WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
démographie; énergie; tourisme

Macro-économie / Taux / Espagne / croissance / 2008 / crise financière

Macro-économie / Taux
Espagne / croissance / 2008 / crise financière

Le modèle espagnol tire son épingle du jeu en Europe / Il met enfin derrière lui la crise financière de 2008

La dynamique de l’économie espagnole détonne sur le Vieux continent, elle n’échappe pas à l’Insee qui y a consacré une analyse. On y constate que le PIB en volume de l’Espagne était au troisième trimestre 2024 près de 7,3 % supérieur à son niveau de 2019, là où cette progression n’était que de 4,8 % pour la zone euro. Un cocktail mêlant dynamique démographique favorable, tourisme et mix énergétique, semble avoir joué en la faveur de Madrid. Pour autant, le pays n’est toujours pas revenu au niveau de 2008 sur certains points.
FRANCE-SPANISH-FLAG-PLENEUF-VAL-ANDRE
FRANCE-SPANISH-FLAG-PLENEUF-VAL-ANDRE

On peut avoir le sourire à Madrid. Il semble désormais loin le temps où l’Espagne n’était que marginalement un moteur pour la zone euro. Là où la guerre en Ukraine a déstabilisé nombre d’économies européennes en raison d’un mix énergétique très exposé à la Russie et d’une compétitivité énergétique en berne pour de nombreuses d’entre elles, cela n’a pas été le cas pour l’Espagne.

Bien au contraire, l’Insee, dans des travaux consacrés à l’économie ibérique, juge que "sa relativement faible dépendance aux hydrocarbures en provenance de Russie et sa forte autonomie pour la production d’électricité ont en partie protégé l’Espagne du choc inflationniste qu’ont connu les autres pays européens ".

 

Structure

 

Les points forts espagnols sont également moins sujets au prix de l’énergie, l’institution qualifie le tourisme tel un "véritable moteur de la croissance depuis la fin de la crise sanitaire ". Après avoir parfois souffert la comparaison avec d’autres pays européens bien plus industrialisés, voici que le pays de Cervantes voit son modèle économique tirer son épingle du jeu.

Un retournement est cependant noté par rapport à des années 2010 où les échanges de biens portaient alors le commerce extérieur espagnol. Il semble désormais que ce ne soit plus le cas. Un chiffrage est proposé pour la période allant de 2020 à 2023 et il s’avère que sur une progression de 3,6 % du PIB, le seul "solde touristique explique à lui seul 0,6 point de croissance ". La contribution des échanges de bien étant quant à elle négative de l’ordre de 1,3 point de croissance.

 

Addition

 

Ce n’est pas pour autant le seul facteur faisant dire à l’Insee qu’à "l’horizon de prévision à la mi-2025, l’économie espagnole continuerait de croître plus rapidement que ses voisins européens, comme le suggèrent les enquêtes de conjoncture". Le recul du chômage avec le temps n’y est pas étranger non plus puisqu’il est passé de 26,3 % à 11,3 % de 2013 à 2024. Une marge de manœuvre semble encore disponible puisqu’il est de 6,3 % dans la zone euro.

L’arrivée d’immigrants provenant de l’Amérique du Sud constitue également un atout pour l’économie espagnole étant donné qu’ils contribuent à une "dynamique démographique très favorable ", en s’intégrant "plutôt facilement sur le marché du travail".

Autre motif d’espoir pour les prochains exercices fiscaux, des dépenses de relance financées sur fonds européen qui "continueraient de monter en charge en 2025 (45 milliards d’euros après 27 milliards d’euros en 2024, comprenant à la fois des prêts et des subventions). Selon la Commission européenne, en cumul entre 2021 et 2025, le plan de relance pourrait ainsi augmenter le PIB espagnol entre 2,7 % et 3,5 %".

 

Long chemin de croix

 

Une vision positive pour l’économie espagnole qui ne doit pas faire oublier qu’elle revient de loin, de très loin. Les auteurs de la note constatent qu’une "partie de la croissance espagnole provient donc, encore aujourd’hui, d’un effacement progressif du stigmate de la crise financière". La décennie de 2008 à 2019 n’a vu le PIB du pays que progresser à la marge.

Un indicateur parmi d’autres dont le fait que "l’investissement n’a jamais rattrapé son niveau de 2007", ou encore que "la consommation privée n’est que légèrement supérieure à son niveau d’il y a 17 ans, en dépit de l’accroissement de la population". Les effets de rattrapages pourraient quant à eux se tarir prochainement. C’est ainsi qu’il est avancé que le retour des marges des entreprises à leur niveau de 2007 pourrait signifier que la dynamique des salaires réels pourrait être moins bonne. Il faut en effet des gains de productivité pour qu’elle se maintienne au niveau actuel.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article