Publications, Résultats / Vinci / Xavier Huillard / Autoroutes / énergies / résultat
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Vinci / Xavier Huillard / Autoroutes / énergies / résultat
La fiscalité sur les autoroutes n’a pas empêché Vinci de faire grimper ses résultats / Des activités dans l'énergie décidément porteuses
Une dernière et une première fois en même temps. La publication des résultats annuels de Vinci était, jeudi soir, particulière pour plusieurs raisons. Déjà, ce sont les derniers que Xavier Huillard, président-directeur général du groupe depuis quinze ans, dévoile en ses qualités de dirigeant. Il va en effet céder son siège à Pierre Anjolras, le directeur général opérationnel de Vinci, à l’issue de son assemblée générale du 17 avril prochain. Xavier Huillard restera administrateur et président du conseil durant une année encore, mais lâchera donc les rênes opérationnelles de l’entreprise.
Ensuite, il s’agit aussi de la première publication annuelle comprenant pleinement l’impact de la taxe sur les infrastructures de transport de longue distance, qui avait été inscrite dans la loi de finances pour 2024. Le géant de l’énergie, de la construction et des concessions avait prévenu que cette dernière pourrait brider la croissance des résultats du groupe. De fait, Vinci Autoroutes a bien dû prendre en compte une charge de 284 millions d’euros en 2024. Un impact négatif ayant toutefois été compensé par la progression des capacités d’autofinancement dans ses autres corps de métier (Vinci Airports, Énergies, Construction et Cobra IS).
Être diversifié a du bon
En tout, l’Ebitda du groupe s’élève à 12,7 milliards d’euros et a progressé de plus de 6 % sur un an. La marge correspondante s’affiche ainsi à 17,7 % du chiffre d’affaires. Ce dernier s’élève quant à lui à 71,6 milliards d’euros, en hausse de 4 % sur un an. Certes, en neutralisant l’effet de cette taxe sur les autoroutes françaises, le résultat net part du groupe de Vinci se serait de son côté apprécié de 9,5 % en 2024, à 5,1 milliards d’euros. À l’inverse, puisque Vinci, comme ses pairs, a bien dû s’en acquitter malgré sa (première) tentative de riposte devant le Conseil constitutionnel, son bénéfice net a grimpé de 3,4 %, à 4,8 milliards d’euros. Des bénéfices d’ailleurs désormais réalisés en majorité à l’international, se félicite Vinci, puisqu’il représente plus de la moitié de l’ensemble.
Et puis, si les activités de concessions autoroutières du groupe ont rencontré quelques obstacles, Vinci peut néanmoins donc toujours compter sur ses multiples autres branches. "La performance économique de la branche énergie, composée de Vinci Énergies et de Cobra IS, a été particulièrement tonique. Représentant près de 40 % de l’activité totale du groupe, elle profite de marchés très porteurs tirés notamment par la transition énergétique, la transformation numérique et les besoins croissants de mobilité durable", a souligné Xavier Huillard à l’occasion de la publication. Ses revenus ont été 27,5 milliards d’euros, soit une hausse de 6,4 % à structure réelle, ou 5,1 % à structure comparable.
Outre ces tendances de fond, Vinci Énergies profite aussi des retombées positives d’une croissance externe soutenue, récurrente et minutieusement organisée. Depuis 2014, une acquisition a en effet été réalisée toutes les deux semaines en moyenne, avait expliqué la branche de Vinci lors d’une journée investisseurs dédiée au mois de novembre. D’autant que la dynamique commerciale est lisible et ne devrait pas être amenée à faiblir : les prises de commandes de Vinci Énergies ont grimpé de 6 % en 2024 pour atteindre un record de 22,1 milliards d’euros.
La fiscalité reste toujours un sujet
De même pour l’ensemble du carnet de commandes du groupe, qui s’est fixé à un plus haut de 69,1 milliards en 2024, progressant de ce fait de plus de 13 % sur un an et représentant en moyenne 14 mois d'activité. Autre record, dont le dépassement devient presque une habitude pour le groupe : celui du cash-flow libre, qui a gagné près de 200 millions d’euros sur un an pour atteindre 6,8 milliards d’euros l’an passé. Le résultat de la progression de l’Ebitda et de l’amélioration du besoin en fonds de roulement, grâce à un niveau élevé d’encaissements de clients en fin d’année dans la branche énergie et plus marginalement chez Vinci Construction.
Pour l’année 2025, cet ensemble d’éléments pousse Vinci à se montrer optimiste pour toute sa palette d’activités. Les trafics des autoroutes et aéroports sont attendus en progression, les revenus également chez Vinci Énergies et Cobras IS, tandis que Vinci Construction devrait maintenir les siens à un niveau proche de celui enregistré cette année. "Sur la base de ces évolutions, Vinci afficherait en 2025 une nouvelle hausse de son chiffre d'affaires et de ses résultats, avant l’impact de l’alourdissement de la fiscalité des sociétés en France", anticipe Vinci. Le conseil d’administration proposera, à la prochaine assemblée générale, un dividende de 4,75 euros par action, ce qui traduit un relèvement de 5,6 % de ce dernier sur un an. A la Bourse de Paris, la publication et les prévisions qui l’accompagnent semblent en tout cas avoir rassuré les marchés : Vinci a pris la tête du CAC 40 depuis l’ouverture de la séance et grimpe d’environ 3,5 % en fin de matinée.
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