Publications, Résultats / Bureau Veritas / résultats annuels / LEAP 28
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Bureau Veritas / résultats annuels / LEAP 28
Bureau Veritas a exécuté en 2024 ce qui avait été promis… et même un peu plus / Une année charnière pour le champion des tests, de l'inspection et de la certification
L’année 2024 sera sûrement de celles qui laisseront une trace dans la (longue) histoire de Bureau Veritas. Au mois de mars, le champion des tests, de l’inspection et de la certification (TIC) inaugurait un nouveau plan stratégique sur quatre ans, Leap 28, qui l’accompagnera jusqu’à ses 200 ans. La fin de l’exercice a aussi été marquée par son intégration du CAC 40. Enfin, ses résultats annuels, publiés mardi avant l’ouverture des marchés, lui ont permis de rendre compte de performances solides, signant un nouveau record pour un indicateur et alignées pour le reste sur ses prévisions - qui avaient été relevées puis précisées au fil de 2024, sur le plan de la croissance organique. Bureau Veritas a généré 6,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires l’année dernière, ce qui correspond à une hausse de 10,2 % en organique (dont 9,6 % au quatrième trimestre). La marge opérationnelle ajustée a quant à elle grimpé de 38 points de base à change constants, pour représenter 16 % du chiffre d’affaires. Enfin, le flux de trésorerie disponible a atteint un plus haut historique, à 843 millions d’euros. Soit une hausse de près de 28 % sur un an.
Le résultat d’un secteur des TIC nourri par de grandes tendances de fond, d’un fort dynamisme au rendez-vous dans toutes les régions du monde et sur l’ensemble des activités du groupe, le tout ayant été coiffé d’une mise à exécution immédiate de sa nouvelle feuille de route. Celle-ci repose, pour mémoire, sur plusieurs grands piliers, dont le recentrage d’un portefeuille activement géré et une exécution opérationnelle axée sur la performance. "Nous avons accéléré sur le plan des acquisitions, avec dix d’entre elles réalisées en 2024 pour un chiffre d’affaires annualisé de 180 millions d’euros. Nous avons investi dans les bâtiments et les infrastructures pour renforcer notre leadership et nous avons poursuivi le développement de nouveaux bastions de croissance", a rappelé la directrice générale du groupe, Hinda Gharbi, en présentant les résultats. Une création de nouveaux nids de croissance qui concerne, en priorité, les secteurs des énergies renouvelables, de la durabilité, de la cybersécurité et des tests technologiques pour le grand public.
Une méthode suivie
Pour l’heure, la méthode d’acquisitions de Bureau Veritas concerne essentiellement des cibles de taille moyenne. Une stratégie qui présente ses avantages sur le plan de l’intégration. Mais forcément quelques revers, en termes de temps consacré à la recherche d’entreprises intéressantes, utiles à l’ouverture de nouvelles lignes de business ou de renforcement de celles qui existent, a expliqué la patronne de Bureau Veritas, interrogée sur la fin des discussions de rapprochement avec son grand homologue suisse SGS lors de la conférence. Effectivement, le groupe avait déjà fait savoir qu’il ne s’interdirait pas de prétendre à des opérations opportunistes de plus grande envergure. Et cette potentielle fusion aurait pu répondre plus rapidement à l’ensemble des ambitions visées par l'entreprise française en matière de croissance externe. "Nous avons discuté des risques et des synergies possibles et conclu que ça n’allait pas avancer", a poursuivi Hinda Gharbi.
Afin de recentrer son portefeuille, en parallèle de cette stratégie d’acquisitions, Bureau Veritas a aussi cédé en 2024 son activité de supervision technique sur des projets d’infrastructures, ou bien celle de tests alimentaires à Mérieux NutriSciences. Et s’agissant du levier opérationnel, que le groupe compte mieux activer au travers de sa feuille de route, de nouveaux programmes ont aussi été mis en place. Cela a par exemple concerné le segment marine et offshore, où Bureau Veritas s’appuie désormais sur de nouveaux outils pour pallier le manque à gagner sur les contrats, ou bien améliorer les méthodes de tarification. De quoi optimiser la facturation de services ad hoc et stimuler les revenus et les marges. Une méthode qui devrait être dupliquée à d’autres activités, dont les bâtiments et infrastructures. De même, dans la certification, un programme d’automatisation des audits, de rédaction de rapports et de tâches administratives a aussi été inauguré. "Cela permet à Bureau Veritas d’éliminer des tâches chronophages", a souligné Hinda Gharbi.
Des retours pour les actionnaires
Et comme cela avait été annoncé, les actionnaires de Bureau Veritas (dont la société d’investissement Wendel est le premier) ne seront pas oubliés dans le cadre de cette nouvelle stratégie. Des rendements à deux chiffres leur ont été délivrés l’année dernière, sur la base d’une croissance du bénéfice par action d’environ 9 %, d’un rendement du dividende de 3 %, soutenus également par un programme de rachat d’actions de 200 millions d’euros. Lors de la prochaine assemblée générale du groupe, qui sera convoquée le 19 juin, Bureau Veritas proposera un dividende 90 centimes par action pour 2024, ce qui correspond à une hausse de 8,4 % sur un an et à un taux de distribution de 65 % de son bénéfice net ajusté.
Pour l’année prochaine, Bureau Veritas prévoit une croissance organique modérée à élevée à un chiffre de ses revenus, une marge opérationnelle ajustée en amélioration à change constants et des flux de trésorerie à un niveau élevé. Le consensus d’analystes table de son côté plus précisément sur une croissance organique de 6,9 % et sur une marge de 16,3 %. "À ce stade, la guidance est sans surprise et en ligne avec les attentes. Le groupe adopte, comme à son habitude, une approche prudente en début d’année plutôt que d’annoncer d’emblée une guidance plus ambitieuse, quitte à la relever en cours d’année", remarquent les analystes de chez Oddo BHF. Un commentaire donné avant l’ouverture de la Bourse de Paris, où Bureau Veritas ne s’attire pas les faveurs des opérateurs de marché, en dépit de cette publication solide. Lanterne rouge du CAC 40, son titre recule à la mi-séance d'environ 4 %, autour de 30 euros. "Nous notons la bonne performance récente du titre […], ce qui pourrait limiter la réaction du marché aujourd’hui", a ajouté le bureau d’études.
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