Macro-économie / Taux / Londres / Immobilier / télétravail
Macro-économie / Taux
Londres / Immobilier / télétravail
L’essor du télétravail n’est pas anodin pour le marché immobilier /
Londres en est la preuve
Pas besoin de traverser La Manche pour constater les changements induits par l’explosion du télétravail. Que ce soit sur le Vieux continent ou dans les îles britanniques les comportements ont été profondément modifiés par la pandémie. La Banque centrale européenne partage ses derniers jours les travaux consacrés à la question par Morgane Richard, finaliste du prix du jeune économiste 2024 décerné par l’institution, qui témoigne des changements brutaux.
Le constat originel de la jeune chercheuse est construit sur le fait que "les propriétés situées plus loin du centre-ville et les maisons plus grandes ont connu les augmentations (de prix ndlr) les plus rapides " et ce depuis le début du covid. Les données qu’elle présente montrent " une relation positive claire entre la croissance des prix des logements et des loyers de 2019 à 2022, d’une part, et la distance par rapport au centre-ville, d’autre part ". Il n’est pas exclu que cette dynamique diminue dans le temps, par exemple si des incitations à transformer des bureaux vacants en logements sont prises. Si l’appétence pour le fait de résider en banlieue ne se tarit, il ne peut également être exclu qu’à terme cela conduise une pression immobilière plus faible dans les centres-villes, pouvant contribuer à les rendre plus attractifs.
Arbitrage
La question géographique ne semble pas le seul déterminant, elle argue que "les propriétés de plus grande taille ont pris de la valeur plus rapidement depuis l’essor du télétravail. Par exemple, entre février 2020 et juin 2022, le prix moyen des grandes maisons (5 pièces ou plus) a augmenté de 20 %, tandis que celui des petites maisons (studio ou une pièce) a baissé de 1 %".
Les préférences des Britanniques semblent avoir également changé concernant ce qu’elle nomme la pénalité de déplacement domicile travail. Elle avance que celle "associée à la maison moyenne dans les banlieues (c’est-à-dire au-delà de la zone 2 du métro de Londres) par rapport au centre (c’est-à-dire les zones 1 et 2)" a quelque peu diminué sur la période passant de 107 000 livres sterling à 100 000 livres sterling. Autant de chiffres parlants qui ne l’empêchent pas de couper court à toute association d’idées hâtive ; la diplômée de Stanford affirmant que "les données limitées disponibles ne permettent pas d’établir de manière empirique un lien de cause à effet entre le télétravail et l’évolution des prix de l’immobilier".
Simuler
Pour tâcher d’étayer son raisonnement la chercheuse relate qu’elle a eu recours à l’économie expérimentale, utilisant un modèle et tâchant d’y répliquer chocs et politiques publiques. Les agents économiques ayant le choix dans cette expérience de choisir le lieu de leur habitation, s’ils vont être propriétaires ou non, s’ils occupent un emploi compatible avec le télétravail domicile ou encore comment ils vont répartir leur temps entre le travail à domicile et le travail au bureau. De quoi influer sur le prix des logements et également des loyers.
Elle y a également intégré le fait que le télétravail ne fasse désormais plus "l’objet d’une certaine stigmatisation sociale", estimant qu’elle a "diminué après que beaucoup d’entre nous ont dû l’essayer pendant la pandémie". Les résultats qu’elle obtient de cette façon font état de prix d’équilibre des logements en hausse partout dans la ville et de façon plus prononcée dans les banlieues. Une preuve de plus, selon la chercheuse, qu’il y a bel et bien eu une hausse de la demande d’espace conjointement à une baisse du préjudice associé au temps passé dans les transports suite à l'essor du télétravail.
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