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Cette saison des résultats pourrait surprendre en Europe / 2025 placée sous le signe du rebond

Si elle a déjà démarré aux Etats-Unis, la saison des résultats du quatrième trimestre s’apprête à prendre de l’ampleur en Europe, où les publications de grands noms du marché sont attendues dès cette semaine. La prudence des prévisions pourrait donner lieu à des surprises positives, notamment grâce à des effets de base favorables, avec des secteurs de la banque, de la santé et de l’industrie qui ont joué un rôle clé dans la progression des bénéfices au second semestre 2024. En regardant vers 2025, les analystes nourrissent des attentes optimistes, soutenues par des taux d’intérêt plus bas et l’espoir d’une reprise économique. Après deux années de résultats en baisse, le retour à la croissance des bénéfices est envisagé.
Les résultats du 4ème trimestre 2024 pourraient réserver des bonnes surprises - Photo by Joao Luiz Bulcao / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Les résultats du 4ème trimestre 2024 pourraient réserver des bonnes surprises - Photo by Joao Luiz Bulcao / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Alors que les banques américaines ont tout récemment lancé la saison des résultats outre-Atlantique, l’Europe s'apprête de son côté à entrer dans le vif du sujet des publications cette semaine. Au calendrier, figurent ainsi de très grandes entreprises parmi celles figurant dans le STOXX 600 et affichant une capitalisation boursière supérieure à 50 milliards d’euros. Dès mardi 28 janvier, les regards se tourneront vers LVMH et l’allemand SAP, suivis mercredi par les résultats du géant néerlandais ASML.

Jeudi, BBVA (Banco Bilbao Vizcaya Argentaria), première banque espagnole, ainsi que le groupe pharmaceutique suisse Roche et son homologue français Sanofi dévoileront leurs chiffres. Vendredi, ce sont Novartis, l’autre poids lourd pharmaceutique suisse, et la major pétrolière britannique Shell Plc qui se soumettront à l’examen des marchés.

La semaine suivante sera tout aussi dense, dans le secteur bancaire notamment, avec les résultats de BNP Paribas, de la banque italienne Intesa Sanpaolo, de l’espagnole Banco Santander et de la suisse UBS. Figureront également au programme les groupes pharmaceutique GSK, AstraZeneca et Novo Nordisk, ainsi que la major pétrolière française TotalEnergies, Vinci et L’Oréal.

 

Un consensus très prudent

 

Et le moins que l’on puisse dire est que la communauté financière est particulièrement prudente à l’approche de ces rendez-vous. Après deux trimestres d'expansion en glissement annuel, le consensus Bloomberg s'attend à ce que les bénéfices aient reculé de 6% sur les trois derniers mois de 2024 en glissement annuel. Comme au troisième trimestre, les bénéfices du STOXX 600 devraient être fortement tirés vers le bas par les entreprises de l’énergie, puisque si l’on retire ce secteur, les analystes anticipent une progression de 2% des résultats.

Paradoxalement, ce sentiment de défiance pourrait se révéler bénéfique. Car "les prévisions de croissance pessimistes permettent d'envisager des résultats meilleurs qu’attendu, dans des proportions supérieures à la moyenne observée historiquement", estiment les analystes de Deutsche Bank. Bien plus optimistes que le consensus, ceux-ci voient les bénéfices du quatrième 2024 augmenter de 4% en glissement annuel et même de 10% hors énergie. Si tel était le cas, l'effet de surprise pourrait donner lieu à des réactions très favorables en Bourse.

La banque allemande fonde notamment son optimisme sur le fait qu’ "en dépit d’un environnement macroéconomique un peu plus faible, les bénéfices du quatrième trimestre au sein du STOXX 600 devraient être soutenus par des effets de base favorables, les résultats du quatrième trimestre 2023 ayant été particulièrement modestes."

Autre point soulevé : bien que le consensus soit très prudent quant aux bénéfices, la croissance des ventes devrait continuer son redressement pour atteindre 4 % en glissement annuel. D'où la conviction des analystes de Deutsche Bank que l'anticipation d'une faible évolution des bénéfices constitue une anomalie, car elle suppose une chute drastique des marges. "Les marges devraient s'effondrer à des niveaux jamais atteints avant la crise sanitaire", soulignent-ils, jugeant cela "excessif".

 

Le luxe pourrait croître sans la Chine

 

S'agissant des secteurs, les premiers résultats du quatrième trimestre (Richemont, Zalando, Adidas) ont révélé des évolutions positives dans la consommation, avec des performances nettement supérieures aux attentes du consensus. Fait intéressant, il semble que les entreprises du luxe réussissent à générer une croissance solide de leurs ventes, même sans la reprise attendue en Chine. A cet égard, "la saison des résultats donnera des indications précieuses sur la validité de cette hypothèse", souligne Deutsche Bank.

Plus globalement, si les résultats semblent avoir été rassurants au second semestre 2024 dans la plupart des secteurs, les banques, la santé et l'industrie devraient apparaître comme les principaux moteurs de la progression des bénéfices au cours de la période. En revanche, l'automobile et l'énergie devraient enregistrer une nouvelle chute à deux chiffres de leurs bénéfices en comparaison annuelle.

Au moment de se projeter vers 2025, "c'est dans les secteurs des voyages et des loisirs, de la technologie et de l'industrie que l'on s'attend à ce que les bénéfices du premier semestre augmentent le plus", prédit Deutsche Bank. Tandis que les services financiers, l'immobilier et l'automobile devraient connaître une croissance plus modeste des bénéfices en glissement annuel. Après deux années de baisse, la banque prévoit une progression des bénéfices de l’ordre de 4 à 5 % en 2025, portée par la reprise économique et des taux d’intérêt plus bas.

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