Publications, Résultats / Planisware / Bourse / résultats annuels / logiciels / IPO / Loïc Sautour
Publications, Résultats
Planisware / Bourse / résultats annuels / logiciels / IPO / Loïc Sautour
Planisware a encore tiré parti de son modèle et de ses tendances porteuses en 2024 / Retour sur une première année de cotation rondement menée
Les résultats annuels de 2024 ont, en ce mois de février 2025, une saveur particulière pour Planisware. Ce sont en effet les premiers que l’éditeur de logiciels, dédiés à la gestion de projets pour les entreprises, présente en ses qualités de société cotée. Une publication qui reflète des résultats en forte croissance. En 2024, le chiffre d’affaires du groupe a grimpé de 17,4 % à change constant pour atteindre 183,4 millions d’euros. Ses revenus récurrents représentent près de 90 % du total, contre 86 % l’an passé. Et sa présence internationale porte toujours plus ses fruits. Si l’Europe est la première des contributrices au chiffre d’affaires de l’entreprise, à hauteur de 87,2 millions d’euros, les taux de croissance les plus importants ont été enregistrés en Amérique du Nord (+17,3 %, où l’entreprise réalise près de 45 % de ses ventes) et dans le reste du monde (les revenus s’y sont appréciés de 44 %, à 15,9 millions d’euros).
"L’international fait partie de notre ADN. Planisware a été fondé en 1996, j’étais moi-même parti m’installer aux États-Unis en 1999 pour développer la filiale américaine. Notre cible de clients est essentiellement composée de multinationales, de type Fortune 500 ou 1 000. Cette caractéristique nous permet de nous couvrir contre les fluctuations économiques, comme l’attentisme qui a été provoqué par l’incertitude politique et budgétaire en France. De même pour notre présence dans de nombreuses industries différentes : celle de la défense, par exemple, est en forte accélération, à l’inverse d’autres secteurs d’activité", explique Loïc Sautour, le directeur général du groupe, à l’occasion d’un entretien accordé à WanSquare. L’Ebitda ajusté de Planisware s’est quant à lui amélioré de 23,7 % sur un an et représente 35,2 % du chiffre d’affaires (soit une hausse de 180 points de base), supérieur à l’objectif annuel de 34 %. Le free cash-flow, à 54,6 millions d'euros, a grimpé de 24,5 % sur un an, correspondant à un taux de conversion en trésorerie disponible de 84,5 %.
Atterrissage réussi
Cette performance financière a été menée à bien dans un contexte économique pourtant confus, ayant provoqué un allongement des cycles de vente. Malgré cela, le groupe a signé avec de nombreux nouveaux clients, assure-t-il. De fait, toutes les grandes transformations en cours dans l'économie (numérique, de transition écologique, etc.), poussent les entreprises à entreprendre de nouveaux projets. Le taux de rétention net (NRR) du groupe, de 121 %, signale aussi sa capacité à se développer au sein de sa base de clientèle. "Cela résulte de notre stratégie de 'land and expand' (atterrir et s’étendre)", explique le directeur général de Planisware. "Elle répond à la demande des clients. Assurer une bonne gestion de projets et de portefeuilles de projets est un exercice complexe. Il faut gérer la planification, les ressources dans leur globalité, les investissements, les risques, l’ensemble des documents relatifs aux projets… On ne peut pas commencer d’emblée en faisant tout. Quand on commence à travailler en partenariat avec un client, nous implémentons notre solution pour répondre à une première problématique. Et au fur et à mesure, nous pouvons passer d’une centaine d’utilisateurs dans une entreprise à plusieurs milliers", poursuit-il. D’autant que les clients y trouvent effectivement leur compte. Par exemple, Pfizer fait partie des grandes firmes clientes du groupe. Il y a cinq ans, le Covid-19 faisait irruption et la course pour sortir un vaccin à cet effet par la même occasion. "Ils ont utilisé nos logiciels pour décider sur quels projets mettre l’accent afin de pouvoir repositionner leurs ressources. Leur directeur général a travaillé directement sur Planisware pour faire les bons arbitrages et sortir le vaccin avant la concurrence, ce qui leur a permis d’arriver en premier sur le marché et ainsi de s’y imposer en tant que leader", observe Loïc Sautour.
Une publication ayant donc fait état d’une progression notable en comparaison aux résultats de l’année précédente. Ceux de 2023 avaient déjà bien été détaillés par le groupe, malgré le fait qu’il n’était pas encore installé à la Bourse de Paris : il avait alors mis son introduction en Bourse (IPO) en suspens. En cause, un marché tout particulièrement sous tension, du fait des attaques du Hamas en Israël du 7 octobre 2023, survenues alors que le livre d’ordres était déjà ouvert. "Cette IPO était avant tout une manière de faire croître notre notoriété, mais aussi d’être plus transparents auprès de nos clients, de nos investisseurs, ou même de nos employés qui ont, eux aussi, souscrit à cette opération. Mais nous n’étions pas pressés. A posteriori, nous continuons de penser qu’attendre était la bonne idée", commente Loïc Sautour.
Ajustement opportun
Un mois et quelque après sa publication, Planisware remettait le cap sur Euronext Paris, profitant par la même occasion de la modification du règlement de l’Autorité des marchés financiers, ayant supprimé l’obligation de réserver une tranche retail pour les IPOs sur les marchés réglementés. "Elle nous avait imposé, en octobre, de laisser notre livre d’ordres ouvert sur une période plus longue et les évènements géopolitiques – qu’on ne contrôle pas – sont intervenus sur ce laps de temps. Nous avions néanmoins observé à ce moment qu’il y avait peu de souscriptions d’investisseurs retail. Ce n’est pas trop étonnant, dans la mesure où nous sommes un acteur B2B. Ce sont plutôt les investisseurs institutionnels qui s’y intéressent de près", remarque Loïc Sautour.
La suite aura été prolifique. Moins de huit mois après avoir signé son entrée à la Bourse de Paris, Planisware intégrait déjà le SBF 120, rejoignant ainsi les autres entreprises les plus importantes de la cote. Alors que le prix d’admission des actions de Planisware avait été fixé à 16 euros par action, son titre s’échange aujourd’hui autour de 27 euros. Le premier actionnaire de l’entreprise (à hauteur de 63,3 %) est Olhada, la holding des fondateurs du groupe, qui été accompagné par Ardian pendant 21 ans. La société d’investissement de Dominique Senequier est désormais sortie de son capital, mais y était entrée pour la première fois en 2003, avant de s’y renforcer plusieurs fois. Enfin, les dirigeants et salariés possèdent plus de 7 % des parts de l’entreprise, le reste étant flottant. Le groupe, avec une capitalisation boursière de 1,9 milliard d’euros, est désormais la deuxième entreprise spécialiste des logiciels la mieux valorisée de la place parisienne.
A chaque problématique sa solution
Bien lancé sur sa trajectoire financière et bien installé sur la cote, où son titre évolue ce matin en territoire positif, le groupe prévoit en 2025 une croissance de son chiffre d’affaires comprise entre 15 % et 20 % à change constants, afin de tenir compte de certaines incertitudes relatives au calendrier de démarrage des contrats et de l’évolution des cycles de vente. Des effets qui restent atténués par un pipeline commercial robuste. La marge d’Ebitda ajusté devrait de nouveau tourner autour de 35 % et le taux de conversion en trésorerie de 80 % est confirmé. A plus long terme, la stratégie reste aussi bien définie. Elle concernera la recherche et développement, tout d’abord, un point différenciant pour l’entreprise qui souhaite conserver une longueur d’avance en la matière.
"Nous avons une approche multi-spécialistes, ce qui signifie que nous ne vendons pas une boîte à outils, mais des solutions qui répondent concrètement aux problématiques de nos clients", indique Loïc Sautour. Pour l’heure, les spécialités se structurent autour de quatre piliers : le développement de produits nouveaux, la transformation numérique, les projets de "control engineering" (soit ceux qui nécessitent de lourds investissements, comme dans l’énergie et les infrastructures) et enfin les projets vendus. Mais l’entreprise ne se prive de se projeter sur de nouvelles spécialisations. Le second axe sera celui de l’international. Si Planisware est déjà bien installé en Amérique du Nord et en Europe, une extension plus sérieuse en Asie devrait aussi être poursuivie.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

