Macro-économie / Taux / Russie / croissance / économie / sanctions
Macro-économie / Taux
Russie / croissance / économie / sanctions
Un blocus européen qui gêne la Russie /
Moscou a su se réinventer pour en limiter l’impact
Une coûteuse réorganisation. Une réorganisation du trafic loin d’être indolore pour la Russie à en croire le Centre d’études prospectives et d’informations internationales (CEPII), ce dernier arguant que l’indice des prix des importations russes a explosé durant les premiers mois du conflit. Il a de fait progressé de 15,7 % entre le premier et le deuxième trimestre 2022, ce que le policy brief du CEPII qualifie comme "rompant avec une longue période de croissance modérée".
Pour autant on reconnaît que la possibilité pour la Russie de continuer "à pouvoir acheter des produits ciblés malgré les sanctions soulève des questions quant à l’efficacité de ces dernières". Un changement de fournisseur qui a été effectué notamment en se tournant vers la Chine, un choix par défaut estime-t-on chez le CEPII puisque "la Russie n’importait pas beaucoup de ces pays avant 2022, le changement de fournisseur est une option de second choix". Conséquence de cet optimum de second rang, il s’agit vraisemblablement de produits de moins bonne qualité que ceux auxquels ils se substituent.
Asymétrie
Les contraintes du régime de Vladimir Poutine n’ont évidemment pas échappé à ces relations commerciales nouvelles. Pour les auteurs il ne fait aucun doute "que les entreprises des pays non sanctionnés profitent du détournement des échanges pour augmenter leurs prix", tout en soulignant que le transport et l’assurance des biens ont également vu leur coût se renchérir depuis le début de la guerre.
Là où les sanctions n’ont pas su interrompre totalement les flux d’importations russes, il est a contrario considéré que l’acquisition de biens stratégiques par la Russie est devenue à la fois "plus difficile, plus coûteux et de moindre qualité". L’importation de cette typologie de biens a en effet subi une hausse des prix jugée "particulièrement notable pour les produits stratégiques (+122 %)", alors qu'elle l’avait déjà été pour le reste des biens (22 %) et ce en provenance de pays n’appliquant pas de sanctions.
Pas concluant
Fait plus surprenant, il n’y a pour l’heure pas "de preuve évidente que la hausse des prix à l’exportation vers la Russie est liée à la réexportation par les pays de connexion". L’analyse économétrique produite par le CEPII allant dans ce sens, dès lors ce phénomène semble uniquement permettre un contournement des sanctions mais n’est pas moteur dans la hausse des prix constatés par les équipes du CEPII.
La leçon tirée par leurs soins constate également des marges ayant grimpé de façon très différente d’un pays à l’autre. Pour l’heure ils ont identifié que c’était avant tout "l’Inde, la Turquie, l’Ouzbékistan et la Serbie [qui] sont parmi les pays qui ont le plus augmenté leur prix vers la Russie".
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