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Macro-économie / Taux
France 2030 / industrie / subventions
Ces politiques industrielles qui pourraient faire des émules / Certaines aides conditionnées ont rencontré un franc succès à l’étranger
Faut-il se tourner vers États-Unis ou encore la Corée du Sud pour penser notre politique industrielle. Une possibilité à ne pas exclure à en lire une étude publiée par la Direction générale du Trésor. Un document élaboré sous la responsabilité de l’institution qui tire un grand nombre de conclusions des différentes politiques menées tout au long du XXe siècle.
Elles sont au nombre de quatre et sont détaillées les unes après les autres. La première d’entre elles serait le rôle des débouchés. Disposer de crédibilité sur ce point est considéré comme une condition sine qua none pour l’apparition d’une filière. Leur absence n’est pas forcément pénalisante dans le court terme, cependant les auteurs arguent qu’elle pourrait connaître un succès initial grâce à des moyens conséquents et avant de "connaître à terme un échec commercial". Le programme français Bioavenir, touchant aux biotechnologies, est lui considéré comme un exemple de "politiques industrielles [qui] peuvent rester sans effet sur le développement industriel de la filière.
Retour en arrière
Une autre affirmation ne tient pas au passé mais aux choix politiques actuels de l’Hexagone et plus précisément le plan France 2030. Celui-ci pour rappel a été lancé en 2021 et dispose de près de 54 milliards d’euros et pour les auteurs "incarne, dans son volet dirigé, le retour des politiques industrielles verticales en France". Il demeure cependant difficile de surmonter immédiatement les faiblesses passées, en particulier dans les secteurs des ordinateurs et des semi-conducteurs, qui peuvent en partie être attribuées à la "faible niveau de la demande intérieure dans les années 1950 et 1960, lorsque ces deux industries commençaient à prendre forme, et par le choix de développer des produits en concurrence directe avec IBM".
Proposer un degré assez fin dans le ciblage des programmes de subventions semble que plus que pertinent au regard des succès obtenus par certains pays étrangers. L’exemple américain est ainsi détaillé avec un secteur informatique aux États-Unis dans lequel les soutiens "à la R & D étaient systématiquement accordés pour la réalisation d’objectifs technologiques spécifiés précisément dans des contrats de développement ". Il semble également que la commande publique a su maintenir "une concurrence entre les entreprises en diversifiant les approvisionnements". Autre façon de faire, cette fois-ci en Corée du Sud où la poursuite des soutiens aux secteurs était explicitement conditionnée " en rattrapage à leurs performances à l’export ".
Nouvelle donne
Il semble désormais que la France ait pris le pli à en croire l’analyse produite du Plan France 2023, la façon dont il "a été conçu tente de prévenir les risques propres à l’intervention de l’État en politique industrielle ". De la même façon la plupart des stratégies sectorielles ont été "pensées après consultation des acteurs industriels" et enfin il est considéré que "la distribution des subventions se fait généralement via des appels à projet, ce qui permet de maintenir un certain niveau de concurrence et une forme de neutralité technologique, et mobilise des experts indépendants ".
La question de la neutralité technologique est loin d’être anodine pour les auteurs, puisqu’en la repoussant aux phases en aval des projets, cela permet d’éviter de faire des choix rédhibitoires à des moments où "il n’était pas possible de savoir dans quelle direction les innovations allaient advenir et réussir". Dernier point et non des moindres, les différentes conditions-cadres (définies notamment comme étant le capital-risque, la qualité de la recherche et de la formation, la réglementation et l’accès au marché) restent cruciales pour permettre l’émergence de nouveaux secteurs puisque l’apparition d’un écosystème de recherche associé est tributaire de ces différents points. Le CNRS et le CEA sont cette fois pris en exemple pour leur rôle dans le développement du nucléaire.
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