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L’Europe prolonge sa chute après le jeudi noir à Wall Street / L'incertitude prévaut avec la crainte d'un engrenage de la guerre commerciale

Après la pire séance en cinq ans sur Wall Street, les indices européens poursuivent leur recul, avec des pertes marquées pour les banques et les valeurs immobilières. Les investisseurs, particulièrement inquiets de l'impact des tensions commerciales et d'une possible récession, scrutent les prochains indicateurs économiques et les déclarations des responsables américains.
Des traders sur le parquet de la Bourse de New York - Photo by Michael M. Santiago / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP
Des traders sur le parquet de la Bourse de New York - Photo by Michael M. Santiago / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

La Bourse de Paris et les autres indices européens continuaient de perdre du terrain vendredi matin au lendemain d’un jeudi noir marqué par la pire séance à Wall Street depuis cinq ans.

Le CAC 40 reculait encore de 1,8 % peu après 11h30, après une correction brutale de 3,3 % la veille. Les banques affichent les plus lourdes pertes de l’indice : Société Générale chute de 8,2%, BNP Paribas de 6,3%, Crédit Agricole de 4,5%. Des replis principalement alimentés par la crainte d'une récession mondiale, susceptible de conduire à de nouvelles baisses de taux d'intérêt par les banques centrales, réduisant ainsi les marges des établissements financiers. La foncière Unibail-Rodamco-Westfield (URW) n'était pas en reste, perdant 6,4 %, les tensions commerciales risquant d'entraîner une diminution de la consommation tant en Europe qu'aux Etats-Unis, ses deux marchés.

À Francfort, le DAX 40 perdait 1,9 %, tandis que Milan accusait un nouveau décrochage de plus de 4 %, portant son repli cumulé sur deux jours à près de 8 %. L’indice large STOXX Europe 600, qui couvre environ 90 % de la capitalisation boursière totale de l’Europe, abandonnait 2,1 %, prolongeant son plongeon de 2,8 % jeudi.

A ce stade, ce sont toutefois les indices américains qui ont subi la réaction la plus violente à l’annonce des tarifs douaniers américains 'réciproques' de Donald Trump, invalidant le pronostic président des Etats-Unis, qui estimait que "les marchés [allaient] bondir". Au lieu de cela, le S&P 500 a plongé de 4,8%, à 5 396,52 points, le Nasdaq a dévissé de près de 6%, et le Dow Jones de quasiment 4%. En tout, 4 000  milliards de dollars de valeur de marché ont été effacés, soit la plus importante destruction de valeur depuis mars 2020. Un "bain de sang", souligne John Plassard, directeur chez Mirabaud, face à des annonces qui "pourraient précipiter l'économie mondiale en récession".

La baisse s’est poursuivie en Asie, région la plus touchée par l’offensive protectionniste américaine, "l'Asie du Sud-Est étant particulièrement visée", comme le soulignent les économistes de Nomura, qui ont réduit leurs estimations du produit intérieur brut de 0,1 à 0,6 point de pourcentage pour ces pays.

Si les Bourses de Chine, Hong Kong, Taïwan et Indonésie sont fermées ce vendredi, l’indice Nikkei a clôturé ce matin en repli de 2,8%, la Bourse australienne a cédé 2,4%, tandis que l'indice principal du Viêt Nam, pays confronté à l'un des droits de douane les plus élevés, a poursuivi sa chute, avec une baisse de plus de 4 %. 

Les yeux des opérateurs sont à présent tournés vers le rapport sur l’emploi américain de mars, attendu cet après-midi à 14h30, pour tenter d’évaluer l'impact des mesures protectionnistes sur le marché du travail. Parallèlement, Jerome Powell, président de la Fed, doit s’exprimer vendredi lors d’une conférence à Arlington, en Virginie. Ses déclarations seront scrutées de près, alors que les craintes d'une récession aux États-Unis renforcent les spéculations sur une possible baisse des taux d’intérêt avant la fin de l'année.

En attendant, l'incertitude prédomine. Comme le souligne Olivier Raingeard, directeur des investissements chez Neuflize OBC, "la politique commerciale qui prévaudra dans une semaine ou un mois reste peu prévisible. Les négociations vont commencer dès maintenant. Cela peut aboutir à une baisse des droits de douane ou à des représailles, ce qui pourrait alimenter l’engrenage de la guerre commerciale".

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