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Balance commerciale / France

France : le déficit commercial en repli / L’évolution de la facture énergétique est déterminante

D’après les Douanes, l’écart entre la valeur des marchandises importées par la France et celles qu’elle exporte a atteint 81 milliards d’euros en 2024. C’est 20 % de moins qu’en 2023, une amélioration nourrie aux deux tiers par la baisse des prix des hydrocarbures.
Laurent Saint-Martin, ministre délégué chargé du Commerce extérieur - Alain JOCARD / AFP
Laurent Saint-Martin, ministre délégué chargé du Commerce extérieur - Alain JOCARD / AFP

Sans surprise, la balance commerciale de la France s’est affichée encore nettement dans le rouge en 2024. D’après les Douanes, le déficit des échanges de biens avec le reste du monde s’est élevé à 81 milliards d’euros l’an passé, après 100 milliards d’euros en 2023.

La valeur des biens importés a chuté de 28,5 milliards d’euros sur un an à 679,8 milliards d’euros, se contractant donc bien plus vite que celle des marchandises exportées. "Dans un contexte international peu porteur, notre balance commerciale s’améliore", a commenté Laurent Saint-Martin, ministre délégué chargé du Commerce extérieur. L’exécutif met notamment en avant le fait que le nombre de nouvelles décisions correspondant aux annonces de mesures commerciales restrictives ou d’ouverture (droits de douane, restrictions à l’export…) recensées par pays et agrégées à l’échelle mondiale s’est situé à un niveau quasi-record en 2024.

Le principal déterminant de la résorption très partielle du déficit commercial français est à chercher du côté de l’énergie. Le déficit de cette branche s’affiche à 55,6 milliards d’euros contre 68,9 milliards d’euros en 2023. Il demeure néanmoins supérieur de 24,4 % à son niveau précédant le déclenchement de la guerre russo-ukrainienne, qui avait généré une envolée des prix de l’énergie.

En plus d’être aidé par son record à l’exportation concernant l’électricité du fait du rétablissement de sa production et d’une consommation atone, l’Hexagone a pu profiter de prix plus faibles en matière d’importation d’hydrocarbures. Le cours du baril de Brent a reculé de 2 % tandis que celui du gaz naturel (TTF) de 18 %. De sorte que les importations de gaz, de produits pétroliers et de pétrole brut ont diminué respectivement de 35,1 %, 3,8 % et 4,6 %.

Hors énergie et matériel militaire, le déficit est également en recul, ce à hauteur de 9,8 milliards d’euros pour atteindre 44,6 milliards d’euros. Dans le détail, au plan sectoriel, les excédents des parfums et cosmétiques ainsi que les produits chimiques atteignent tous deux un record historique (17,3 milliards d’euros et 4,3 milliards d’euros), tandis que le solde du secteur pharmaceutique affiche la plus forte amélioration, son excédent passant de 400 millions d’euros à 4,3 milliards d’euros.

Au rayon des mauvaises nouvelles, l’excédent aéronautique se dégrade de 1,8 milliard d’euros à 28,7 milliards d’euros, en dessous de son niveau record de 2019 tandis que celui du secteur agricole et agroalimentaire se contracte de 1,7 milliard d’euros pour s’établir à 4,9 milliards d’euros, un point bas historique depuis 2005, en lien notamment avec "la baisse des prix des céréales et la contreperformance des exportations de boissons (cognac, vin)", explique-t-on au gouvernement.

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