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Safran, allié décisif d’Airbus en 2024 / Le motoriste CFM a joué un rôle clé dans l’accélération des livraisons en fin d’année

À quatre livraisons près, Airbus a manqué son objectif de 770 appareils en 2024. Toutefois, avec 766 unités livrées, en hausse de 4% par rapport à 2023, l’avionneur signe une année solide, marquée par une montée en cadence progressive malgré des tensions d’approvisionnement. Une accélération en grande partie imputable au soutien de son partenaire clé, CFM International.
Le moteur LEAP de CFM, équipant les A320 d'Airbus - Photo by REMY GABALDA / AFP
Le moteur LEAP de CFM, équipant les A320 d'Airbus - Photo by REMY GABALDA / AFP

L’échec est à relativiser. Airbus a manqué de peu son objectif de 770 livraisons en 2024. Le décompte final s’est arrêté à 766 appareils, l’avionneur étant ainsi parvenu à accroître de 4%  ses livraisons par rapport à 2023. Une montée en cadence réalisée en dépit des difficultés persistante de la chaîne d’approvisionnement.

"Compte tenu de l'environnement complexe et en constante évolution dans lequel nous continuons d'opérer, nous considérons 2024 comme une bonne année", s’est félicité Christian Scherer, le directeur commercial. De fait, en ratant son objectif de seulement quatre livraisons, Airbus se maintient dans sa marge de tolérance, fixée à plus ou moins 20 avions, l'écart pouvant être considéré comme mineur dans l’évaluation des performances du groupe.

Cette performance, Airbus la doit à un mois de décembre particulièrement dynamique. Le groupe a livré 123 appareils le mois dernier, après les 84 avions livrés en novembre, "amplifiant la saisonnalité de l’activité", soulignent les analystes d’Invest Securities. Une accélération finale largement imputable à Safran, l’un de ses principaux fournisseurs, ou plus précisément CFM International, la société commune à 50/50 entre Safran Aircraft Engines et l’américain GE, qui développe, produit et commercialise le moteur LEAP (successeur du  CFM56) qui équipe les monocouloirs A320, la famille d’avions la plus vendue d’Airbus.

Le motoriste franco-américain "a effectivement participé à cette forte accélération avec une part de marché de 64% en décembre face à Pratt & Whitney, grâce à une diversion du spare pool, soit son plus haut niveau sur l’intégralité de l’année", comparé à un niveau sur l’année de 55% en moyenne, note pour sa part le cabinet Oddo BHF.

Le spare pool désigne les moteurs de rechange que les fabricants, comme CFM, mettent de côté pour être utilisés dans les opérations de maintenance des compagnies aériennes. Ces moteurs servent de réserve en cas de besoin urgent, comme un remplacement ou une réparation imprévue. En décembre, face à la forte demande d’Airbus pour équiper ses nouveaux avions, CFM a décidé de réallouer une partie de ces moteurs de rechange directement à la production des nouveaux appareils, permettant ainsi à Airbus de livrer davantage d’avions. Si la manœuvre a été cruciale pour soutenir l’accélération des livraisons en fin d’année, elle ne peut cependant constituer qu’un ajustement temporaire, visant à répondre à la pression immédiate de la production.

Pour connaître les prévisions pour 2025, il faudra attendre la publication des comptes annuels 2024 du 20 février prochain. Des résultats qui pourraient s’avérer mitigés. D’un côté, "le mix élevé des livraisons, notamment avec une proportion accrue d’A321 (35 appareils livrés en plus par rapport à 2023), devrait soutenir le résultat opérationnel commercial d’Airbus au quatrième trimestre", estime Jefferies. Mais de l’autre, la baisse significative des commandes brutes en 2024 (-62 %) soulève des doutes sur la capacité d’Airbus à générer un cash-flow libre aussi élevé que les années précédentes.

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