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Publications, Résultats / saison des résultats

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En Europe, la saison des résultats s’apprête à s’ouvrir dans le doute / Des attentes déprimées qui pourraient néanmoins être dépassées

La saison des résultats du deuxième trimestre s’ouvre dans un contexte de prudence marquée, entre incertitude commerciale persistante et faiblesse des anticipations. Deutsche Bank marque sa différence en défendant un scénario moins pessimiste.
Si la prudence domine chez les analystes avant la saison des résultats du deuxième trimestre 2025, Deutsche Bank n'exclut pas de bonnes surprise (Photo by Benjamin Polge / Hans Lucas via AFP)
Si la prudence domine chez les analystes avant la saison des résultats du deuxième trimestre 2025, Deutsche Bank n'exclut pas de bonnes surprise (Photo by Benjamin Polge / Hans Lucas via AFP)

Après un premier trimestre marqué par des résultats nettement supérieurs aux attentes, les entreprises européennes abordent les publications du deuxième trimestre dans un climat empreint d’incertitude, qui se reflète dans des prévisions particulièrement prudentes. Pour l’heure, l’accalmie récente sur le front commercial et quelques signaux macroéconomiques encourageants n’y changent rien : les analystes restent globalement sur la réserve.

" Les anticipations de bénéfices ne se sont toujours pas redressées depuis leurs points bas ", relèvent ainsi les experts de Deutsche Bank dans une étude consacrée à la saison de résultats à venir.

 

Le consensus reste frileux

 

Le consensus table à ce stade sur une baisse de 6 % des bénéfices par rapport au premier trimestre, et de 2 % sur un an. Le chiffre d’affaires, lui, devrait stagner, même en excluant le secteur énergétique. Cette prudence s’explique par plusieurs facteurs de fragilité apparus depuis le printemps : un dollar en repli, qui affecte mécaniquement les revenus des exportateurs européens, les premiers impacts visibles des nouveaux droits de douane, et un environnement macroéconomique en demi-teinte.

Car les signaux envoyés par la conjoncture restent contrastés. Les PMI manufacturiers de la zone euro ont poursuivi leur redressement au deuxième trimestre, tandis que les services donnent des signes de ralentissement. À l’inverse, d’autres indicateurs sont plus nettement orientés à la hausse : les taux longs se sont détendus, l’inflation a reflué et les prix du pétrole sont restés modérés en moyenne – autant de facteurs qui devraient soutenir les marges, hors secteur énergétique.

Mais cela ne suffit pas à redonner confiance aux marchés. Depuis le mois d’avril, les analystes ont d’ailleurs poursuivi leurs révisions à la baisse, même si le rythme s’est ralenti.

 

Une lecture moins pessimiste des données

 

Pour autant, les analystes de Deutsche Bank se montrent un peu plus optimistes que le consensus — ou, à tout le moins, moins pessimistes. Ils anticipent une modeste progression des bénéfices sur un an, là où le consensus table sur un repli de 2 %. Et en séquentiel, ils estiment que le recul devrait s’avérer limité par rapport au premier trimestre, imputable aux premiers effets des droits de douane, après l’épuisement des stocks constitués avant leur mise en place.

Dans cette configuration, le niveau d’attentes, jugé excessivement bas par Deutsche Bank, pourrait ouvrir la voie à des surprises modérément positives au fil des publications.

 

Banques, tech et tourisme en soutien

 

Il reste que tous les secteurs ne sont pas logés à la même enseigne. L’énergie, toujours pénalisée par un effet de base défavorable, fait figure de principal frein à la croissance des bénéfices, tandis que les banques, soutenues par un environnement de taux encore favorable au deuxième trimestre, devraient à nouveau jouer un rôle d’amortisseur. La technologie, les services financiers et le tourisme figurent aussi parmi les moteurs attendus, alors qu’à l’inverse, l’automobile et les médias apparaissent comme des points de faiblesse.

De même, sur une base semestrielle, alors que le consensus prévoit une légère contraction des bénéfices du STOXX 600 (–1 %), Deutsche Bank se montre plus optimiste, anticipant une petite hausse de 1 %.

Verdict attendu à partir de la mi-juillet, avec des publications attendues de grandes capitalisations comme ASML (16 juillet) ou Novartis (17 juillet). Côté français, les résultats d’entreprises telles que BNP Paribas, LVMH, TotalEnergies, EssilorLuxottica ou Airbus sont attendus entre le 23 et le 30 juillet.

Les analystes de Deutsche Bank demeurent par ailleurs confiants pour la suite de l’année, tablant sur un rebond des bénéfices au second semestre, à mesure que l’incertitude commerciale s’atténue et que de nouveaux accords sont conclus. Leur scénario s’appuie notamment sur la solidité des indicateurs avancés en Europe, tels que les PMI ou l’indice Ifo, qui devraient continuer à soutenir la demande.

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