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Fusions et acquisitions / M&A
Pourquoi les fusions et acquisitions pourraient redémarrer en 2025 / Les vents contraires devraient se dissiper
Après trois années d’activité en demi-teinte, le marché des fusions et acquisitions parviendra-t-il à sortir de la crise en 2025 ? C’est le scénario envisagé par Bain & Company dans son rapport "Global M&A Report 2025", qui n’oublie cependant pas de rappeler les espoirs déçus de 2024. L’an dernier, l’activité des fusions et acquisitions s’est élevée à environ 3 500 milliards de dollars, marquant une légère hausse par rapport à l’année précédente (13 % en valeur, 9 % en volume), mais restant au deuxième niveau le plus bas en valeur et en volume depuis plus d’une décennie
La faute à des vents contraires qui sont demeurés en place, en particulier le niveau toujours élevé des taux d'intérêt qui ont baissé juste assez pour raviver l'intérêt du capital-investissement et d'autres investisseurs institutionnels. Parallèlement, les valorisations des transactions stratégiques sont demeurées historiquement basses et bien en deçà des valorisations sur les marchés actions. Un contexte dans lequel les investisseurs en capital-investissement et en capital-risque, plutôt que de subir des baisses substantielles en cas de sortie, "ont tenu bon avec leurs portefeuilles", note Bain & Company.
Autre frein, "l'ombre de la réglementation a continué de peser sur les projets d'acquisition", souligne le cabinet. La période de pré-clôture des opérations contestées s'est allongée, entraînant des coûts et des risques supplémentaires. De nombreuses entreprises ont suspendu leurs transactions, attendant l'issue des élections nationales, dans l'espoir d'obtenir plus de clarté sur l'avenir de l'environnement réglementaire.
Assouplissement réglementaire en perspective
Mais ces deux principaux obstacles aux transactions en 2024, à savoir les taux d'intérêt et les défis réglementaires, "s'atténueront en 2025", veut croire Bain & Company, pour qui toute atténuation sur ces deux fronts "ne fera que renforcer l'élan des négociateurs".
Bien qu'il soit encore trop tôt pour prédire l’évolution des taux d’intérêt en 2025, des signes d'espoir émergent du côté réglementaire. "Les nouvelles administrations en Europe et aux États-Unis montrent une plus grande ouverture aux fusions et acquisitions", souligne le cabinet. En Europe, un désir de favoriser la création de champions industriels paneuropéens se fait sentir, tandis qu’aux États-Unis, l'administration Trump devrait privilégier des solutions amiables, comme des accords ou des mesures correctives (par exemple, des engagements de modification des transactions), plutôt que de recourir à des actions en justice longues et complexes."
Et cela, tandis que trois puissants vents porteurs vont de toute façon pousser les entreprises à recourir aux fusions et acquisitions. A commencer par les ruptures technologiques. "C’est le changement à long terme qui entraînera les transformations stratégiques et les fusions-acquisitions les plus importantes dans les années à venir. L’IA générative, l’automatisation, les énergies renouvelables et l’informatique quantique ne sont que quelques-unes des technologies que les entreprises devront développer ou acquérir pour maintenir leur compétitivité et leurs positions en termes de coûts", explique Bain & Company.
Un levier stratégique essentiel
Autre moteur, celui de l'après-mondialisation, sous l’effet du réalignement des relations économiques mondiales, qui pousse les entreprises à revoir leurs stratégies internationales. L’augmentation des politiques protectionnistes, notamment les tarifs douaniers, ainsi que les préoccupations concernant la sécurité d’approvisionnement, incitent les entreprises à ajuster leur implantation mondiale. "Des acquisitions ou des cessions stratégiques pourraient ainsi devenir un moyen de garantir un accès sécurisé aux marchés finaux tout en répondant aux nouvelles exigences économiques", poursuit le cabinet.
Pour Bain & Company, les fusions et acquisitions s’imposent également comme un levier stratégique pour adapter les entreprises aux évolutions des sources de profit. C’est notamment le cas dans des secteurs comme les médias, où l’acquisition de bibliothèques de contenus devient essentielle pour les grands groupes qui doivent rivaliser avec les méga-plateformes technologiques. De même, "dans des secteurs plus matures comme les produits de consommation, les entreprises se concentrent sur leurs activités principales et trient leur portefeuille de marques pour en maximiser la valeur", explique le cabinet.
L’immense potentiel de l’IA dans les processus M&A
Par ailleurs, l’IA générative joue un rôle de plus en plus important dans les fusions et acquisitions, avec un potentiel énorme qui redéfinit les processus traditionnels des transactions. Selon Bain & Company, les entreprises qui sauront maîtriser cette technologie dans les cinq prochaines années, pourront non seulement identifier des cibles d’acquisition plus rapidement, mais aussi accroître la valeur des transactions, accélérer les processus de diligence et d’intégration, tout en optimisant l’utilisation des ressources, ce qui se traduira potentiellement par des rendements plus élevés pour les actionnaires.
Si l’adoption de cette technologie reste encore limitée, les chiffres montrent néanmoins une tendance à la hausse. Actuellement, 21 % des acteurs du marché utilisent l'IA générative dans leurs processus de fusion et acquisition, contre 16 % en 2023. Bien que cette progression soit relativement modeste, elle reflète néanmoins un intérêt croissant. D’après une étude menée par Bain & Company, ce sont les entreprises les plus actives en matière de fusions et acquisitions qui se démarquent en utilisant l'IA générative, avec 36 % des acquéreurs les plus dynamiques ayant intégré cette technologie dans leur stratégie.
En particulier, les sociétés de capital-investissement, pionnières dans l'adoption de l'IA générative, se placent en tête avec plus de 60 % d’entre elles utilisant cette technologie pour affiner le sourcing, la sélection ou la diligence. Les entreprises qui négligent cette voie risquent de voir leur écart de performance se creuser, confrontées à une concurrence de plus en plus féroce, dominée par des acteurs ayant su anticiper cette révolution technologique. En 2025, les fusions et acquisitions pourraient ainsi être redéfinies par l'usage de l'IA générative, devenant un facteur déterminant de succès, et intensifiant la pression sur ceux qui tarderont à l’adopter.
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