses des collectivités, maîtrise des dépenses de santé, et rationalisation des opérateurs d’État. Des mesures que la CPME soutient, y voyant des pistes sérieuses pour "rendre notre système social soutenable", saluant la mise en place prochaine d’une allocation sociale unique ainsi qu’une future réforme du financement de la protection sociale.

Autre motif de satisfaction : la taxe annoncée sur les petits colis importés, notamment en provenance de Chine, - demande de longue date des petites entreprises -, à condition, nuance la CPME, que "son montant soit significatif ". L’organisation patronale se félicite aussi d’avoir été entendue sur la simplification normative. L’année blanche est qualifiée de solution "imparfaite mais efficace", à condition qu’elle ne soit qu’un levier de court terme.

 

La compétitivité d’abord

 

Du côté du METI, le ton est plus grave. Si le courage du gouvernement est reconnu, l’organisation alerte sur une réalité économique déjà affaiblie par le précédent budget, voté en février. Celui-ci a, selon le METI, cassé dix ans d’efforts de redressement industriel en imposant 15 milliards d’euros de charges nouvelles sur les entreprises, provoquant, selon lui, un effondrement des marges et des investissements (-14 %), une hausse de la sinistralité des PME, une multiplication des ventes d’ETI à des acteurs étrangers et pour la première fois depuis cinq ans, un solde net négatif en termes d’emplois créés.

Dans ce climat délétère, l’organisation patronale co-présidée par Philippe Coirier et Philippe d’Ornano rappelle que les entreprises françaises "paient déjà 100 milliards d’euros de plus que leurs homologues européennes". "Le gouvernement (doit) faire le choix de la compétitivité car c’est le seul qui rapporte, comme en témoignent les résultats économiques de ces dernières années : entre 2018 et 2023 ce sont 1,5 million d’emplois nouveaux créés et 34 milliards d'euros de recettes fiscales annuelles en plus sur les trois principaux impôts sur les entreprises (fiscalité de production, IS, PFU)", souligne-t-elle.

 

Travailler plus et produire plus

 

Pour aller plus loin, le METI propose ainsi une série de mesures : baisse de 40 milliards d’euros des impôts de production, allègement de 20 milliards sur les charges sociales au-delà de 1,6 SMIC, réduction de 27 milliards d’euros de sur-réglementation et instauration d’un moratoire sur les nouvelles normes, nationales comme européennes.

Les deux organisations convergent finalement sur un point essentiel : l’État ne pourra pas durablement financer son modèle social sans relancer la production nationale. " Le message principal, c’est qu’il faut travailler plus. Et c’est une évidence ", a réagi de son côté le président du Medef, Patrick Martin.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article