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Crédit Agricole en passe de contrôler 20 % de Banco BPM / Montée stratégique pour éviter la marginalisation face à UniCredit
La stratégie de défense de Crédit Agricole SA face à l’offensive d'UniCredit sur Banco BPM peut désormais pleinement se déployer. La banque, dirigée pour quelques semaines encore par Philippe Brassac a reçu le 1er avril l’autorisation de la Banque centrale européenne (BCE) de franchir le seuil de 10% du capital du troisième établissement transalpin, au capital duquel il était déjà virtuellement monté à 15,1% en décembre dernier en s'exposant à hauteur de 5,2% via des produits dérivés en plus de sa participation réelle de 9,9%.
Depuis, la banque verte a continué de renforcer discrètement ses positions, accumulant de nouveaux instruments dérivés pour porter son exposition additionnelle à 9,9 %. Dernière étape avant un véritable ancrage capitalistique : Crédit Agricole SA vient d’obtenir l’aval de la Banque d’Italie et s’apprête à exercer son droit à la conversion en titres physiques. Une fois l’opération finalisée, le groupe contrôlera directement 19,8 % du capital de Banco BPM, consolidant ainsi sa position stratégique face à l’offensive d’UniCredit.
Pendant ce temps, cette dernière vient justement pour sa part de déposer son offre de rachat sur Banco BPM, prévoyant toujours d’échanger 0,175 nouvelle action UniCredit contre un titre Banco BPM. L’offre doit débuter le 28 avril pour s’achever le 23 juin 2025.
Dans cette affaire, si sa montée au capital de Banco BPM traduit sa détermination à ne pas se voir marginaliser, Crédit Agricole SA doit avancer ses pions avec prudence. L’idée n’est pas celle d’une confrontation directe avec UniCredit, mais de chercher à sécuriser ses intérêts stratégiques en Italie, son deuxième marché domestique après la France. Si sa filiale Crédit Agricole Italia en reste le fer de lance, le groupe n’entend pas pour autant compromettre son partenariat de long terme en bancassurance avec Banco BPM. Sans oublier que Crédit Agricole SA est également lié à la banque italienne via Agos, acteur clé du crédit à la consommation dans la péninsule, détenu conjointement par les deux établissements.
Le principal point de vulnérabilité de Crédit Agricole dans ce dossier réside dans sa filiale de gestion d’actifs, Amundi, liée à UniCredit par un accord de distribution jusqu’en 2027. Or, selon Bloomberg, la banque dirigée par Andrea Orcel explorerait déjà des alternatives pour remplacer Amundi à l’échéance du contrat. Une hypothèse prise au sérieux par les investisseurs, comme en témoigne la chute de 6,8 % du titre Amundi ce mercredi à la Bourse de Paris.
Crédit Agricole a, de son côté, tout à gagner à préserver ce partenariat stratégique, qui assure à Amundi un accès privilégié aux réseaux d’UniCredit en Italie, en Allemagne et en Autriche, un levier clé pour son expansion. Mais la banque italienne a sans doute intérêt à entretenir le flou sur cette question, maintenant l’incertitude pour éviter qu’un Crédit Agricole à la position minoritaire renforcée dans l’actionnariat de Banco BPM, ne durcisse sa position.
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