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Donald Trump menace l’Europe de droits de douane / Et se retire de l'accord multilatéral sur la taxation des multinationales

Agacé par le déficit de la balance commerciale des Etats-Unis vis-à-vis de l’Europe, le président américain a indiqué que le seul moyen d’en venir à bout était d’instaurer des droits de douane frappant les biens venant de cette zone. Autre coup dur pour le Vieux continent, Donald Trump a dénoncé l’accord obtenu sous l’égide de l’OCDE sur la taxation des multinationales.
Donald Trump - Jim WATSON / AFP
Donald Trump - Jim WATSON / AFP

Depuis l’entrée en fonction de Donald Trump lundi, la probabilité d’une guerre commerciale avec l’Europe n’a pas faibli. Les pays européens vont être soumis à des droits de douane, "seul moyen" pour les Etats-Unis "d’être traités correctement", a estimé le président américain Donald Trump. "L’Union européenne est très mauvaise pour nous. Ils nous traitent très mal. Ils ne prennent pas nos voitures ou nos produits agricoles. En fait ils ne prennent pas grand-chose", a déclaré le président américain. "Donc ils sont bons pour des droits de douane".

"Nous avons un déficit commercial avec l’UE de 350 milliards de dollars", a-t-il lancé. En 2023, les chiffres du département du Commerce des Etats-Unis évoquent plutôt un déficit de 201 milliards d’euros concernant les échanges de biens tandis que l’Oncle Sam exporte pour 76 milliards de dollars de plus qu’il n’importe de services de l’Union européenne. Durant sa campagne présidentielle, Donald Trump avait déjà dénoncé le déficit commercial des Etats-Unis vis-à-vis de l’UE, comparant le bloc à "une petite Chine", qui "profite" de la première puissance économique mondiale.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, présente hier au Forum économique de Davos, a assuré que l’Europe était prête à discuter avec le gouvernement américain, tout en rappelant que Washington était un partenaire commercial majeur. "Notre première priorité est d’entamer rapidement des discussions, sur nos intérêts communs et d’être prêts à négocier", a-t-elle déclaré.

Le commissaire européen à l’Economie, Valdis Dombrovskis, a expliqué que l’UE était "prête à défendre ses intérêts économiques, comme nous l’avons déjà fait lors du premier gouvernement Trump lorsqu’il a introduit des droits de douane sur l’acier et l’aluminium". En outre, Donald Trump avait imposé une série de produits européens en représailles au différend commercial opposant Washington et Bruxelles quant à leurs subventions respectives envers leur constructeur aérien local, Boeing et Airbus.

La possible instauration de droits de douane n’est pas la seule épine dans le pied pour le Vieux continent. En effet, parmi les multiples décisions qu’il a prises depuis lundi Donald Trump a déclaré que l’accord signé sous l’égide de l’OCDE concernant la taxation des multinationales n’avait aucun effet aux Etats-Unis. "L’accord fiscal mondial de l’OCDE, soutenu par l’administration précédente, permet non seulement une juridiction extraterritoriale sur les revenus américains, mais limite également la capacité de notre pays à adopter des politiques fiscales qui servent les intérêts des entreprises et des travailleurs américains", peut-on lire dans le mémorandum publié par la Maison Blanche.

Fin 2021, près de 140 Etats s’étaient engagés à mettre en place d’une part un impôt minimal sur les sociétés à 15 % sur les multinationales (pilier 2) et ainsi qu’un mécanisme destiné à mieux répartir la taxation des géants du numérique là où ils exercent concrètement leur activité (pilier 1). De fait, si concernant le pilier 2, les Etats n’ont pas besoin des Etats-Unis pour instaurer une taxation minimale sur leur territoire (c’est le cas de la France depuis le 1er janvier 2023), en revanche, ils ont besoin de l’Oncle Sam pour profiter du pilier 1, les maisons mères des géants du numérique, entreprises principalement visées par la réforme internationale, étant situées aux Etats-Unis.

Dans le document publié par la nouvelle présidence, il est ordonné au département du Trésor de préparer des "mesures de protection" à l’égard des pays qui imposent, ou prévoient d’imposer, une fiscalité "extraterritoriale ou qui affecte de manière disproportionnée les entreprises américaines". La France pourrait donc être une des principales cibles du président des Etats-Unis du fait de l’application de sa taxe GAFA.

 

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