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éducation; allocation; ressources

Macro-économie / Taux / Institut Montaigne / France / formation

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Institut Montaigne / France / formation

Former plus d’ingénieurs pourrait ne pas aggraver le déficit public / L’Institut Montaigne tente de résoudre cette équation vitale pour la réindustrialisation hexagonale

Un arbitrage loin d’être aisé. L’Institut Montaigne dévoile aujourd’hui un certain nombre de pistes pour augmenter le nombre d’ingénieurs et techniciens formés en France de près de 60 000, et ce chaque année. Un impératif au vu des besoins liés à l’explosion de la demande de personnels qualifiés que ce soit suite au développement du numérique, à l’avènement de la transition énergétique ou encore à la volonté de réindustrialiser le pays. Pour autant, pas question de dépenser sans compter au vu de la situation des finances publiques tricolores. Des réallocations de ressources sont donc à l’ordre du jour.
Tableau de cours. Photo by Klaus Ohlenschläger / Picture Alliance / dpa Picture-Alliance via AFP
Tableau de cours. Photo by Klaus Ohlenschläger / Picture Alliance / dpa Picture-Alliance via AFP

Pas question de sortir le carnet de chèque pour former davantage. Les fonds à allouer à la formation en France ne devraient pas augmenter substantiellement dans les prochaines années. De quoi rendre complexe la possibilité d’atteindre les quelque 100 000 ingénieurs et techniciens supplémentaires chaque année en France nécessaire, selon l’Institut Montaigne, pour "garantir une croissance économique ambitieuse d’ici 2035".

Une voie semble pourtant possible à en croire les équipes du Think Tank, ces dernières arguant d’un effort à répartir entre reconversions professionnelles, de l’ordre de 40 000 par an, et un enseignement supérieur qui doit être en capacité de former pas moins de 60 000 ingénieurs-techniciens additionnels tous les douze mois. Ce qui n’est pas loin d’être une gageure au vu des retours de terrain des recruteurs ; 70 % d’entre eux ont du mal à recruter des ingénieurs, et plus de 80 % considèrent que les recrutements de techniciens sont difficiles.

 

Nerf de la guerre

 

La variable financière est au cœur du projet soumis ce mercredi par le Think Tank, trois leviers sont identifiés pour ne pas continuer à creuser le déficit et réussir ce tour de force sur la formation. Le premier consiste en une augmentation ciblée des frais de scolarité, elle doit permettre de couvrir "jusqu’à 50 % des besoins en formation d’ingénieurs et masters ".

Ces trois voies tracées sont présentées comme n’étant "pas mutuellement exclusives et peuvent chacune être activée pleinement ou en partie de manière complémentaire ", ce qui explique que soit proposée en parallèle une augmentation du nombre d’élèves par professeur et ce afin de former davantage avec des coûts fixes constants. Pour étayer son propos, le rapport rapporte que "les directeurs d’établissement estiment que 10 à 20 % d’élèves supplémentaires pourraient ainsi être formés avant de passer des seuils qui requièrent de nouveaux investissements lourds".

Des ressources contraintes qui pourraient entraîner un arbitrage en faveur des formations scientifiques, et ce en défaveur des filières catégorisée comme étant celle "pour lesquelles l’économie exprime le moins de besoins". Autant de propositions aux impacts bien différents puisque là où "une augmentation de 10 % de la productivité permettrait de couvrir 32 % des besoins", la réallocation des ressources universitaires permettrait quant à elle "de financer 18 % des besoins". Le reste du coût serait donc supporté par l’ augmentation des frais de scolarité évoquée précédemment, elle serait de l’ordre de 4 000 euros pour les élèves ingénieurs et permettrait "de dégager théoriquement 440 millions d’euros".

 

Remodeler

 

Parmi les recommandations formulées par l’Institut Montaigne, un pan entier est consacré à l’alignement de l’offre de formation avec les besoins des employeurs. Deux suggestions majeures sont faites ; la première étant de "porter à 25 % la part des formations universitaires en sciences et sciences de l’ingénieur via des réallocations de ressources " et la seconde consistant en une professionnalisation plus importante des cursus universitaires.

Il est également reproché à ces derniers leur manque de visibilité, par opposition aux écoles d’ingénieur, ainsi qu’un trop faible nombre d’élèves à suivre une formation en sciences et sciences de l’ingénieur. Il s’avère en fait que sur les quelque 1 328 140 élèves en formation dans un établissement public sous tutelle du ministère en charge de l’Enseignement supérieur, seuls 20 % suivent un tel cursus. Une réorganisation du monde universitaire est ainsi appelée et ce "en faveur des filières disposant des meilleurs taux d’insertion, et donc des filières scientifiques" pour porter ce taux à près de 25 %. Le rapprochement entamé avec le monde des entreprises est également très largement encouragé par les auteurs du rapport.

 

Attirer



Particulièrement inquiets de constater que "les tendances démographiques défavorables laissent déjà entrevoir une chute de 20 % du nombre d’étudiants d’ici 15 ans, alors même que les viviers de recrutement actuels ne suffisent pas à fournir le nombre de candidats nécessaires", ils suggèrent également de laisser plus de latitudes aux écoles d’ingénieurs dans leur recrutement. En ligne de mire on retrouve les étudiants en réorientation, qu’ils soient issus des secteurs de la santé et des sciences de la vie ou encore de classes préparatoires économiques.

De la même façon, il est considéré comme souhaitable de remédier à la faible féminisation des filières scientifiques, uniquement 33 % des admis en CPGE scientifiques là où elles sont 51 % en CPGE économiques. Élargir le vivier pourrait également passer par l’accueil de près du double d’étudiants étrangers en école d’ingénieurs d’ici à 2030. Autant d’étudiants qui pourraient être attirés par l’émergence de nouveaux cursus adaptés aux besoins de l’économie.

La revalorisation des formations bac + 2 et bac + 3 est également proposée dans cette veine, tout comme un très large effort de réhabilitation de la culture scientifique, et ce dès l’enseignement primaire. La logique promue veut enfin accorder une importance accrue à l’orientation au lycée.

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