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Lagarde; BCE; Europe; UE

Macro-économie / Taux / euro / banques centrales / or / euro numérique

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L’euro fourbit ses armes / Pour l’heure son usage n’explose pas

Les ambitions de Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne (BCE), pour la monnaie unique ont de nouveau été martelées cette semaine à l’occasion d’un rapport publié par l’institution. L’importance de l’Etat de droit pour l’attractivité de l’euro a une nouvelle fois été serinée par ses soins, d’autant plus qu’en 2024 sa part dans les réserves de change n’a pas augmenté et que l’or l'a dépassé.
Billets de 100 euros. Photo by Malte Ossowski/SVEN SIMON / SVEN SIMON / dpa Picture-Alliance via AFP
Billets de 100 euros. Photo by Malte Ossowski/SVEN SIMON / SVEN SIMON / dpa Picture-Alliance via AFP

Avant de penser à la première place, il faudrait d’abord penser à conserver sa deuxième place. Pas de grand bouleversement pour l’euro en 2024, le désamour pour le dollar ne semble pas lui bénéficier pour l’heure. Il s’avère que la part de l’euro dans les réserves officielles mondiales de change n’a pas été largement modifiée l’an passé, demeurant de l’ordre de 20 %. Pendant ce temps le roi dollar connaît une baisse de deux points pour s’établir à 57,8 %. Le grand gagnant du cycle actuel est sans surprise l’or, l’appétit des banques centrales le propulsant légèrement devant l’euro.

La Banque centrale européenne (BCE) rappelle que près de 1 000 tonnes d’or supplémentaires ont rejoint les stocks des banques centrales l’an passé. Les motivations de ces achats ont été détaillées par l’institution ce mercredi, les deux tiers des banques centrales les auraient effectués à des fins de diversification et deux cinquièmes d’entre elles ont fait ce choix pour se prémunir du risque géopolitique.

 

Réagir

 

Loin d’uniquement considérer que la période actuelle présente des opportunités pour la monnaie unique, la BCE explique dans son rapport que "bien que les données actuelles n’indiquent aucun changement significatif dans l’utilisation internationale de l’euro, il est important de rester vigilant ". Au-delà de l’attrait pour la relique barbare, l’invasion de l’Ukraine aurait augmenté l’intérêt pour les alternatives aux systèmes de paiement transfrontaliers traditionnels et ce alors que les cryptomonnaies tentent également de se tailler une part du gâteau.

Un climat pour le moins concurrentiel poussant l’institution à détailler les prérequis à un renforcement du rôle mondial de l’euro. Entre autres serpents de mer il a été question de développer "l’Union de l’épargne et de l’investissement afin de tirer pleinement parti des marchés financiers européens. L’élimination des obstacles au sein de l’Union européenne améliorerait la profondeur et la liquidité des marchés de financement en euros". Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne, insistant quant à elle sur un "respect de l’État de droit [qui] demeure essentiel pour maintenir, et potentiellement accroître, la confiance mondiale dans l’euro". Elle avait dernièrement longuement détaillé ses ambitions pour la monnaie unique. 

 

Innover

 

Autre volet développé, celui de l’euro numérique cher à Piero Cipollone, membre du directoire de la BCE. Celui-ci répétant une nouvelle fois son mantra selon lequel "l’euro numérique contribuerait à la sécurité économique de l’Europe et renforcerait le rôle international de l’euro". Pour autant, le chantre de l’euro numérique en convient ce n’est pas le seul ressort à activer pour accroître l’attrait pour la monnaie unique. Il a également été question d’initiatives visant "à améliorer les paiements transfrontaliers entre la zone euro et d’autres juridictions ". Autre corde à son arc pour la BCE, les lignes de liquidité en euros consenties à des banques centrales hors zone euro lesquelles "favorisent l’utilisation de l’euro dans les transactions financières et commerciales mondiales".

Il s’avère ainsi que l’usage de l’euro comme monnaie d’émission pour la dette libellée en devises étrangères a progressé en 2024. Notamment la part qu’il occupe dans le financement de la dette libellée en devises étrangères – que ce soit en obligations ou en prêts - a "augmenté de plus de 3 points de pourcentage, pour atteindre environ 25 % ".

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