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Safran, la démonstration par le cash / Plus haut historique en Bourse
Ce n’est pas le compte de résultats, mais le cash, qui a propulsé vendredi à la Bourse de Paris le titre Safran vers un plus haut historique. L’action gagnait 9 % à 334 euros, de loin la plus forte progression du CAC 40, lors d’une séance historique. Le groupe a dégagé en 2025 un cash-flow libre ajusté de 3,921 milliards d’euros, un niveau non seulement élevé en absolu, mais surtout très supérieur aux attentes du marché, « 7 % au-dessus des attentes », note le cabinet Oddo BHF.
L’explication réside d’abord dans une dynamique très favorable du besoin en fonds de roulement, nourrie par des acomptes clients élevés, notamment dans la défense, et par une gestion plus contenue des stocks qu’en 2024, malgré la montée en cadence industrielle.
L’aftermarket, grand bénéficiaire du cycle aérien
Elle s’appuie surtout sur la vigueur de l’aftermarket - les activités de maintenance, de réparation, de révision et de pièces de rechange - dont les flux de trésorerie sont structurellement plus rapides et plus visibles que ceux de la première monte. « Dans ce contexte de forte demande et de niveaux de retrait toujours très faibles, nos activités d’aftermarket ont clairement surperformé, tant sur les pièces de rechange que sur les services », a souligné Olivier Andriès, le directeur général, lors de la présentation des résultats aux analystes.
Autrement dit, la faiblesse persistante des retraits d’avions - les compagnies conservant leurs appareils plus longtemps en exploitation - prolonge la sollicitation des flottes et alimente mécaniquement la demande de maintenance et de services, un environnement particulièrement favorable aux motoristes.
Une croissance tirée par la propulsion et les services
Derrière cette génération de cash, la croissance de l’activité reste solide, tirée par la propulsion, et plus précisément par les services, dont le dynamisme a été souligné par le dirigeant, et qui concentrent par ailleurs les niveaux de rentabilité les plus élevés du groupe. La division Propulsion affiche une croissance organique de 17,6 %, avec une progression de 30 % des services, portée à la fois par les contrats LEAP à l’heure de vol - le moteur de nouvelle génération qui équipe notamment les Airbus A320neo et les Boeing 737 MAX - et par une activité toujours très dense sur le CFM56, installé sur les monocouloirs des générations précédentes. Un positionnement qui place Safran dans un environnement de cycle durablement porteur pour les motoristes.
Cette dynamique de l’après-vente s’articule avec une montée en cadence industrielle désormais mieux maîtrisée. Safran a livré 1 802 moteurs LEAP en 2025, en hausse de 28 % sur un an, franchissant un nouveau seuil opérationnel. « Nous avons atteint un plus haut historique de production LEAP, avec plus de 1 800 moteurs livrés », insiste le directeur général. Le franchissement du seuil des 500 livraisons trimestrielles sur la seconde moitié de l’année renforce la visibilité pour 2026, même si la direction continue de présenter cette trajectoire comme progressive et encadrée. « Le fait d’avoir livré plus de 500 moteurs par trimestre au troisième et au quatrième trimestre renforce notre confiance dans une nouvelle hausse de 15 % en 2026 », précise-t-il, sans occulter les tensions persistantes sur certaines chaînes d’approvisionnement.
À cette propulsion civile s’ajoute une contribution de plus en plus significative des activités de défense et de spatial, dans un contexte de demande particulièrement porteur. « Dans la propulsion militaire, nous avons accéléré la production du M88, le moteur du Rafale, afin de faire face à un carnet de commandes très dense, en particulier à l’export », rappelle Olivier Andriès. Dans l’électronique de défense, la dynamique est tout aussi marquée, avec « des prises de commandes [ayant] atteint un niveau record, avec un book-to-bill de 1,6 », reflet d’une tension durable du marché.
La confirmation d’un palier de rentabilité
Sur le plan de la rentabilité, l’exercice 2025 impressionne moins par rapport aux attentes qu’il ne confirme que le niveau atteint peut désormais être considéré comme structurel. La marge opérationnelle courante s’établit à 16,6 %, en hausse de 150 points de base, un niveau « principalement tiré par la propulsion, en hausse de 27,7 %, grâce à une progression de 17,6 % des pièces de rechange (…) et à une croissance de 30 % des services, supérieure aux attentes, portée par le LEAP », note Oddo BHF.
Les perspectives 2026 prolongent cette lecture, en particulier sur le front du cash. Safran vise un free cash-flow compris entre 4,4 et 4,6 milliards d’euros, un objectif qui intègre déjà l’impact négatif de 470 millions d’euros lié à la contribution exceptionnelle française sur l’impôt sur les sociétés. Un point clé, alors qu’« une grande partie du consensus n’intègre pas encore cette surtaxe », comme le souligne Oddo BHF, ce qui confère à la guidance une robustesse plus élevée qu’il n’y paraît à première lecture.
La trajectoire 2028 revue à la hausse
Mais le signal le plus fort adressé au marché réside dans le relèvement des objectifs moyen terme. Safran vise désormais un taux de croissance annuel moyen d’environ 10 % sur la période 2024–2028, un résultat opérationnel courant compris entre 7,0 et 7,5 milliards d’euros et un cash-flow libre cumulé d’environ 21 milliards d’euros.
Safran vise désormais un taux de croissance annuel moyen d’environ 10 % sur la période 2024–2028, un résultat opérationnel courant compris entre 7,0 et 7,5 milliards d’euros et un cash-flow libre cumulé d’environ 21 milliards d’euros. « Nous restons pleinement concentrés sur notre trajectoire de croissance, avec pour objectif d’accroître le résultat opérationnel, d’élargir les marges et de renforcer la génération de trésorerie », a conclu Olivier Andriès lors de sa présentation.
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