Macro-économie / Taux / Cour des Comptes européenne / FRR / Union européenne
Macro-économie / Taux
Cour des Comptes européenne / FRR / Union européenne
La relance post-covid est loin d’avoir pleinement profité au numérique / Le déploiement des aides européennes semble avoir manqué de clairvoyance
Objectif rempli. Les pays de l’Union européenne ont bel et bien affecté a minima 20 % des fonds de leur enveloppe de la facilité pour la reprise et la résilience (FRR). Ildikó Gáll-Pelcz, membre de la Cour des comptes européenne responsable de l’audit sur la question, confirme ce chiffre tout en livrant un constat amer. Elle juge concernant le choix des mesures, que "cela s’est fait sans véritable stratégie".
Elle argue notamment que les États membres n’avaient aucunement l’obligation d’allouer les sommes à un besoin par rapport à un autre. Dès lors elle regrette de constater que certains pays ont "utilisé les fonds pour renforcer des domaines dans lesquels ils étaient déjà performants, au détriment de leurs points faibles. Nous voyons là une occasion manquée, puisque le potentiel de la FRR à porter la transition numérique en est de facto amoindri."
Trop léger
Ce n’est pas le seul reproche qui est formulé, puisqu’il s’avère que "le cadre de performance de la FRR ne se prête pas bien à l’évaluation des résultats et de l’impact des fonds de l’UE sur la concrétisation de la transition numérique ". Sont mis en cause des indicateurs obsolètes pour réaliser le suivi ; ils ne seraient d’une part pas assez alignés sur la stratégie numérique déployé par l’union et d'autre part mettraient trop l’accent sur les réalisations.
Comme si cela ne suffisait pas près de 60 % des mesures d’investissement auditées, ont vu les États membres ne pas avoir "recours aux indicateurs communs appropriés ou ont manqué de cohérence et de précision dans les données qu’ils ont communiquées". Impossible dans ces conditions pour la Cour d’affirmer "qu’à terme, la FRR aura pleinement joué son rôle de catalyseur pour la transition numérique de l’UE".
Ce qui est pour le moins regrettable lorsqu’on se rappelle qu’à la fin 2024, la Commission européenne avait engagé 650 milliards d’euros. Une somme considérable répartie à 359 milliards en subventions et à hauteur de 291 milliards en prêts.
Retard à l’allumage
La Commission européenne n’est pas épargnée, il est considéré que les retards dans la mise en œuvre des projets sont plus fréquents que ne l’indiquent les rapports de l’institution. La Cour des comptes argue qu’au début 2024, "les États membres avaient déclaré avoir atteint 31 % de leurs jalons et cibles dans le domaine du numérique. C’est six points de pourcentage de moins que ce qui était initialement prévu ".
Autre constat, celui une utilisation très faible des projets plurinationaux sur le long terme une possibilité qui n’a guère été mise à profit. Plus de 1 000 mesures en faveur du numérique ont été prises et uniquement 60 d’entre elles étaient plurinationales, mobilisant 3,3 % des fonds alloués au numérique.
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