Macro-économie / Taux / François Villeroy de Galhau / acpr / Banque / Assurance
Macro-économie / Taux
François Villeroy de Galhau / acpr / Banque / Assurance
Fin d’un chapitre pour le secteur financier hexagonal / François Villeroy de Galhau voit venir le temps de la stabilisation réglementaire
La France et l’Europe ne doivent pas tarder à se donner les moyens de leurs ambitions. François Villeroy de Galhau, l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) et gouverneur de la Banque de France, a de nouveau réitéré son souhait de voir l’Europe accélérer sur les projets d’union bancaire et d’union des marchés de capitaux.
Comme il l’avait déjà fait devant la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale, il a martelé lors de la présentation du rapport annuel de l’ACPR que la souveraineté économique et financière française et européenne avait besoin d’une "date mobilisatrice comme, par le passé, Jacques Delors avait su le faire avec le 1er janvier 1993 pour le marché unique, puis le 1er janvier 1999 pour la monnaie unique ". De quoi le voir relayer à nouveau une proposition personnelle, celle de voir la Commission européenne proposer de s'y atteler et le Conseil européen de fixer cette date au 1er janvier 2028. Ne faisant de ce jour en particulier un absolu, il n’en a pas moins insisté sur l’urgence de décider, redoutant que "si nous restons trop lents comme aujourd’hui, nous allons manquer le moment de l’Europe".
Appuis
Le gouverneur se montre d’autant plus pressant qu’il considère que "nous sommes arrivés à la fin d’un cycle de négociation internationale et européenne post grande crise financière". Après l’entrée en vigueur de plusieurs textes structurants (DORA, MiCA ou autres ayant trait à l’application de Bâle III), il a évoqué ce matin la possibilité de simplifier quelque peu après l’accumulation de normes ces dernières années. Tout en restant très clair que cela ne "veut pour autant pas dire déréguler, mais mieux réguler", son objectif étant de diminuer non pas les exigences mais la complexité.
Une annonce qui ne manquera pas d’être bien accueillie par les banques françaises, il a également souligné à quel point leur bilan s’était " nettement renforcé au cours de la dernière décennie : le ratio CET1 moyen des banques françaises est passé de 11,8 % en 2014, à 15,6 % en 2024". Revenant à la charge, le gouverneur s’est également félicité qu’en "matière de liquidité, le ratio de couverture (LCR) des banques françaises atteint 144 % en mars 2025, bien au-delà du seuil réglementaire ". Il n’a pas pour autant adhéré à la thèse selon laquelle la réglementation serait néfaste pour la croissance, il en veut pour preuve que le crédit a augmenté plus fortement que le PIB entre 2010 et 2024 avec un "taux d’endettement du secteur privé [qui] a cru en France de 113 % du PIB à 136 %".
Corde à son arc
Il a également été fait état d’une situation robuste chez les assureurs, lesquels "conservent également une structure de bilan solide, avec un niveau de solvabilité élevé (238 % fin 2024), bien supérieur à l’exigence réglementaire (100 %)" et ce associé à une détention d’actifs à la fois liquides et de qualité. Ce qui n’empêche pas l’ACPR de partager un programme de travail accordant une importance des plus grandes à la surveillance des risques et ce qu’ils soient conjoncturels ou structurels. Parmi les différentes vulnérabilités à faire disparaître figurent en bonne place les risques climatiques.
Un sujet sur lequel il est souligné que leur incidence a mieux été prise en compte entre les revues climatiques menées par l’ACPR ces deux dernières années. Pour autant, le rapport de l’institution déplore également que "trop peu d’établissements semblent inclure les risques climatiques et environnementaux de façon explicite dans leur cadre d’appétence aux risques". Une autre annonce a été effectuée ce mardi, celle d’un travail conjoint à la Banque de France, l’Autorité des marchés financiers et l’ACPR visant "à l’élaboration cette année d’un exercice pilote de stress test systémique en associant des banques, des assureurs et des fonds d’investissement". Lequel n’aurait pas de visée réglementaire et est présenté comme permettant de mieux appréhender la nature des risques liés à la finance non bancaire ainsi que sur leurs canaux de propagation. Le gouverneur insistant sur la possibilité qu’une incertitude élevée puisse "entraîner de nouveaux pics de volatilité, potentiellement amplifiés par le rôle accru et plus procyclique de certains acteurs non bancaires comme les hedge funds".
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

