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Politique économique / Argentine / fmi / Taux de change

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Argentine / fmi / Taux de change

L’OCDE exhorte l’Argentine à poursuivre sa transformation / La méthode Milei n’est pas décriée

Cela ne fait pas deux ans qu’il est à la tête de l’Argentine, et Javier Milei semble définitivement avoir acquis du crédit auprès des institutions internationales. Le Fonds monétaire international (FMI) lui a accordé un prêt il y a quelques mois, et voici désormais que l’Organisation de coopération et de développement économiques encourage le président à poursuivre la batterie de réformes lancées par ses soins. L’étude économique publiée par l’institution ce lundi insiste sur l’importance de diminuer la part de l’économie informelle tout en assainissant les finances publiques.
Javier Milei, président argentin. Photo by Luis ROBAYO / AFP
Javier Milei, président argentin. Photo by Luis ROBAYO / AFP

Nul besoin de passer sous les fourches caudines pour Javier Milei. L’Argentine n’est certes pas au bout de ses peines, pour autant l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) profite de son étude économique dédiée à la nation sud-américaine pour conforter les projets de son dirigeant. Le recul de l’inflation y est souligné par l’OCDE, cette dernière estimant que l’économie argentine est prête pour connaître une reprise importante.

Le potentiel argentin est indéniable à en croire l’OCDE, celle-ci mettant en avant "l’abondance de ses ressources naturelles" conjuguée à "une main-d’œuvre historiquement bien formée ". Pour autant, l’exploiter pleinement ne sera pas aisé : l’OCDE identifie trois conditions nécessaires pour y parvenir, à savoir le maintien du rythme des réformes, une croissance de la productivité et une stimulation de l’investissement.

 

Héritage

 

Là où l’organisation basée à Paris se félicite du virage pris par le président argentin c’est dans le lancement d’un "processus d’assainissement budgétaire significatif à partir de décembre 2023". Une nécessité tant la faiblesse des fondamentaux budgétaires y est un problème chronique. Le pari pourrait être en passe d’être remporté sur ce plan avec l’affirmation que "bien que l’assainissement budgétaire ait pesé sur la demande intérieure au premier semestre 2024, l’activité économique a rebondi au second semestre".

Une thérapie de choc dont les conséquences pour les plus modestes ont largement été décriées. Une crainte légitime qui ne trouverait son écho que dans le court terme, l’OCDE arguant que si "la pauvreté a augmenté en 2023 et au cours des premiers mois de 2024, elle a depuis nettement reculé avec la baisse de l’inflation, tombant à des niveaux inférieurs à ceux observés en 2022". Ce sont plutôt des problématiques de long terme sur lesquelles le gouvernement argentin est invité à travailler, telle que le poids conséquent de l’économie informelle dans le pays. Celle-ci pénalisant essentiellement les actifs les plus modestes en limitant leur capacité à améliorer leur niveau de qualification ou encore en tirant les salaires vers le bas et ce malgré des conditions de travail pour le moins précaires.

 

Renouer

 

Le nœud gordien à trancher pour que l’Argentine retrouve son rythme de croisière comporte un important volet réglementaire qui n’est pas encore desserré loin de là. Difficile de balayer en moins de deux ans des décennies passées à instaurer des barrières commerciales ayant drastiquement la concurrence dans nombre de secteurs. Adepte des formules chocs et des coupes massives, il est attendu de Javier Milei qu’il mette fin à "la complexité du système fiscal et la lenteur des procédures judiciaires [qui] ont augmenté les coûts et réduit la compétitivité". Le climat des affaires présente déjà des progrès remarqués par les équipes de l’OCDE, la poursuite des réformes est considérée comme une condition essentielle à l’apparition d’un climat concurrentiel vertueux.

Autre avancée majeure de ces derniers mois, l’assouplissement des contrôles des devises et des capitaux, qui a été suivie de l’annonce par les autorités d’un "nouveau régime de change plus souple, dans lequel le taux de change est autorisé à flotter à l’intérieur de fourchettes qui doivent s’élargir de 1 % chaque mois". Une avancée dont les premières réactions du marché sont jugées positives ; tant via un taux de change officiel resté à l’intérieur des fourchettes que via une "prime de risque pays de l’Argentine [qui] est tombée de 900 à 726 points de base". Il est espéré que le nouveau régime de change va contribuer à faciliter la transition vers un taux de change flottant à l’avenir, tout en permettant la reconstitution des réserves et le soutien de la désinflation.

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