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L’horizon rapproché des IPOs s’assombrit / Le marché mondial avait pourtant tenu bon depuis le début de l'année
Les marchés boursiers n’aiment pas l’incertitude. En témoigne l’extrême volatilité qui y règne depuis l’annonce par Donald Trump de ses nouveaux tarifs douaniers et des va-et-vient qu’il opère à ce propos. Ce qui complique, de fait, les nouvelles introductions en Bourse (IPOs), sur les places boursières mondiales, mais évidemment aussi aux États-Unis.
Depuis le début du mois d’avril, certaines entreprises qui prétendaient à signer leur entrée sur les marchés boursiers auraient d’ailleurs fait marche arrière, rapportait le Financial Times il y a une dizaine de jours, alors même que des démarches avaient été entamées ou que des dépôts de dossiers avaient été réalisés auprès de la Securities and Exchange Commission. On y retrouverait notamment la fintech spécialiste du paiement fractionné Klarna, le spécialiste de la physiothérapie numérique Hinge Health, le fournisseur de matériel médical Medline, ou encore la plateforme de billetterie Stubhub.
L’année n’avait pourtant pas trop mal commencé et tout particulièrement dans le secteur des technologies, qui a largement dominé les IPO sur les trois premiers mois de l’année. Au total, "au premier trimestre 2025, les marchés mondiaux des IPO ont montré une résilience notable malgré une profonde incertitude économique", souligne le cabinet de conseil EY dans son dernier rapport trimestriel sur les introductions en Bourse mondiales. Le nombre de transactions s’est en effet apprécié de 3 % pour atteindre 291 d’entre elles, tandis que leur valeur a même grimpé de 20 %, à 29,3 milliards de dollars.
Des disparités
Certaines régions du globe s’en sont mieux sorties que d’autres. En Amérique, par exemple, entre le début du mois de janvier et la fin du mois de mars, le nombre d’opérations a grimpé de 51 % sur un an (à 62), tandis que les montants levés s’amélioraient légèrement de 2 % (8,9 milliards de dollars). À l’inverse, si les volumes ont reculé de 2 % en Asie-Pacifique (pour 116 opérations toutefois), les montants levés ont bondi de 87 % (à 10,9 milliards de dollars). Une dynamique à mettre notamment en lien avec celle de la place de Hong-Kong, apparue "comme un point chaud des IPO", indique EY.
La situation est plus mitigée en Europe. Les 29 IPOs qui y ont été réalisées représentent un volume presque stable sur un an. En revanche, les 4,1 milliards de dollars qu’elles ont permis de lever représentent un net recul de 33 % sur un an. Une tendance en valeur finalement inverse à celle qui s’observait sur le continent en 2024. Pour l’heure, la palme de la plus grande IPO européenne revient à Asker Healthcare Group, qui a levé environ 900 millions de dollars en s’introduisant à la Bourse de Stockholm.
"Conjuguées aux perturbations de la chaîne d’approvisionnement dans toutes les régions et à l’incertitude commerciale liée aux droits de douane américains, certaines économies sont confrontées à des perspectives de croissance plus faibles, en particulier dans les pays de l’Union européenne (UE) comme l’Allemagne et les principaux partenaires commerciaux des États-Unis tels que la Chine continentale", rappelle le rapport d’EY. C’est effectivement principalement dans ces régions où l’activité d’IPO n’a pas battu son plein au premier trimestre, alors que la menace de guerre commerciale planait déjà sur les marchés financiers. Et l’incertitude semble désormais plus qu’exacerbée. "Les interruptions des chaînes d’approvisionnement et les pressions inflationnistes constituent des défis supplémentaires qui contraignent certaines entreprises à ralentir leurs plans d’introduction en Bourse, anticipant un changement des conditions de marché", ajoute Cédric Garcia, associé chez EY en France et spécialiste des IPO.
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