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Allemagne / frein à l'endettement / Réforme
Une Allemagne entre enlisement et changement de modèle / Des élections législatives cruciales outre-Rhin
La règle du frein à l’endettement pourrait bien voir ses jours être comptés. L’implosion pour la coalition gouvernementale allemande en fin d’année dernière a poussé le chancelier Olaf Scholz à convoquer des élections législatives. Cependant l’optimisme est loin d’être présent parmi les observateurs quant aux conséquences de l’élection.
Un des enjeux de ce scrutin étant une possible réforme de la règle du frein à l’endettement. Cette dernière, adoptée lors de la crise financière mondiale de 2009 afin de s’assurer de la stabilité financière de l’Allemagne, est aujourd’hui remise en question. Un avis partagé par Lowie Debou, Fixed Income Fund Manager chez DPAM, lequel argue que "cette règle limite actuellement les dépenses structurelles supplémentaires du gouvernement allemand à 0,35 % du PIB, un chiffre dont la plupart s’accordent à dire qu’il est insuffisant pour répondre aux besoins croissants d’investissement de l’Allemagne".
Calculatrice
Pour savoir si cette composante du modèle allemand va être abrogée ou non il faudra attendre de voir avec quel parti Friedrich Merz, le candidat de la CDU-CSU, devra composer pour diriger le pays. Andrea Tueni, Responsable des activités de marchés chez Saxo Banque considère ainsi qu’une des options possibles, à savoir une coalition de la CDU, du SPD et des Verts, "exigerait d’énormes compromis et rendrait improbables des réformes importantes alors que les sujets de la défense, l’énergie, la croissance, les migrations et la relation avec les États-Unis exigent de la détermination et de la fermeté". Il espère que seront évités des pourparlers interminables de coalition, considérés comme "le pire résultat pour l’Allemagne et l’Europe ".
Cette alliance pour gouverner est considérée chez DPAM comme étant devenue plus probable ces derniers jours et on avance également "que tout potentiel de réforme sera limité en raison des grandes différences entre les idéologies politiques de ces partis". La majorité des deux tiers nécessaires à toute réforme de la règle du frein à l’endettement est loin d’être acquise, Lowie Debou rapportant que "selon les sondages, la probabilité que les partis qui se sont engagés à ne pas réformer les dépenses recueillent une minorité de blocage d’un tiers des voix ne cesse d’augmenter".
Motif d’espoir
Le spécialiste considère que la proposition la plus élaborée provient actuellement de la Bundesbank allemande, laquelle "suggère une approche progressive selon laquelle le déficit structurel peut augmenter davantage (lorsque le ratio dette/PIB est relativement faible) ou moins (lorsque le ratio dette/PIB est relativement élevé) en fonction du niveau de la dette. Par conséquent, même si cela devrait donner une impulsion positive à la croissance allemande, celle-ci sera relativement faible".
Il faut dire qu’il considère assez durement un possible retour au pouvoir d’une coalition CDU/CSU et SPD, l'ayant déjà été de longues années. A ses yeux, nous n’avons pas encore "assisté à une prise de conscience totale de la part de ce probable prochain gouvernement quant aux mesures à prendre pour changer la situation". Alors même que de plus en plus d’acteurs de la société civile haussent le ton pour réclamer des réponses aux défis de l’économie allemande.
Insensible
Alors qu’on se rapproche de ce dimanche électoral, on constate également chez Saxo Banque que le DAX se négocie à des niveaux records, de quoi faire dire à Andrea Tueni qu’il "semblerait que les impasses politiques sont souvent positives pour les actions". On constaterait également pour sa part que "cet événement attire peu d’attention pour le moment" des acteurs du marché.
Notamment, les options de couverture ne révélaient "aucune prime de risque significative, que ce soit sur l’euro ou le DAX, reflétant un faible niveau de protection contre cet événement de la part des intervenants". Il faudra probablement attendre lundi matin pour éventuellement voir des positions conséquentes être prise par des acteurs.
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