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Macro-économie / Taux / Argentine / Javier Milei / Elections

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Argentine / Javier Milei / Elections

Des succès électoraux qui donnent davantage de marge de manœuvre à Javier Milei / Le président argentin compte bien faire adopter plusieurs réformes

Les coudées du président argentin n’ont jamais été aussi franches que depuis ce dimanche soir. Le renouvellement partiel tant de l’Assemblée que du Sénat lui permet d’augmenter considérablement sa capacité à réformer le pays que ce soit sur le plan fiscal ou en ce qui concerne le droit du travail. Bruno de Moura Fernandes, directeur de la recherche macroéconomique chez Coface, expliquant à WanSquare qu’il ne fallait pas s’attendre pour autant à ce que des flux d’investissements étrangers arrivent du jour au lendemain.  
Javier Milei. Photo by Luis ROBAYO / AFP
Javier Milei. Photo by Luis ROBAYO / AFP

Une victoire électorale pour la moins salutaire. En arrivant en tête lors des élections de mi-mandat avec près de 40 % des suffrages exprimés, le parti présidentiel se rassure quant à sa capacité à faire progresser les mesures promises par Javier Milei. Une analyse partagée par Bruno de Moura Fernandes, directeur de la recherche macroéconomique chez Coface, lequel confie à WanSquare que "la dynamique est clairement du côté de Javier Milei, le monde politique argentin se demandait si elle s’essoufflait. Désormais une partie du spectre politique va avoir envie de trouver des compromis avec lui". Les sièges obtenus ce week-end par le parti présidentiel tranchent avec le revers subi lors d’une élection partielle récente.
 

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C’est en effet bien de compromis dont il est question, la victoire de Javier Milei lui offre certes une minorité de blocage essentielle pour empêcher l’opposition de détricoter les actions présidentielles. Pour autant l’économiste nous rappelle qu’il "va falloir trouver des alliés tantôt idéologiquement proches tantôt de circonstances pour pousser ses réformes", au moment de célébrer sa victoire le dirigeant sud-américain a en effet évoqué ses combats des prochains mois. Bruno de Moura Fernandes remarque qu’on "n’y retrouve pas le thème des retraites, c’est davantage la simplification fiscale qui a été mise en avant et dans un deuxième temps l’idée d’une flexibilisation du marché du travail. Il espère pouvoir réduire le rôle des syndicats et pouvoir établir un lien entre une série d’indicateurs dont la productivité et la rentabilité de l’entreprise".

Désireux de moderniser l’économie, il compte également mettre en concurrence les différentes provinces et ce "en diminuant le taux de TVA fédéral à 9 % contre 21 % aujourd’hui et en laissant les provinces moduler à leur guise". Pour l’heure nul besoin que ces mesures soient mises en place pour voir les cours des actions s’envoler et le peso s’apprécier, cette dernière nouvelle n’étant pas forcément positive tant l’économie a souffert d’une surévaluation de la monnaie nationale ces derniers mois. Une cascade de problèmes pour l’économie sud-américaine dont WanSquare se faisait l’écho au début du mois.

 

Nœud gordien

 

Il ne faut pas non plus attendre des miracles en provenance des marchés, nous explique l’économiste de chez Coface "étant donné que le marché rattrape uniquement une partie de sa correction depuis le début de l’année et qu’une grande partie des ménages possèdent une épargne sous forme de dollars et non pas d’actions domestiques ". Un billet vert qui rappelle que l’interventionnisme exacerbé des États-Unis en Amérique du Sud s’applique également à Buenos Aires, prenant tant la forme d’un swap avec la Fed que d’un fonds de 20 milliards de dollars "dont les contours tardent à être définis, on entend dire qu’un certain nombre de grandes banques américaines en feraient partie. On n’entend pas pour l’heure parler des contreparties qui pourraient être des bons du trésor ou d’autres actifs comme des ressources naturelles".

Bruno de Moura Fernandes considère que "quelque part le problème argentin est un peu un serpent qui se mord la queue : on attend que les réserves remontent pour voir les investissements revenir, or les investisseurs aideraient les réserves de changes à se remplir" En conséquence pour l’heure, "on voit surtout des marchés rassurés tant par la relation entre Washington et Buenos Aires que par les succès électoraux. On constate également que cette échéance électorale étant derrière lui, il est probable que Javier Milei adopte une défense moins active du peso ce qui permettrait de mettre fin à la surévaluation de la monnaie".

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