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Droits de douane : la croissance européenne serait déjà affectée / La confiance au plus bas depuis 2 ans et demi
Le printemps aurait pu mieux commencer pour l’économie de la zone euro. Selon l’enquête mensuelle de S & P Global et Hamburg Commercial Bank auprès des directeurs d’achat (PMI), l’activité économique des vingt pays la composant a quasiment stagné en avril - 5 000 firmes ont été interrogées entre le 9 et le 22 avril. L’indice PMI Composite, qui regroupe le secteur manufacturier et celui des services, s’est affiché à 50,1 points, après 50,9 points en mars (le nombre 50 sépare la contraction de l’expansion). Le durcissement de la politique commerciale de Donald Trump frappant les marchandises importées par les États-Unis, l’on aurait pu s’attendre à ce que le PMI manufacturier soit sévèrement affecté.
"L’application d’un droit de douane général de 10 % sur les biens entrant aux États-Unis et d’un tarif additionnel de 25 % sur les importations d’automobiles au début du mois d’avril ne semble pas avoir déstabilisé outre mesure les fabricants de la zone euro", explique Cyrus de la Rubia, chef économiste à Hamburg Commercial Bank. L’indice qui concerne le secteur a gagné 0,1 point à 48,7 points. Ainsi, la décroissance continue mais elle ralentit.
L’enquête indique que les suppressions de postes ont également diminué, tandis que la baisse du prix des achats et le renforcement du pouvoir de tarification des entreprises (la hausse des prix de vente s’est accélérée au cours du mois) ont permis à ces dernières d’accroître leurs marges bénéficiaires. "Conjuguée à l’annonce d’une hausse des dépenses militaires, la diminution des prix de l’énergie, liée à la crainte d’une récession aux États-Unis, a permis au secteur manufacturier de retrouver un certain essor", souligne Cyrus de la Rubia.
C’est dans les services que la situation s’est détériorée. L’indice du secteur est passé de 51 points à 49,7 points. "L’accélération de la baisse des nouvelles affaires obtenues par les prestataires de services suggère en outre de nouveaux reculs de l’activité dans les prochains mois", prévient Cyrus de la Rubia.
Au-delà des questions de production, le mois d’avril a également enregistré un très faible niveau de confiance des entreprises. En effet, les perspectives d’activité à douze mois des entreprises privées de la zone euro se sont fortement dégradées en avril, l’optimisme ayant affiché son plus bas niveau depuis novembre 2022. "L’optimisme a en effet reculé tant dans le secteur manufacturier que dans le secteur des services, lequel a notamment affiché ses plus faibles perspectives d’activité depuis près de cinq ans", constate l’enquête. Sur le plan géographique également, le déclin de la confiance serait partagé. "Les données par pays indiquent un retour du pessimisme en France, les entreprises françaises anticipant, pour la première fois depuis cinq mois, un repli de leur activité dans l’année à venir, ainsi qu’un affaiblissement de l’optimisme en Allemagne et dans le reste de la région", peut-on lire.
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