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France : l’Insee évoque une situation économique "morose" / La croissance pourrait un peu accélérer au printemps

L’institut statistique s’attend à ce que la progression du Produit intérieur brut (PIB) hexagonal s’établisse à 0,1 % au premier trimestre, après une contraction de 0,1 % sur les trois derniers mois de 2024. Entre avril et juin, la croissance atteindrait 0,2 %, portée par les services marchands.
Paris - Henrique Campos / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Paris - Henrique Campos / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Un premier semestre poussif pour l’économie française. Après avoir reculé de 0,1 % entre octobre et décembre derniers, le Produit intérieur brut (PIB) de l’Hexagone devrait progresser de 0,1 % durant le premier trimestre 2025, d’après l’Insee. "Selon les enquêtes de conjoncture, la situation au début de l’année 2025 reste morose ", expliquent ses économistes.

Le climat des affaires, mesuré à 96 points en février, se maintient à un niveau inférieur à sa moyenne de longue période depuis l’été. Le climat de l’emploi, lui, évolue à son niveau le plus bas depuis mars 2015 (hors crise sanitaire). Enfin, "la confiance des ménages, qui avait connu une embellie passagère en début d’automne 2024, s’est repliée en décembre puis redressée en début d’année : à 93 en février, elle atteint un de ses niveaux les plus élevés depuis l’invasion de l’Ukraine, mais reste au-dessous de sa moyenne de longue période", rapporte l’Insee.

En termes de croissance, les prévisions pour le premier trimestre 2025 ne laissent entrevoir aucun soutien majeur du côté du commerce extérieur. L’Insee prévoit que la demande intérieure sera le seul moteur de la croissance, notamment grâce à une légère accélération de la consommation des ménages (+0,4 %). Cependant, cette dynamique sera freinée par une contraction de la consommation des administrations publiques, attendue à -0,7 %, après sept trimestres consécutifs de hausse. Cette baisse serait principalement liée à l’application de la loi spéciale avant l’adoption du budget 2025, un phénomène qui ralentirait particulièrement les dépenses collectives.

Concernant l’investissement, une tendance à la baisse persiste pour les ménages, notamment dans le secteur de la construction, avec un recul estimé à -0,3 %. Cependant, l’investissement dans les services devrait connaître une légère hausse (+0,5 %). Du côté des entreprises, l’investissement dans les produits manufacturés serait ponctuellement soutenu par les acquisitions d’automobiles (+0,5 %), avant l’entrée en vigueur du durcissement du malus écologique le 1er mars. En revanche, l’investissement en construction continuerait de reculer, -0,5 %, tandis que l’investissement en services augmenterait de manière modeste (+0,5 %).

Pour ce qui est du deuxième trimestre, la croissance devrait connaître une légère hausse, avec une prévision d’augmentation du PIB de 0,2 %. Là encore, cette progression serait largement alimentée par la demande intérieure. L’investissement des entreprises devrait continuer à reculer (-0,4 %), tandis que la production manufacturière devrait rester atone, pénalisée par des arrêts dans le secteur de la métallurgie. À l’inverse, l’activité dans les services marchands et le secteur agricole devraient légèrement accélérer, avec respectivement des projections de +0,3 % et +3,2 %.

"Cette prévision demeure entourée d’incertitudes, en particulier sur les effets de la consolidation budgétaire, de la poursuite de la baisse des taux d’intérêt et des mesures douanières américaines", prévient l’Insee.

Si le scénario de l’Insee se réalisait, l’acquis de croissance à mi-année serait de 0,4 %. Pour mémoire, il s’agit de la croissance qu’afficherait l’économie française sur l’ensemble de l’année 2025 si le PIB demeurait au second semestre au niveau qui devrait être le sien au deuxième trimestre ; les contractions d’un trimestre sur l’autre sont rares, cela correspond donc à une sorte de prévision plancher. Rappelons que le gouvernement anticipe une augmentation du PIB de 0,9 % pour 2025. Aussi, atteindre ce chiffre supposerait une accélération particulièrement sensible au second semestre puisqu’il faudrait que la croissance trimestrielle moyenne s’établisse à un peu plus de 0,5 %.

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