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Macro-économie / Taux / cae / véhicules électriques / Horizon

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Le transport a encore beaucoup à faire pour la décarbonation tricolore / L’électrification ne pourra pas tout faire

Un secteur des transports qui pèse pour le moins lourd dans les émissions tricolores de gaz à effet de serre avec un poids de l’ordre du tiers de celles-ci. Une note du Conseil d’analyse économique vient de proposer une batterie de mesures pour diminuer drastiquement les émissions du parc automobile tricolore et ce à un coût raisonnable. On y retrouve tant des propositions touchant à l’usage des véhicules, qu’à leur renouvellement en passant par les bénéfices de la stabilité réglementaire.
Voiture électrique. Photo by Henrique Campos / Hans Lucas via AFP
Voiture électrique. Photo by Henrique Campos / Hans Lucas via AFP

Trois décennies plus tard rien n’a changé ou presque. Le poids des transports dans les émissions françaises de gaz à effet de serre est à peu de chose près le même qu’il y a 30 ans. Ce qui est qualifié par Sylvain Chassang, professeur d’économie à l’Université de Princeton et membre du Conseil d’analyse économique (CAE), comme le premier point faible dont souffre la France dans sa volonté de se décarboner. L’économiste propose de prendre le problème à bras-le-corps et a dévoilé cette semaine pas moins de neuf propositions visant à diminuer les émissions du parc automobile hexagonal.

Une note du CAE qui appelle à la nuance, les longs mois de travail qu’y a consacré son auteur lui ont fait se rendre à l’évidence que la seule vente de véhicules électriques ne pourra à elle seule décarboner le secteur. Ne serait-ce que pour des questions de temporalité puisqu’il faudrait plus de 20 ans pour parvenir à une flotte qui soit intégralement devenue électrique. Les calculs effectués par ses soins mettent sur le même plan – en termes d’actions climatiques - une réduction immédiate de 10 % du kilométrage parcouru et la vente de véhicules neufs quasi intégralement électriques et à un horizon 2035.

 

Indéboulonnable

 

L’analyse faite par l’économiste s’appuie sur un élément central du paysage automobile hexagonal ; l’omniprésence du recours au marché de l’occasion par nos compatriotes lui faisant arguer qu’il est préférable "d’influencer le choix au moment du renouvellement, plutôt que la rapidité du renouvellement ". Il a étayé son raisonnement en expliquant qu’un ménage qui roule peu "reste le meilleur propriétaire d’un véhicule thermique ancien ; le pousser à la revente transfère jusqu’à 60 % des émissions restantes (sur la durée de vie du véhicule) à un conducteur plus intensif".

De quoi lui inspirer pas moins du tiers de ses propositions, la première se trouvant être un plan d’épargne bonifié dont l’accès est conditionné à l’achat d’un véhicule électrique. Le bénéfice serait double avec d’une part des ménages ayant accès un rendement subventionné moins coûteux qu’une aide étatique classique et de l’autre des fonds pouvant être alloués à un fond d’infrastructure électrique. Les deux autres mesures proposées font davantage usage de la contrainte avec d’une part une systématisation du "diagnostic d’usage et l’essai d’un modèle électrique chez le concessionnaire, tout en incitant financièrement la vente de ces véhicules" et de l’autre l’obtention de la part des opérateurs de grandes flottes d’entreprise qu’ils proposent systématiquement des modèles électriques à leurs salariés. Reste à convaincre notamment les usagers de se tourner vers les dispositifs imaginés, lesquels ont besoin d’une masse critique d’adhésion pour être efficace.

 

Temps long

 

La guerre commerciale et l’instabilité politique hexagonale ont pu nous rappeler que les agents économiques détestaient plus que tout l’incertitude et les difficultés à se projeter. C’est pour rassurer tant les industriels que les utilisateurs que Sylvain Chassang préconise de "donner trois ans de visibilité sur l’évolution du malus afin de sécuriser la planification des constructeurs".

De la même façon l’économiste préconise de mettre fin aux aides actuelles concentrées sur l’achat neuf, lesquelles sont accusées de déséquilibrer le marché en faisant augmenter le coût des véhicules d’occasion électriques. Pour stabiliser ce dernier il est proposé de "remplacer les primes d’achat par une subvention étalée sur la durée de détention, proportionnelle au coût annuel" et ce afin de "rendre le véhicule électrique attractif sur le long terme".

 

Efficience

 

Dernier volet des propositions effectuées, celle d’une meilleure valorisation des usages du parc automobile. Sortant du volet purement économique et des aides étatiques, il est proposé de "faire de l’assurance au kilomètre l’option par défaut des contrats d’assurance automobile " afin d’inciter les conducteurs à la sobriété. Tout comme il est martelé la pertinence d’éviter de pénaliser les petits rouleurs à travers les différentes politiques publiques de renouvellement du parc automobile. Ce qui passe notamment par un usage optimal d’un véhicule thermique en fin de vie.

Les entreprises sont également ciblées avec d’une part une mesure visant à "transférer la propriété des données de la télémétrie aux usagers sur la base de l’open banking" et dans une optique de verdir les usages inciter les constructeurs à le faire en leur permettant de déduire les kilomètres évités de leurs pénalités CO2. Dernière préconisation et pas des moindres, une obligation cette fois-ci d’instaurer un suivi des données d’usage des grandes flottes d’entreprises afin de permettre leur exploitation à des fins de politique d’électrification.

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