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pays émergents; capitaux; financement

Macro-économie / Taux / OCDE / Dette / obligations

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OCDE / Dette / obligations

Une dette qui n’explose pas que pour de bonnes raisons / L’investissement ne progresse pas autant que les niveaux d’emprunts

Les constats formulés sur la dette par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) dans le cadre de son rapport annuel sont légion, allant du constat d’une part des obligations souveraines nationales détenues par les banques centrales de plus en plus ténues à celui de marchés de capitaux ne finançant pas assez la transition climatique. Pourtant le plus frappant reste celui d’un investissement aujourd’hui décorrélé des émissions obligataires des entreprises.
Le patron de l'OCDE Mathias Cormann. Photo by Xose Bouzas / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Le patron de l'OCDE Mathias Cormann. Photo by Xose Bouzas / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Des chiffres qui donnent le tournis. Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) communique sur un total cumulé des obligations émises entre 2009 et 2023 par des sociétés non financières qui dépasserait "de 12 900 milliards de dollars le niveau tendanciel observé avant 2008". Là où cette croissance interpelle ses équipes, c’est qu’a contrario dans le même temps "l’investissement des entreprises était inférieur de 8 400 milliards de dollars".

L’explication d’un tel différentiel est fourni par le rapport sur la dette mondiale 2025 de l’institution, il est en effet argué "bon nombre des emprunts contractés au cours des dernières années ont été utilisés pour financer des opérations financières telles que des refinancements et des versements aux actionnaires, plutôt que des investissements productifs". Ce qui amène ses équipes à considérer qu’il est peu probable que la dette contractée puisse se rembourser d’elle-même via les rendements des investissements productifs.

 

Changer la donne

 

La période de taux bas ayant de fait incité les entreprises à financer " en priorité des opérations financières, leurs niveaux d’investissement et d’emprunt se sont partiellement découplés". L’une des recommandations de l’OCDE est d’inciter au mieux les entreprises à " affecter en priorité le produit de leurs emprunts au financement de dépenses permettant d’améliorer leurs capacités de production, afin de mieux garantir la viabilité à long terme de leur dette". D’autant plus qu’il est rappelé que les pouvoirs publics de nombreuses économies vont probablement devoir faire preuve de prudence budgétaire ces prochaines années et seront moins à même de soutenir l’économie que par le passé.

Pour autant les emprunts des marchés émergents et des économies en développement sur les marchés de la dette ne sont pas en reste, passant d’environ 1 000 milliards de dollars en 2007 à plus de 3 000 milliards de dollars en 2024. La réduction du portefeuille des banques centrales ces dernières années rend également plus complexe la tâche du financement, étant donné que tant que les ménages que les investisseurs étrangers ont dû absorber une grande partie de la dette publique.

 

Trouver preneur

 

Les chiffres sont parlants puisque rien que pour "les pays de l’OCDE, la part des obligations souveraines nationales détenues par les banques centrales est passée de 29 % de l’encours total de la dette en 2021 à 19 % en 2024, tandis que la proportion détenue par les ménages nationaux s’est hissée de 5 % à 11 % et celle des investisseurs étrangers de 29 % à 34 %". Au vu des niveaux de dettes, le risque de devoir trouver de nouveaux investisseurs ou de convaincre ceux déjà présents de remettre la main à la poche est réel et diminue d’autant plus les ressources à allouer à d’autres fins.

De quoi inciter l’institution à ce que se renforcent les marchés de capitaux locaux des pays émergents, une évolution nécessaire afin d’y soutenir la croissance. Autre souhait pour faire face à cette marge de manœuvre plus limitée des fonds publics, celui de "réformes de la réglementation financière [qui] seront essentielles pour permettre aux marchés de la dette de financer la transition climatique, et en particulier pour renforcer le développement des marchés de capitaux dans les marchés émergents".

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