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Davos; économie; croissance

Macro-économie / Taux / Argentine / Donald Trump / Javier Milei / Coface

Macro-économie / Taux
Argentine / Donald Trump / Javier Milei / Coface

La rémission de l’Argentine se poursuit pas à pas / De nombreux chantiers attendent Javier Milei

La révolution économique promise par Javier Milei lors de la course à la présidentielle argentine met certes du temps à se concrétiser, néanmoins le président argentin peut s’enorgueillir de plusieurs succès notables. Notamment sur le front de la croissance où après un PIB réel en hausse au dernier trimestre 2024, cette dynamique est attendue sur l’ensemble de l’année 2025. Elle pourra s’appuyer sur la confiance apportée par le FMI, la Banque mondiale et la Banque interaméricaine de développement qui ont annoncé récemment près de 42 milliards de dollars d’aides à l’économie argentine.
Javier Milei, président argentin. Photo by Luciano Adan Gonzalez Torres / NurPhoto / NurPhoto via AFP
Javier Milei, président argentin. Photo by Luciano Adan Gonzalez Torres / NurPhoto / NurPhoto via AFP

Une année 2025 sous les meilleurs auspices pour Javier Milei. Le président argentin devrait voir au retour de Donald Trump à la Maison Blanche s’y ajouter celui de la croissance en Argentine. Une bonne nouvelle pour le camp présidentiel alors que les élections législatives d’octobre approchent.

La bonne santé du pays sud-américain n’est pas uniquement une vue de l’esprit du dirigeant argentin. Patricia Krause, économiste pour l’Amérique du Sud à la Coface, a déclaré à WanSquare que " 2024 a été une année d’ajustements importants pour l’économie argentine". Elle estime que "les perspectives sont celles d’une forte reprise économique pour l’Argentine en 2025", tout en prenant soin de souligner que "le fait d’avoir une base de comparaison basse permet de montrer plus facilement de bonnes performances".

 

Confiance

 

Parmi les succès à mettre au crédit de Javier Milei on trouve la fin de ce qu’il qualifiait telle "une des chaînes les plus lourdes" pour l’économie argentine. Depuis plusieurs semaines un taux de change flottant a en effet été mis en place et l’accès au dollar est aujourd’hui possible sans limite aucune. Des mesures permises par le soutien de diverses institutions internationales, à l’instar du prêt accordé par le Fonds monétaire international (FMI) à hauteur de 20 milliards de dollars. Une somme dont 12 milliards ont déjà été débloqués et que Kristalina Georgieva, directrice générale du FMI, compare à un "vote de confiance dans la détermination du gouvernement à poursuivre les réformes".

L’économiste a également longuement évoqué la question clé de la confiance qui, en Argentine, dépend à la fois de la capacité à juguler l’inflation et à augmenter les réserves de change. Pour l’instant, elle estime que " l’investissement devrait augmenter cette année dans le pays, grâce à un environnement économique intérieur relativement meilleur". Cependant, le ralentissement de l’économie mondiale n’est pas une bonne nouvelle pour l’Argentine de ce point de vue. La baisse potentielle des prix internationaux des matières premières agricoles et énergétiques aurait des répercussions sur les revenus des deux principaux secteurs d’exportation, ce qui rendrait plus difficile la constitution de réserves. En outre, si le sentiment de perte de risque s’étend à l’échelle mondiale, il pourrait décourager les investissements étrangers et renforcer le scepticisme des ménages argentins quant à la stabilité du peso.

 

Amitié

 

Le président argentin a eu beau se vanter à Davos et ailleurs de ses fortes affinités idéologiques avec Donald Trump, il n’en tire pour l’instant aucun bénéfice substantiel. Patricia Krause rappelle que Buenos Aires n’a pas été épargnée par l’offensive tarifaire de la Maison Blanche et estime que "la seule aide possible à ce stade pourrait venir dans le cadre des négociations avec le FMI, un domaine où les États-Unis ont un poids considérable". Scott Bessent, secrétaire américain au Trésor, a néanmoins profité de sa récente visite à Buenos pour exprimer son enthousiasme concernant les "réformes économiques audacieuses" menées par le gouvernement argentin.

Reste à savoir si cette connivence intellectuelle avec l’administration Trump serait bénéfique lors des élections législatives à venir. Lesquelles pourraient permettre à Javier Milei d’obtenir une majorité parlementaire substantielle. Jusqu’à présent, le gouvernement a utilisé les pouvoirs exécutifs pour contourner sa faible position législative. L’amélioration de sa position lors des prochaines élections ouvrirait la voie à la négociation de réformes structurelles, comme convenu dans le nouvel accord avec le FMI.

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