Start-up / Start-ups / Innovation / grands groupes / deeptech / industrie / Commission des affaires économiques / Assemblée Nationale
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Rien ne sert d’opposer les start-ups et les grands groupes en matière d’innovation / De l'importance de rapprocher ces deux mondes pour s'inscrire dans un cycle vertueux
Des chiffres évocateurs. La Commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale a entendu mercredi plusieurs représentants de l’écosystème des start-ups françaises, afin de discuter de leur place et de leur rôle dans l’économie. Parmi les invités, Paul-François Fournier, directeur exécutif de Bpifrance en charge de l’innovation : "Les start-ups que nous finançons, de manière directe ou indirecte, représentent 0,1 % des PME en France, mais aussi 20 % du crédit d’impôt recherche (CIR) et près de 30 % des brevets créés. C’est un moteur très important de la création de technologies en France. Si l’on veut être dans le milieu de l’innovation, ce n’est pas que les start-ups, mais nécessairement les start-ups", a-t-il expliqué. Des entreprises plus jeunes, concentrées sur le développement d’une solution spécifique et aux modèles souvent plus agiles, dont les capacités à innover ne doivent en revanche pas être mises en opposition avec celles des grands groupes.
Des avantages partagés
Aurélie Trouvé, députée de La France insoumise et présidente de la Commission des affaires économiques du Palais Bourbon a en effet interrogé les auditionnés : "Par exemple dans le domaine de la défense, qu’est-ce qui fait que les start-ups seraient les plus innovantes, qu’il faudrait miser sur elles plutôt que sur Safran, Airbus ou Thales ? Pourquoi penser que nous avons besoin d’elles, les grands groupes n’en sont-ils pas capables ?". Jean-Philippe Thierry, vice-président de Start Industrie (l’association représentant les jeunes pousses industrielles) a de son côté souhaité citer une étude de La Fabrique de l’industrie, ayant enquêté sur la provenance des innovations de rupture en France. Un secteur pouvant aussi être regroupé sous l’appellation de la deeptech, par ailleurs intimement lié à l’industrie. "L’indicateur retenu était celui des brevets. C’est un indicateur imparfait, l’on pourrait par exemple penser à celui des publications scientifiques. Mais il permet toutefois de constater que dans la deeptech, l’équilibre penchait plutôt vers les grandes firmes. Cela veut dire qu’il ne faut pas opposer ces deux univers, il faut concevoir les choses de manière équilibrée et complémentaire", a-t-il indiqué.
De fait, a poursuivi Jean-Philippe Thierry, également en poste chez France Industrie, les grands groupes français du secteur, comme Safran ou Thales, ne sont pas en reste s’agissant de collaborer avec des start-ups industrielles. Des partenariats qui peuvent aussi déboucher sur de potentielles acquisitions."Sur la deeptech, ces dernières années, entre 70 % et 80 % des acquisitions ont été faites en Europe. Et la majorité d’entre elles en France : 60 % des start-ups deeptech qui sont acquises le sont par des groupes français. On voit bien que ces briques technologiques, ces start-ups, pour certaines d’entre elles on l’espère, vont devenir des groupes. Mais la grande majorité d’entre elles vont, à un moment ou un autre, se réintégrer dans des groupes existants", a de son côté souligné Paul-François Fournier. De fait, l’intérêt est clair. Si les grandes entreprises disposent de leurs propres capacités, par exemple sur des compétences logicielles, celles des start-ups font parfois preuve de davantage d’efficacité. Et notamment sur des sujets spécifiques, comme l’intelligence artificielle ou la cybersécurité.
En prenant l’exemple du fonds Innovation Défense, opéré par Bpifrance et notamment doté par le ministère des Armées, il a ainsi illustré l’importance, presque écosystémique, de rapprocher les grandes entreprises des jeunes pousses. "Le but est de financer des start-ups pour les réintégrer dans les chaînes de valeur traditionnelles des grands groupes, qui vont aussi leur donner la puissance de feu et la capacité d’industrialisation. Il y a également le sujet des ‘exit’, soit la capacité des fonds d’investissement à récupérer de l’argent, pour pouvoir le réinvestir potentiellement dans d’autres start-ups", a détaillé le directeur de l’innovation de la banque publique d’investissement.
Une logique
Et de poursuivre : "Nous avons besoin de l’ensemble de ce cycle, il faut que nous arrivions à la boucler : faire croître l’écosystème privé, faire en sorte que les entreprises européennes – et parfois aussi mondiales, il faut l’accepter ponctuellement – acquièrent ces entreprises pour que l’argent puisse revenir à des sociétés plus jeunes, qui se réintégreront donc par la suite dans des chaînes de valeur". "En effet, il faut encourager les acquisitions par les grands acteurs corporate, car cela va fluidifier l’amont. Il faut les encourager à faire du travail de collaboration industrielle, à investir, notamment au travers de leurs fonds de corporate venture. Ce sont des logiques complémentaires : les grands groupes ont un moyen de se ressourcer dans leur innovation au travers des start-ups, mais ils créent aussi leurs innovations de leur côté. Ces collaborations doivent être encouragées, la commande privée est un vecteur de développement des start-ups et de ressourcement pour les grands groupes important", a de son côté ajouté Romain Roullois, le directeur général de l’association réunissant les acteurs de la deeptech, France Deeptech.
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