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L’Espagne tire son épingle du jeu en termes d’investissements / Les fonds européens n’y sont pas étrangers
Un voisin espagnol loin d’être mal loti. Sur les 730 milliards d’euros dont dispose le fonds Next Generation European Union (NGEU), plan de relance et d’investissement mis en place à compter de 2020 par la Commission européenne et déployé à compter de 2021 jusqu’en 2026, ce sont près de 163 milliards qui sont attribués à l’Espagne.
Des sommes conséquentes ayant des effets massifs, l’OFCE a récemment relayé une estimation du gouvernement espagnol selon laquelle, en prenant en compte "l’ensemble des financements du NGEU (transferts et prêts à partir de 2025), le niveau du PIB (espagnol ndlr) serait relevé de 1,2 point en moyenne annuelle sur la période 2021-2031, avec un impact maximum de 1,7 point en 2024". Les subventions seraient responsables de plus d’un tiers de cette hausse selon l’institution et "avec un impact concentré sur les premières années puisque sur la période 2021-24, seuls les transferts ont été utilisés. L’impact sur la croissance du PIB serait maximal en 2022 (1 point de croissance) et de l’ordre de 0,2 point en 2023 et 2024 ". Les autres études d’impact réalisé font également état d’un impact des investissements qui culmine cette année.
Respecter
Cependant un talon d’Achille potentiel est avancé par l’OFCE et pourrait étaler dans le temps les impacts sur la croissance, pour que ces prévisions se réalisent, il est nécessaire que "les décaissements suivent le calendrier prévu dans l’accord initial avec la Commission Européenne", c’est une condition sine qua non que les bénéficiaires touchent les sommes promises.
Cependant début septembre, il s’avérait qu’en Espagne près de "80 % des demandes de paiements prévues avant fin 2023 avaient bien été réalisées (pour 70 % en moyenne pour l’UE) mais avec un peu de retard par rapport au timing initial. Ce retard était surtout lié à des circonstances extérieures et à la sous-estimation du temps nécessaire aux réformes". Il semble notamment qu’une cible intermédiaire, visant à rénover 231 000 logements résidentiels fin 2023, a souffert conjointement de l’inflation et de l’augmentation des prix des matières premières. La Commission ne lui en pas tenu rigueur acceptant la réduction des ambitions et le retard sur la question, d’autres pays ont bénéficié des mêmes largesses.
On comprend cependant mieux que Madrid ait été écouté par Bruxelles au vu des bons résultats obtenus, à date de fin 2023, avec près de "46 % des fonds de la FRR [qui] ont été décaissés et 29 % des jalons et des cibles, atteints alors que dans l’UE en moyenne, les chiffres sont de respectivement 37 % et 19 % ". La Commission européenne a également validé 30 % du total des jalons et objectifs auxquels s’est astreinte l’Espagne. Notre voisin ibérique a en effet pris des engagements sur un certain nombre de mesures comprenant 140 cibles d’investissement et plus de 100 réformes à mener.
Singularité
On distingue également plusieurs particularités de l’autre côté des Pyrénées, qui ont trait tant aux choix de ses dirigeants qu’à l’historique de son économie. Sur le premier plan, il s’avère qu’ "à la différence d’autres pays, le gouvernement a privilégié dans un premier temps le déblocage des subventions et n’a commencé à recourir à la demande de prêts qu’au deuxième semestre 2024". Là où sur la période allant de 2021 à l’été dernier, l’Italie a reçu 44,7 milliards d’euros et la France 30,9 milliards et dans le même temps il s’avère que l’Espagne a reçu "48,3 milliards de l’Europe (la quatrième tranche de 9,9 milliards ayant été versée le 27 juillet), soit 60 % des 80 milliards attendus".
Ces montants ne sont cependant pas délivrés selon bon vouloir de chacun des pays membres, l’OFCE rappelle que les enveloppes globales sont fonction de deux critères : "70 % est lié à la population du pays, au PIB par habitant, au taux de chômage sur la période 2015-2019 ; 30 % dépend de l’ampleur de la crise économique durant la pandémie de 2020-2021". Les auteurs rappellent alors certains des maux espagnols, dont nous faisions l’écho récemment, à savoir un chômage important ces dernières années ou encore "la plus forte chute du PIB en 2020 (-17,8 % en cumulé sur 2020 et 2021 par rapport à 2019)". Sur bien des points également, le pays a tout juste retrouvé des niveaux ante crise financière.
Il n’en demeure pas moins qu’à l’inverse "de l’Allemagne et de la France où l’investissement baisse sur toute la période et de l’Italie où après le boom des travaux de rénovation énergétique lié au "superbonus", l’investissement se contracte sur les trois premiers trimestres 2024", il s’avère que l’investissement est un moteur de la dynamique de croissance espagnole récente. Cette dernière étant de "2,7 % en 2023 et se situe déjà à 2,9 % sur la base des trois premiers trimestres 2024. Dans la zone euro, elle est respectivement de 0,5 % et 0,7 % ".
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