Fiscalité / Vinci / Commission d'enquête aides publiques / Impôts de production / Coût du travail
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Vinci / Commission d'enquête aides publiques / Impôts de production / Coût du travail
Commission d’enquête sur les aides publiques : une fiscalité française unique en Europe pour Vinci / Une transparence qui démontre le poids du coût du travail et des impôts de production
Après près de 20 ans aux manettes de Vinci et à dix jours de laisser la direction générale à son successeur, Pierre Anjolras, le patron du géant français du BTP et des concessions avait encore un message à passer aux sénateurs. "La transparence en démocratie, c’est la seule manière d’annoncer les choses ", a assuré Xavier Huillard devant les membres de la Commission d’enquête sénatoriale sur les aides publiques aux entreprises. Une transparence d’ailleurs remerciée par le rapporteur de la commission, Fabien Gay. "J’ai passé mon week-end à lire votre dossier assez imposant. Beaucoup d’entreprises jouent la transparence, mais là le vôtre fait 450 pages. Il y a de nombreux chiffres", a reconnu l’élu communiste.
Une comparaison facile à faire
Une transparence qui permet d’autant mieux à Vinci d’exposer clairement l’environnement fiscal dans lequel il évolue. "Les impôts que l’on paye en France sont beaucoup plus conséquents qu’ailleurs. Certes, nous recevons des montants non négligeables d’aides publiques (allègement de charges, crédit impôt recherche, aide au mécénat et aides à l’électricité) mais ils sont loin de compenser les écarts existants avec les autres pays européens s’agissant du poids des charges sociales employeurs et du poids des impôts de production ", a expliqué Xavier Huillard.
Des points de comparaison possibles puisque Vinci est de fait présent dans 120 pays dans le monde et réalise 80 % de son chiffre d’affaires sur le Vieux continent. "Ainsi, en 2023, les charges sociales employeurs nettes d’allègement de charges s’élevaient à 20 779 euros en moyenne par employé en France, à 12 751 euros en Allemagne, à 11 646 euros en Espagne et à 10 007 euros au Royaume-Uni. Même constat pour les impôts de production : ils représentaient 3,5 % du chiffre d’affaires en France, 1,25 % en Allemagne, moins de 1 % au Royaume-Uni et 0,2 % en Espagne ", a-t-il détaillé.
Des investissements continus en France
Et pourtant au sein de l’Europe, la France tient une place toute particulière pour Vinci, qui y génère 42 % de son activité. L’entreprise est aussi l’un des plus gros employeurs dans l’Hexagone avec 106 000 collaborateurs l’année dernière, sans compter les emplois indirects associés. "Nous avons l’impression d’être un petit bout de France", a confié le patron du groupe.
Sa masse salariale dans l’Hexagone s’élève ainsi à 5,5 milliards d’euros, dont 2,2 milliards d’euros de charges sociales employeur. "Ce qui signifie que le coût salarial est de 7,7 milliards d’euros, soit 26 % du chiffre d’affaires en France de 30 milliards d’euros", a-t-il souligné.
Des impôts plus forts que le résultat net en 2025
En 2023, le groupe s’est acquitté de 2,2 milliards d’euros d’impôts, dont 1,2 milliard d’euros au titre de l’impôt sur les sociétés et environ un milliard des impôts de production, dont 600 millions d’euros de surtaxe spécifique aux autoroutes. "Et en 2025, le montant total des impôts acquittés par Vinci en France devrait tangenter vers les 3 milliards d’euros compte tenu d’une part de la taxe sur les infrastructures de longue distance (TEILD), mise en place l’année en 2024 et représentant un montant non fiscalement déductible d’environ 280 millions d’euros, et d’autre part l’augmentation du taux d’imposition sur les bénéfices des entreprises de notre taille qui va être porté à 36,10 % contre 25,83 % avant, soit un impact de 400 millions d’euros", a déclaré Xavier Huillard, faisant ainsi remarquer que l’entreprise est l’un des tout premiers contribuables français, "dans le trio de tête alors que nous continuons à investir en même temps. Cette année, ce seront encore 1,25 milliard d’euros qui seront consacrés à la France, le pays représentant 42 % de notre activité. C’est ici que nous innovons, formons, testons de nouvelles technologies".
Mais le patron de Vinci de prévenir : "Cela va excéder très sensiblement le résultat net et je dois dire que c’est une situation totalement unique par rapport à l’ensemble des grands pays où nous sommes présents ".
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