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France : des exportations d’électricité qui n’ont jamais autant rapporté / Le recul des prix a été plus que compensé

En 2024, la France a exporté pour 5 milliards d’euros d’électricité, soit un niveau inédit, malgré un contexte de diminution sensible du prix de l’électron. Cela a été rendu possible par une consommation domestique faible et un rétablissement de la production, notamment nucléaire.
Centrale nucléaire de Civaux - ROMAIN PERROCHEAU / AFP
Centrale nucléaire de Civaux - ROMAIN PERROCHEAU / AFP

Le commerce d’électricité a le vent en poupe en France. D’après le Réseau de transport d’électricité (RTE), l’Hexagone a exporté pour 5 milliards d’euros d’électrons au cours de l’année 2024, ce qui n’avait jamais été observé auparavant (1 à 3 milliards d’euros par an en moyenne depuis 2000). Il faut dire qu’en volume, elles ont atteint un record à 101,3 térawattheures (TWh), tandis que le solde net se situe lui aussi à un plus haut historique, s’affichant à 89 TWh, contre 76 TWh en 2022.

"Ces records interviennent deux ans seulement après l’année 2022, durant laquelle le pays avait été importateur net pour la première fois depuis 1980", a souligné l’opérateur, filiale à 50,1 % d’EDF.

Ils résultent de l’effet combiné d’une consommation qui demeure faible, et du rétablissement de la production française. Dans le détail, la production nucléaire s’est établie à 361,7 TWh, après 279 TWh en 2022. La production hydraulique, elle, est sur un sommet depuis 2013 (74,7 TWh) tandis que les filières éolienne et solaire ont produit pour 70 TWh d’électricité en 2024 (contre 46 TWh en 2019).

Géographiquement, la France a exporté vers toutes les frontières. Que ce soit en Allemagne et en Belgique (balance commerciale positive à hauteur de 27,2 TWh), en Italie (+ 22,3 TWh), au Royaume-Uni (+ 20,1 TWh), en Suisse (+ 16,7 TWh), ou encore en Espagne (+ 2,8 TWh). "97 % des importations depuis l’une des frontières du pays ont été simultanément réexportées vers une autre ou plusieurs autres frontières : il s’agit de flux traversants. Du fait de sa position de " carrefour électrique " entre ses voisins et de ses nombreuses interconnexions, la France assure aussi un rôle de pays de transit, qui est voué à se prolonger", explique RTE.

La performance de la France a été réalisée avec un important vent contraire : les prix sur les marchés de gros ont reculé.

En effet, le prix spot moyen annuel français a été de 58 euros le mégawattheure (contre 97 euros le mégawattheure en 2023 et 276 euros le mégawattheure en 2022). Ainsi, il a retrouvé un niveau similaire à ceux observés avant les crises sanitaire et énergétique mais présente une plus grande volatilité, avec une augmentation des épisodes de prix faibles ou négatifs.

"Dans un système électrique dans lequel la part des renouvelables croît, l’augmentation des prix négatifs est un phénomène attendu, en particulier si la consommation électrique demeure faible", souligne RTE, qui indique que deux fois plus de prix spot négatifs ont été enregistrés en 2024 par rapport à 2023.

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