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Equans propulse la performance opérationnelle de Bouygues / Le carnet de commandes explose dans la construction
Dans un environnement économique incertain, le groupe Bouygues affiche un premier trimestre 2025 solide. Le chiffre d’affaires de l’entreprise présidée par Martin Bouygues a atteint 12,6 milliards d’euros, en progression de 2,2 % sur un an, soit au-dessus du consensus d’analystes du groupe qui visait 12,58 milliards d’euros, au point médian. Le résultat opérationnel courant des activités (ROCA) grimpe quant à lui à 69 millions d’euros, contre 26 millions un an plus tôt, soit une amélioration de 43 millions d’euros et… là encore bien au-delà des attentes du consensus de 35 millions d’euros.
Equans en chef de file de la performance
Une performance largement attribuée à Equans, sa filiale spécialisée dans les services énergétiques et industriels, qui voit son ROCA bondir de 44 millions d’euros, à 177 millions, avec une marge d’activité à 3,8 % (+ 0,9 point).
De fait, Equans se positionne clairement comme un moteur de croissance opérationnelle pour le groupe, avec pour ambition d’atteindre une marge de ROCA de 5 % d’ici 2027. Une cible que le groupe juge toujours atteignable au vu des résultats de ce début d’année.
Au premier trimestre, le chiffre d’affaires d’Equans est resté stable à 4,6 milliards d’euros tandis que le carnet de commandes grimpe à 26,4 milliards d’euros, en légère hausse (+ 1 %) sur un an. Pour 2025, le groupe vise une marge proche, voire légèrement supérieure à 4 %, ainsi qu’un taux de conversion du ROCA en cash-flow compris entre 80 % et 100 %.
Carnet de commandes record dans la construction
Par ailleurs, les métiers du BTP affichent une santé robuste avec un carnet de commandes historique de 34,2 milliards d’euros, en hausse de 12 % sur un an. Colas et Bouygues Construction tirent la croissance, portés par de grands contrats internationaux : ligne à grande vitesse au Maroc, aéroports chypriotes, data centers français, ou encore campus au Royaume-Uni.
À lui seul, Bouygues Construction affiche un carnet de commandes de 18,3 milliards d’euros, en progression de 17 %, notamment grâce aux grands projets de travaux publics (+ 37 %) et aux bâtiments en France (+ 7 %). La prise de commandes s’élève à 2,3 milliards d’euros, portée par la bonne dynamique des contrats inférieurs à 100 millions d’euros.
De son côté, Colas atteint 15,1 milliards d’euros de commandes (+ 9 % sur un an), tiré par une forte dynamique dans le rail (+ 18 %). Le trimestre a été marqué par des contrats phares : le développement de la ligne à grande vitesse entre Kénitra et Marrakech (environ 250 millions d’euros pour le rail, 170 millions d’euros pour la route), un contrat de maintenance ferroviaire de 380 millions d’euros au Royaume-Uni sur huit ans. Des signatures dopant la prise de commandes de Colas, qui atteint 4,1 milliards d’euros.
Des réservations en amélioration en France
À noter que Bouygues Immobilier, bien que toujours en difficulté, réduit ses pertes (ROCA de -7 millions d’euros contre -26 millions un an plus tôt). "En France, dans le Logement, les réservations sont toutefois en amélioration sur un an. Dans le Tertiaire, l’activité commerciale reste à l’arrêt. Le carnet de commandes s’établit à 0,9 milliard d’euros, en repli de 106 millions d’euros, soit - 11 %, par rapport à fin mars 2024 ", a précisé le directeur général délégué et directeur financier, Pascal Grangé, lors d’une conférence téléphonique.
Le chiffre d’affaires global des activités de construction a atteint 5,5 milliards d’euros, en progression de 3 % sur un an. Et si elles restent déficitaires en ce début d’année — saisonnalité oblige — le ROCA du pôle construction s’améliore nettement, à -240 millions d’euros, soit une hausse de 24 millions sur un an, avec une marge en progression de 0,6 point (à -4,4 %).
Un résultat net plombé par l’impôt exceptionnel
Malgré ces bonnes performances, le résultat net part du groupe s’élève à -156 millions d’euros, principalement en raison de la contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises en France (42 millions d’euros au premier trimestre, estimée à 100 millions sur l’année, soit un effet particulièrement déformant sur les trois premiers mois de 2025, la charge d’impôt était de 7 millions à la même période l’année dernière).
Autre point rassurant : la structure financière reste très solide, avec une liquidité de 14,8 milliards d’euros et un endettement net ramené à 7,1 milliards (-645 millions d’euros), malgré plus de 1,2 milliard d’euros d’acquisitions sur un an. Le ratio d’endettement passe ainsi de 55 % à 50 %.
Pour l’ensemble de l’année 2025, Bouygues confirme ses objectifs et vise un chiffre d’affaires et un ROCA en légère croissance par rapport à 2024.
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